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Expliquer cette notion de bonne orthographe


  
Pendant longtemps on pensait qu’une bonne orthographe devait être phonographique, régulière, dans laquelle les relations phonèmes/graphèmes1 devaient être transparentes. Le corollaire de ce point de vue était que la complexité de l’orthographe était jugée comme péjorative au nom des surplus culturels qui accompagnent les fautes d’orthographe.
Ce mythe de la pureté orthographique est très ancien, beaucoup d’auteurs défendaient l’idée qu’une bonne orthographe devait être le miroir de la prononciation. « En linguistique, toute vérité entre par les oreilles, toute sottise par les yeux », selon Frey (1929). Ce mythe de la pureté alphabétique a d’ailleurs des échos du côté des linguistes qui se méfiaient de l’écriture.

À côté de cette tendance puriste sur l’orthographe, il y a d’autres positions sur la mixité graphique : les pionniers, tels que Keneth L. Pike, linguiste américain (1947), militaient pour la co-présence de plusieurs orthographes dont il défendaient la variation.
Dans ces analyses sur la mixité, se profilent des conceptions linguistiques plus classiques, plus équilibrées qui sont celles du rapport entre langue et écriture : l'orthographe doit à la fois aider le lecteur et le scripteur expert, mais aussi ceux qui apprennent à lire et écrire. Une double articulation se construit entre le lexique et la grammaire (lexèmes [unité de base du lexique] et morphèmes), qui combinent la relation à l'oral (phonographie) et le sens (sémiographie), chacune des dimensions cherchant à être aussi efficace, économique et transparente que possible et la moins ambiguë.

1 Les phonèmes sont les plus petites unités phoniques susceptibles de différencier des mots. Les graphèmes sont les lettres ou séquences de lettres utilisées pour les écrire.