Logiciel ELSA
 


AFL, AFL, 2000


Les compétences dites remarquables – travailler sur l’implicite d’un texte, apprécier les intentions de l’auteur – ne constituent pas pour les auteurs un « objectif » mais une « condition de l’intervention pédagogique », une nécessité à travailler d’emblée pour que la lecture devienne efficace, et donc un plaisir. Observation, compréhension, attention et mémorisation sont développées.
ELSA, logiciel d’Entraînement à une Lecture Savante, comporte trois grandes fonctions :
1- Gestion : inscription des élèves, résultats ;
2- Aide ;
3- Exercices :
a) Entraînement : un « plan » de sept séries permet de travailler sept comportements constitutifs de la lecture (trois séries sur les unités inférieures de la phrase, quatre au niveau de la phrase ou du texte) :
T teste la vitesse ou l’aisance des déplacements dans le texte, la compréhension, en vue d’un programme de travail adapté à chacun...
A travaille l’élargissement et la vitesse de l’empan de lecture en faisant repérer dans une liste un groupe de mots-signal.
D présente un texte dans un temps insuffisant pour une lecture intégrale. L’élève repère la structure par des recherches sélectives d’informations.
B travaille l’enchaînement des empans dans la lecture d’un texte. Les questions portent sur six aspects : titre, suite, résumé, style, extrait, auteur.
E travaille sur l’anticipation des mots.
C travaille la différenciation entre mots et groupes de mots proches par le sens ou la forme.
F travaille la représentation mentale du texte en trois étapes : présentation de trois sélections du vocabulaire du texte ; fiche d’indexation, lecture à vitesse contrôlée par l’effacement progressif du texte.

b) Exercices gradués au choix en cas de difficultés ou d’intérêt personnels particuliers.

c) Historique qui permet des activités métacognitives pour déboucher sur un réinvestissement.

d) Statistiques pour suivre l’évolution des résultats des élèves.

Les exercices se complexifient selon une démarche individualisée sur une quarantaine d’heures (deux à trois séances de 30 minutes à 1 heure par semaine) sur une année scolaire : c’est la durée d’utilisation, peut-être plus encore que la théorisation, qui importe, selon Jean Foucambert.

ELSA comprend deux bibliothèques riches et variées, permettant de développer des stratégies différentes, l’une pour la jeunesse, l’autre pour adultes (460 textes). La fiction aborde l’approche littéraire ; documentaires et extraits de journaux facilitent l’expression orale. Les ouvrages sont présentés, référencés, mis en réseau pour inciter à lire l’œuvre intégrale, pour fonder une réelle culture de l’écrit.

Rigueur et exigence du logiciel constituent sa faiblesse et sa force.
Ainsi, il ne résout pratiquement pas le problème des élèves de 6e non-lecteurs, ne peut concerner immédiatement des primo-arrivants. Des compétences lexicales vraiment faibles empêchent la compréhension de base (textes, terminologie des questions) si un adulte référent ne peut se consacrer à un seul élève. Certaines séries sont difficiles (C et E). Certains élèves, peu concentrés, choisissent la vitesse plutôt que la pertinence des réponses, se réfugient au hasard dans les aides, sont découragés par la rigueur, la répétition au centre du dispositif, si on ne parvient pas à leur en faire comprendre progressivement les vertus.
Mais les expériences sont jugées globalement positives. L’outil statistique permet une évaluation fine des élèves, qui peuvent « palper leur progression ». L’évaluation ne pénalise pas, mais valorise la progression des scores : ce qui est compté, c’est le nombre d’aides utilisées pour réussir. L’ordinateur éloigne ainsi les difficultés relationnelles, favorise même une relation individuelle avec l’enseignant. Autonomie, concentration, sens de l’effort se développent si l’adulte joue le rôle de médiateur (ce qui est absolument néce