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 LE TEMPLE D'ARTÉMIS À ÉPHÈSE

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Xénophon : le satrape Tissapherne au secours  temple d'Artémis
(Xénophon, Helléniques,  II, 2)

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Τῷ δὲ ἄλλῳ ἔτει ᾧ ἦν Ὀλυμπιὰς τρίτη καὶ ἐνενηκοστή, ᾗ προστεθεῖσα ξυνωρὶς ἐνίκα Εὐαγόρου Ἠλείου, τὸ δὲ στάδιον Εὐβώτας Κυρηναῖος, ἐπὶ ἐφόρου μὲν ὄντος ἐν Σπάρτῃ Εὐαρχίππου, ἄρχοντος δ᾽ ἐν Ἀθήναις Εὐκτήμονος,] Ἀθηναῖοι μὲν Θορικὸν ἐτείχισαν, Θράσυλλος δὲ τά τε ψηφισθέντα πλοῖα λαβὼν καὶ πεντακισχιλίους τῶν ναυτῶν πελταστὰς ποιησάμενος, [ὡς ἅμα καὶ πελτασταῖς ἐσομένοις,] ἐξέπλευσεν ἀρχομένου τοῦ θέρους εἰς Σάμον. 
κεῖ δὲ μείνας τρεῖς ἡμέρας ἔπλευσεν εἰς Πύγελα : καὶ ἐνταῦθα τήν τε χώραν ἐδῄου καὶ προσέβαλλε τῷ τείχει. ἐκ δὲ τῆς Μιλήτου βοηθήσαντές τινες τοῖς Πυγελεῦσι διεσπαρμένους τῶν Ἀθηναίων ὄντας τοὺς ψιλοὺς ἐδίωκον. 
Οἱ δὲ πελτασταὶ καὶ τῶν ὁπλιτῶν δύο λόχοι βοηθήσαντες πρὸς τοὺς αὑτῶν ψιλοὺς ἀπέκτειναν ἅπαντας τοὺς ἐκ Μιλήτου ἐκτὸς ὀλίγων, καὶ ἀσπίδας ἔλαβον ὡς διακοσίας, καὶ τροπαῖον ἔστησαν. 
Τῇ δὲ ὑστεραίᾳ ἔπλευσαν εἰς Νότιον, καὶ ἐντεῦθεν παρασκευασάμενοι ἐπορεύοντο εἰς Κολοφῶνα. Κολοφώνιοι δὲ προσεχώρησαν. Καὶ τῆς ἐπιούσης νυκτὸς ἐνέβαλον εἰς τὴν Λυδίαν ἀκμάζοντος τοῦ σίτου, καὶ κώμας τε πολλὰς ἐνέπρησαν καὶ χρήματα ἔλαβον καὶ ἀνδράποδα καὶ ἄλλην λείαν πολλήν. (5) Στάγης δὲ Πέρσης περὶ ταῦτα τὰ χωρία ὤν, ἐπεὶ οἱ Ἀθηναῖοι ἐκ τοῦ στρατοπέδου διεσκεδασμένοι ἦσαν κατὰ τὰς ἰδίας λείας, βοηθησάντων τῶν ἱππέων ἕνα μὲν ζωὸν ἔλαβεν, ἑπτὰ δὲ ἀπέκτεινε. (6) Θράσυλλος δὲ μετὰ ταῦτα ἀπήγαγεν ἐπὶ θάλατταν τὴν στρατιάν, ὡς εἰς Ἔφεσον πλευσούμενος. Τισσαφέρνης δὲ αἰσθόμενος τοῦτο τὸ ἐπιχείρημα, στρατιάν τε συνέλεγε πολλὴν καὶ ἱππέας ἀπέστελλε παραγγέλλων πᾶσιν εἰς Ἔφεσον βοηθεῖν τῇ Ἀρτέμιδι. (7) Θράσυλλος δὲ ἑβδόμῃ καὶ δεκάτῃ ἡμέρᾳ μετὰ τὴν εἰσβολὴν εἰς Ἔφεσον ἀπέπλευσε, καὶ τοὺς μὲν ὁπλίτας πρὸς τὸν Κορησσὸν ἀποβιβάσας, τοὺς δὲ ἱππέας καὶ πελταστὰς καὶ ἐπιβάτας καὶ τοὺς ἄλλους πάντας πρὸς τὸ ἕλος ἐπὶ τὰ ἕτερα τῆς πόλεως, ἅμα τῇ ἡμέρᾳ προσῆγε δύο στρατόπεδα. (8) Οἱ δἐκ τῆς πόλεως ἐβοήθησαν σφίσιν οἵ τε σύμμαχοι οὓς Τισσαφέρνης ἤγαγε, καὶ Συρακόσιοι οἵ τἀπὸ τῶν προτέρων εἴκοσι νεῶν καὶ ἀπὸ ἑτέρων πέντε, αἳ ἔτυχον τότε παραγενόμεναι, νεωστὶ ἥκουσαι μετὰ Εὐκλέους τε τοῦ Ἵππωνος καὶ Ἡρακλείδου τοῦ Ἀριστογένους στρατηγῶν, καὶ Σελινούσιαι δύο. (9) Οὗτοι δὲ πάντες πρῶτον μὲν πρὸς τοὺς ὁπλίτας τοὺς ἐν Κορησσῷ ἐβοήθησαν: τούτους δὲ τρεψάμενοι καὶ ἀποκτείναντες ἐξ αὐτῶν ὡσεὶ ἑκατὸν καὶ εἰς τὴν θάλατταν καταδιώξαντες πρὸς τοὺς παρὰ τὸ ἕλος ἐτράποντο. Ἔφυγον δὲ κἀκεῖ οἱ Ἀθηναῖοι, καὶ ἀπώλοντο αὐτῶν ὡς τριακόσιοι. (10) Οἱ δὲ Ἐφέσιοι τροπαῖον ἐνταῦθα ἔστησαν καὶ ἕτερον πρὸς τῷ Κορησσῷ. Τοῖς δὲ Συρακοσίοις καὶ Σελινουσίοις κρατίστοις γενομένοις ἀριστεῖα ἔδωκαν καὶ κοινῇ καὶ ἰδίᾳ πολλοῖς, καὶ οἰκεῖν ἀτέλειαν ἔδοσαν τῷ βουλομένῳ ἀεί· Σελινουσίοις δέ, ἐπεὶ πόλις ἀπωλώλει, καὶ πολιτείαν ἔδοσαν. (11) Οἱ δἈθηναῖοι τοὺς νεκροὺς ὑποσπόνδους ἀπολαβόντες ἀπέπλευσαν εἰς Νότιον, κἀκεῖ θάψαντες αὐτοὺς ἔπλεον εὐθὺ Λέσβου καὶ Ἑλλησπόντου. (12) Ὁρμοῦντες δὲ ἐν Μηθύμνῃ τῆς Λέσβου εἶδον παραπλεούσας ἐξ Ἐφέσου τὰς Συρακοσίας ναῦς πέντε καὶ εἴκοσι· καὶ ἐπαὐτὰς ἀναχθέντες τέτταρας μὲν ἔλαβον αὐτοῖς ἀνδράσι, τὰς δἄλλας κατεδίωξαν εἰς Ἔφεσον. (13) Καὶ τοὺς μὲν ἄλλους αἰχμαλώτους Θράσυλλος εἰς Ἀθήνας ἀπέπεμψε πάντας, Ἀλκιβιάδην δὲ Ἀθηναῖον, Ἀλκιβιάδου ὄντα ἀνεψιὸν καὶ συμφυγάδα, κατέλευσεν. ἐντεῦθεν δὲ ἔπλευσεν εἰς τὴν Σηστὸν πρὸς τὸ ἄλλο στράτευμα. (14) Ἐκεῖθεν δὲ ἅπασα στρατιὰ διέβη εἰς Λάμψακον. Καὶ χειμὼν ἐπῄει, ἐν οἱ αἰχμάλωτοι Συρακόσιοι, εἰργμένοι τοῦ Πειραιῶς ἐν λιθοτομίαις, διορύξαντες τὴν πέτραν, ἀποδράντες νυκτὸς ᾤχοντο εἰς Δεκέλειαν, οἱ δεἰς Μέγαρα.

(Xénophon, Helléniques,  II, 2)

   
Au cours de l'année suivante, celle de la quatre-vingt-treizième olympiade où Évagoras d'Élis remporta le prix de la course nouvellement établie des chars à deux chevaux et Éubotas de Cyrène celui du stade, Évarchippos étant éphore à Sparte et Éuctémon archonte à Athènes, les Athéniens fortifièrent Thoricos, tandis que Thrasyllos, prenant les navires qu'on lui avait votés et armant de boucliers légers cinq mille de ses matelots, pour qu'ils fissent le service de peltastes, mettait à la voile pour Samos, au commencement de l'été. 
Il y resta trois jours, puis mit le cap sur Pygéla, dont il ravagea le territoire et attaqua le rempart. Un certain nombre d'habitants de Milet vinrent au secours des Pygéliens, et, trouvant les troupes légères des Athéniens dispersées, leur donnèrent la chasse. 
Mais les peltastes et deux compagnies d'hoplites, accourant au secours des leurs, tuèrent tous les Milésiens, à l'exception de quelques-uns, ramassèrent deux cents boucliers et dressèrent un trophée. 
Le lendemain, les Athéniens cinglèrent vers Notion et de là, après avoir fait les préparatifs nécessaires, ils se mirent en marche sur Colophon. La ville passa à leur parti. La nuit suivante, ils se jetèrent sur la Lydie, où le blé était mûr; ils incendièrent plusieurs villages et prirent de l'argent, des esclaves et une grande quantité de butin. Le Perse Stagès, qui était dans ces parages, voyant les Athéniens dispersés hors de leur camp pour butiner chacun à son compte, courut à la rescousse avec ses cavaliers et il prit un homme vivant et en tua sept. Thrasyllos ramena ensuite son armée vers la mer, afin de faire voile sur Éphèse. Tissapherne, devinant son dessein, réunit des troupes considérables et dépêcha des cavaliers pour enjoindre à tout le monde de se porter à Éphèse au secours d'Artémis. Dix-sept jours après son invasion en Lydie, Thrasyllos mit à la voile pour Ephèse. Il débarqua ses hoplites au Coressos et ses cavaliers, ses peltastes, ses soldats de marine et tout le reste de ses gens près du marais de l'autre côté de la ville, puis, au point du jour, il fit avancer ses deux corps d'armée. Les Éphésiens sortirent à leur rencontre, renforcés des alliés amenés par Tissapherne, des Syracusains, tant ceux des vingt premiers vaisseaux que des cinq autres qui se trouvaient là, récemment arrivés avec les stratèges, Éuclès, fils d'Hippon, et Hèracleidès, fils d'Aristogénès, et enfin par deux vaisseaux de Sélinonte. Toutes ces troupes se portèrent d'abord contre les hoplites auprès de Coressos, les mirent en déroute, en tuèrent une centaine et, après les avoir poursuivis jusqu'à la mer, se retournèrent contre les troupes qui étaient près du marais. Là aussi, les Athéniens furent mis en fuite et perdirent environ trois cents des leurs.  Les Ephésiens élevèrent un trophée à cet endroit, et un autre près du Coressos. Ils reconnurent la grande bravoure qu'avaient montrée les Syracusains et les Sélinontins par des récompenses accordées à tout leur corps d'armée et à beaucoup de soldats en particulier et par l'exemption d'impôts pour tous ceux qui voudraient se fixer chez eux. Ils donnèrent aussi le droit de cité aux Sélinontins, parce que leur ville avait été détruite. Les Athéniens, ayant relevé leurs morts à la faveur d'une trêve, retournèrent à Notion, les y ensevelirent et firent voile vers Lesbos et l'Hellespont. Ils étaient à l'ancre à Méthymne, port de Lesbos, quand ils virent passer, venant d'Éphèse, les vingt-cinq vaisseaux syracusains; ils s'élancèrent contre eux, en prirent quatre avec leurs équipages et poursuivirent les autres jusqu'à Éphèse. Thrasyllos envoya tous les prisonniers à Athènes à l'exception d'un Athénien qu'il fit lapider : c'était un nommé Alcibiade, cousin d'Alcibiade, qui l'avait suivi dans son exil.

Traduction E. Chambry.

Texte intégral disponible sur le site de Philippe Remacle