Fermer la fenêtre
 
Deux implications


  
A. Construire son individualité n’est pas se construire tout seul. On se construit en « montant sur les épaules des géants qui nous ont précédés » (Bruner) pour aller au-delà de ses propres limites à un rythme plus rapide. Cela correspond à la notion vygotskienne de « zone proximale de développement ». Il faut penser la dynamique dans un système d’interaction sociale. Autrui, Internet aident à aller plus loin, à réorganiser ses connaissances et à produire des solutions transférables.

B. Bruner utilise l’image de la filiation. L’accompagnement implique de donner la parole à l’enfant, de lui permettre de construire le récit de sa vie. Il s’agit bien du récit en tant que mythe fondateur, plutôt que d’histoire dont l’objectif est scientifique et qui oppose la mémoire à l’oubli. Le récit doit s’enraciner dans la culture. Si l’école est le lieu du déni de la culture de l’enfant, elle ne peut enraciner. En racontant l’école à la maison et inversement, l’enfant s’approprie les deux dimensions de sa culture. Ricoeur parle de la possibilité de « mettre en intrigue », donc de passer du moi au je. Grâce à cet accompagnement, les enfants deviennent les héros de leur propre histoire, de même qu’en cas de licenciement, le travail sur le récit de leur vie aide les adultes à se mettre en projet.