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L'iconographie du Musée du Louvre

Dans le département de l'antiquité étrusque, grecque et romaine Dans les départements des arts graphiques et de la peinture

Les Muses dans le Département des Antiquités étrusques, grecques et romaines

Calliope Trois Muses : Uranie, Calliope, Melpomène (vers 455-440 av. J.-C.)
Œnochê (vase à boire) à figures rouges : l'invention de cette technique (sans doute par le Peintre d’Andocidès) a lieu vers 530 av. J.-C. À l’inverse de ce qui avait prévalu jusque-là, les figures sont réservées sur le fond uniformément peint au "vernis" noir ; les détails des personnages sont indiqués au pinceau, au vernis noir ou à la peinture diluée brune.  

Muse tenant un volumen Muse tenant un volumen (Ier siècle av. J.-C., Myrina, Ile de Lemnos)  
Cette figurine en terre cuite représente une Muse tenant un volumen, c'est-à-dire un rouleau qu'on lisait en le déroulant. Le volumen est l'ancêtre du livre, d'où l'expression latine evolvere librum pour "feuilleter, lire rapidement" ; dans les bibliothèques, les volumina étaient rangés dans des cases étroites et profondes.
Savez-vous quel est l'auteur américain fétiche de la beat generation qui a écrit le manuscrit de son roman sur un unique rouleau de 36 m de long ?  

Sarcophage des Muses (première moitié du IIème siècle ap. J.-C.)
Ce marbre d'époque romaine a été étudié par une classe de latinistes du lycée Margueritte à Verdun (académie de Nancy-Metz), qui associe à chacune des neuf Muses un extrait des Cinq Grandes Odes de Paul Claudel (Première Ode : Les Muses).

Les Muses dans le Département des Arts graphiques et des Peintures

Andrea Mantegna, ApollonLa Renaissance italienne

 Mars et Vénus ou Le Parnasse (1497), d'Andrea Mantegna
Au sommet d'une arche semblable à un arc de triomphe, se dressent Mars et Vénus. A leurs pieds, leur fils Anteros vise de sa sarbacane l'époux légitime de Vénus, Vulcain, qui a installé sa forge dans une grotte. En face de sa grotte, le mont Hélicon, demeure des "Muses" qui sont au centre du tableau et dansent et chantent au son de la lyre d'Apollon.

 Le Règne des Muses (1507), de Lorenzo Costa
Cette peinture allégorique, très difficilement déchiffrable pour nous, représente peut-être le jardin clos des plaisirs intellectuels : "quatre musiciens", un écrivain et un peintre forment cercle autour du groupe central, une jeune femme assise tenant sur ses genoux un amour qui couronne une dame en habits de cour.  

L'école de Fontainebleau

Rosso Fiorentino : l'une des piérides Le Défi des Piérides, de Rosso Fiorentino (Florence, 1496 - Fontainebleau, 1540)
Le sujet de cette peinture est tiré d'Ovide (Métamorphoses 250-260). Les Piérides, originaires de Thrace (de Macédoine par leur père Piéros originaire de Pella), lancent un défi poétique aux Muses. Elles s'affrontent sur l'Hélicon sous le regard de Dionysos, Apollon et Minerve. C'est lors cette joute que "les Muses" entonnent un chant qui manque de faire éclater l'Hélicon. (Voir le tableau Minerve chez les Muses de Jacques Stella). Les Piérides, contestant leur défaite, voulurent s'en prendre aux Muses. Elles furent punies par Apollon et transformées en pies.  

L'école flamande

 Le Festin des Dieux, d'Hendrick Van Balen (Anvers, 1575 - Anvers, 1632) : les Muses.

Le Classicisme français

Nicolas Poussin : Calliope L'Inspiration du poète (vers 1630), de Nicolas Poussin (Les Andelys, 1594 - Rome, 1665)
" L’œuvre représente un Parnasse, c’est-à-dire l’assemblée des Muses réunies autour d’"Apollon", le dieu de la lumière, de la beauté et des arts. Dans la mythologie antique, cette assemblée se tenait sur le Parnasse, lieu sacré dédié aux Beaux-Arts. La mise en scène par Poussin de cette scène mythologique se situe dans une tradition antique, rénovée durant la Renaissance italienne, et dont une des principales représentations demeure celle que peignit Raphaël dans l’une des « Chambres » du Vatican. " © Louvre.edu - texte de Vincent Pomarède  

Les Bergers d'Arcadie (vers 1638), de Nicolas Poussin (Les Andelys, 1594 - Rome, 1665)
Région montagneuse et sauvage du centre du Péloponnèse, l’Arcadie est, selon la légende, le lieu d’élection du dieu Pan. Peuplée de nymphes et de bergers, elle représente le monde idyllique de la nature primitive. L’Arcadie incarne ainsi une sorte de paradis terrestre païen. C’est là que Poussin situe une scène mystérieuse : trois bergers et une jeune femme découvrent un tombeau sur lequel ils déchiffrent une inscription latine : « Et in Arcadia ego » (« Même en Arcadie, moi [la mort], je suis présente »). © Louvre.edu - texte de C. Barbillon, V. Pomarède

J. de Stella : Calliope et Polymnie Minerve chez les Muses (vers 1640), de Jacques de Stella (Lyon, 1596 - Paris, 1657 )
" Le sujet tiré d’Ovide (Métamorphoses 250-260) subit une modification par l’invention d’une Muse de la peinture, rôle tenu par "Polymnie", la Muse de la poésie lyrique en l’honneur des dieux et des héros. Cette représentation modifiée de la fable traduit l’idée que l’art de peindre, mis au rang des autres disciplines de l’esprit, sait subordonner son inspiration aux exigences de la sagesse et de la raison comme en témoigne la présence de Minerve. Après leur joute victorieuse contre les Piérides, les Muses ("Clio", "Melpomène", "Uranie"...) entonnent un chant qui, enflant d’allégresse le mont Hélicon, l'amène au bord de l'éclatement. "Pégase" frappe la montagne de son sabot, la source Hippocrène en jaillit. Minerve, alertée par la Renommée, vient contempler ce phénomène. " © Louvre.edu - texte de Vincent Pomarède  

Eustacle Le Sueur :  Polymnie La Chambre des Muses (1652-1655 ), d'Eustache Le Sueur (Paris, 1616 - Paris, 1655)
L'hôtel Lambert de Thorigny, situé dans l’île Saint-Louis et bâti par Le Vau, comportait de nombreuses décorations. Eustache Le Sueur y intervint dans le cabinet de l'Amour et dans la Chambre des Muses. Le plafond de celle-ci représentait Phaéton demandant à Apollon la conduite du char du soleil. Cinq panneaux placés dans l'alcôve de la chambre de la Présidente, étaient consacrés aux Muses.
Le Sueur a choisi de composer deux groupes de trois muses. "Melpomène, Érato et Polymnie" sont clairement identifiables grâce à la partition que déchiffre Polymnie (muse de la poésie lyrique) et à la viole de gambe dont joue Érato (muse de l'élégie). Melpmène (muse de la tragédie), un peu en retrait derrière ses compagnes, est dépourvue d’attributs, mais elle est la seule, de toutes les Muses, à poser un regard direct et profond sur le spectateur. "Clio, Euterpe et Thalie", les muses de l'histoire, de la musique et de la comédie, sont au centre d'un ravissant paysage, intimiste et réaliste. Le tableau est un hommage au maniérisme italien : le raffinement des couleurs est ici évident, jaune, rose et bleu pour les trois robes des Muses, couleurs qui répondent avec le vert des feuillages et le gris-bleu du ciel.  
Trois muses sont représentées seules : Terpsichore, la Muse de la danse et de la poésie, joue d’un instrument à percussion, un triangle agrémenté de divers anneaux, dans un décor champêtre qui se prolonge à travers les quatre autres panneaux. Uranie, la Muse de l’astronomie, couronnée d’étoiles, tient un compas et s’accoude sur un globe. Calliope a délaissé la trompette pour un instrument de musique plus raffiné : une harpe dont elle joue des deux mains, adossée à un arbre.

Le Néo-classicisme

Naissance des Muses, de Jean-Dominique Ingres (Montauban, 1780 - Paris, 1867)
Zeus est au centre du tableau : Mnémosyne en blanc donne naissance à une Muse. On peut voir sur la droite les Muses déjà nées.