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Caractéristiques des processus


  
- La perspective constructiviste
Elle est largement adoptée. Les voix discordantes tiennent un discours plus idéologique que scientifique. Les petits de l’Homme naissent non achevés. La construction de soi prend toute la vie. C’est ce qu’a montré Henri Wallon, qui s’est opposé à l’intellectualisme de Piaget. L’enfant est une personne qu’il faut saisir dans sa globalité. Son évolution est discontinue, passe par des phases conflictuelles. Il convient de penser le rapport entre le système scolaire et les moments critiques, caractérisés par de fortes identifications et de fortes oppositions. La crise de 2 ans précède généralement l’entrée en maternelle. Pendant la période de latence définie par Freud, l’enfant est disponible pour les apprentissages. Cela correspond à l’école élémentaire. Actuellement, le moment de la plus grande instabilité est celui de la puberté, que doit gérer le collège.

- La construction du langage et ses enjeux
Vygotski met en évidence l’importance du langage comme outil de socialisation. C’est un des problèmes de l’école, qu’il faut distinguer du problème de l’apprentissage de la langue française. Un exemple significatif : l’enfant qui fait un puzzle se parle à lui-même pour accompagner une construction difficile ; si l’adulte intervient, l’enfant est étonné. Le langage a donc une dimension égocentrique. Quant à la dimension communicative, elle se construit dès le départ par interactions. L’enfant arrive à l’école avec des représentations. Il progresse vers une élaboration construite non seulement du langage, mais aussi de la pensée. La langue est une façon d’appréhender le monde. Il doit déconstruire ses représentations, ce qui est difficile. C’est pourquoi il ne faut pas ignorer l’importance de son système de pensée.
Ainsi le premier enjeu de la construction du langage est la possibilité de construire un « je » capable de distance réflexive, par opposition au « moi » caractérisé par l’adhésion du sujet à sa propre expérience. C’est là une des sources de difficultés au collège, notamment pour les professeurs de français et de langues : certains élèves en sont encore au « moi », alors que d’autres ont accédé au « je », comme le montre une étude d’Élisabeth Bautier. L’accès au « je » sous-tend l’accès à la citoyenneté. C’est un problème majeur pour l’accompagnement à la scolarité.
Le deuxième enjeu est l’apprentissage des codes sociaux, à distinguer de la loi et des règles. Il convient de respecter les capacités liées à la maturation de l’enfant. Un exemple : les enfants adhèrent à leur émotion ; le langage permet la désolidarisation entre le ressenti et le comportement, ce qui s’acquiert entre 2 et 3 ans. Pour piloter son action, l’enseignant doit avoir conscience que l’émotion indique le rapport au réel de l’enfant, la signification que la situation a pour lui et qui se répercute sur sa façon d’agir (par exemple s’il est découragé), et lui apprendre à exprimer ses émotions dans le cadre des codes sociaux. Le début de la petite section a cet enjeu éducatif. Les familles ne suffisent pas. C’est un argument en faveur de la scolarisation précoce.