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Leurs contenus


  
Les analyses de Jérôme Bruner sont la référence majeure.
- Les compétences
L’enfant apprend à produire des réponses dans le cadre de la culture de socialisation. Il apprend une capacité à agir en utilisant ses ressources personnelles et sociales. Accompagner ce parcours implique de centrer son attention sur les étapes décisives, de proposer des situations qui donneront du sens aux apprentissages, l’ennui devant être pris en charge.
L’enfant apprend à ajuster son action, ajustement difficile à évaluer exactement. Il apprend à prendre des initiatives. Il apprend à être responsable, pas seulement sur un plan moral, mais en étant capable de maîtriser son action et ses effets. Cela implique une reconnaissance d’obligations et un questionnement sur les effets produits.

- Les métacompétences
Le prototype des métacompétences est l’apprentissage de la langue. L’enfant apprend à produire ; il apprend en amont même du stock de phrases bien faites. Il se représente d’une part les contenus de son apprentissage, et d’autre part lui-même en train d’apprendre, c’est-à-dire sa propre compétence. Il est important qu’il apprenne à distinguer « savoir » et « croire savoir » ou « je pourrais si je voulais ». Il se représente aussi les critères d’évaluation : s’agit-il du résultat, de la démarche ? La représentation se construit dans la relation intersubjective, avec les adultes d’une part et les pairs d’autre part. L’explicitation est nécessaire : l’implicite prive des repères indispensables.

- L’estime de soi
À l’instar de la société française, l’école française réussit mal sur ce plan. Globalement, elle ne permet pas une estime suffisante pour la construction d’une individualité, pour des négociations positives. La co-construction de l’image de soi comme mauvais élève a des effets dévastateurs : les élèves doutent durablement de leurs capacités. Une enquête menée à ce sujet au collège et au lycée éclaire différemment la prévention. Prévenir, ce n’est pas porter un jugement possiblement négatif, c’est anticiper une représentation positive. C’est pourquoi l’idée de la psychiatrie préventive précoce suscite des inquiétudes. Le rôle d’éducateur est ambivalent. Il importe de travailler sur les parcours personnels par rapport à la difficulté scolaire. Réduire le rôle de l’école dans la construction de l’estime de soi aboutit à une faillite.