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Comparons nos langues. Démarche d’apprentissage du français pour les enfants nouvellement arrivés
 


Auteur : Nathalie Auger (maître de conférences en sciences du langage - Université Montpellier 3)
Établissement : école primaire Lakanal à Nîmes, collège Les Escholiers de la Mosson à Montpellier
Académie : Montpellier
Département : Hérault
Niveau : collège - école primaire
Contact : nathalie.auger@univ-montp3.fr

Le contexte
Les enfants nouvellement arrivés en France sont plus nombreux chaque année. Rares pourtant sont les enseignants qui ont été formés à travailler avec ce type de public spécifique. Pourtant, les recherches en linguistique, tout particulièrement en français langues étrangère et seconde, peuvent apporter des pistes de réflexion enrichissantes. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette démarche d’apprentissage du français pour les ENA (enfants nouvellement arrivés), quel que soit leur niveau de langue française et quel que soit leur âge (école primaire, collège mais aussi lycée ou autres contextes de formation au français). Elle se place dans une perspective de comparaison des langues et des habitudes culturelles en matière de communication et rend l’enfant plus actif dans son apprentissage.
Comparons nos langues est coédité par le CDDP du Gard et le CRDP de l'académie de Montpellier, dans la collection « Ressources Formation Vidéo Multimédia », en collaboration avec le CASNAV et le FASILD. En complément, un livret décrit l’expérimentation de la démarche dans des classes du premier et du second degré. Ce projet a obtenu le Label européen des langues.
Les objectifs
Cette démarche propose donc de s’appuyer sur les scripts maternels des enfants pour aller vers le français puisque tout apprentissage des langues repose, consciemment ou non, sur une comparaison entre le ou les système(s) langagier(s) préexistant(s) et la langue à apprendre. Cette situation de contact de langues (donc interculturelle au sens large qui comprend langue mais aussi culture) devient alors un atout pour l’enseignement-apprentissage du français, et il convient naturellement de l’utiliser comme une ressource. La comparaison des différentes langues dans la classe ne sert pas à hiérarchiser les idiomes mais bien à en montrer les universaux singuliers (par exemple, toutes les langues ont une syntaxe, comme la façon de marquer la négation, mais chacune le fait différemment).
Cette démarche motive l’élève qui se sent reconnu dans ce qu’il est, ce qu’il connaît déjà, sans pour autant devenir un prototype de sa langue et de sa culture. Le français s’apprend donc selon une démarche cognitive de co-construction bien visible à la fois pour les élèves et l’enseignant. Chacun arrive ainsi à comprendre pourquoi certaines erreurs émergent (procédés d’analogie avec les systèmes maternels par exemple). Il s’effectue alors une prise de conscience pour relativiser ces erreurs et les dépasser sans en garder les stigmates. Dans cette démarche interculturelle, chacun est expert de sa langue (l’enseignant comme l’élève), chacun découvre le système de l’autre (l’enseignant aussi : sans connaître les langues des élèves, il en comprend le fonctionnement) dans une relation d’empathie, face à l’autre.
Le déroulement
Pour illustrer ces fondements théoriques, nous verrons en classe des enfants travailler sur différents niveaux linguistiques donnés à titre d’exemple (d’autres activités sont proposées dans un tableau de synthèse dans le livret d’accompagnement du dévédé) : la syntaxe (forme et place de la négation), les sens d’écriture, les consonnes et les voyelles, le lexique, le genre et le nombre, le mimo-gestuel ainsi que la phonétique.
Différents types d’activités permettent des prises de conscience à différents niveaux. Entre pairs d’une même langue par exemple, les enfants s’autorégulent par rapport à leur propre système maternel. Ils sont également à l’écoute des autres groupes qui parlent d’autres langues et, en rentrant ainsi en contact avec d’autres langues que le français, ils comprennent les difficultés d’apprentissage des autres enfants, tout en relativisant leurs propres difficultés.
Par ailleurs, neuf mois plus tard, certains de ces enfants, qui ont intégré des cursus ordinaires, s’expriment sur leur parcours, disent qu’après cette période d’apprentissage du français, apprendre d’autres langues est plus facile, et que si quelqu’un aide à « ouvrir la caisse où sont cachés les mots », l’apprentissage se fait plus aisément.
Enfin, les spécificités de la posture de l’enseignant sont bien visibles :
- en interaction constante avec les élèves ;
- expert du français et de son apprentissage mais en situation interculturelle de découverte de la langue des enfants, parfois à tâtons, mais toujours dans un véritable intérêt de qui est l’élève ;
- attitude qui motive les uns et les autres pour entrer dans le français, langue qui, il faut le rappeler, n’a pas été choisie par ces enfants arrivant le plus souvent sans véritable repère par rapport à ce qu’ils connaissent déjà.


Consulter trois vidéos extraites du dévédé « Comparons nos langues » :
- Propos de Nathalie Auger sur l’intérêt d’utiliser la situation de plurilinguisme en tant que ressources. Durée de l’extrait : 20 sec. (fichier WMV - 830 Ko).
- En classe : travail sur les sens d’écriture. Durée de l’extrait : 1 mn 02 sec.(fichier WMV - 2 Mo).
- En classe : travail sur les consonnes et les voyelles. Durée de l’extrait : 1 mn 16 sec. (fichier WMV - 2,7 Mo).

Si vous avez des problèmes pour télécharger les vidéos, cliquez ici.
 
Nathalie Auger, maître de conférences
en sciences du langage (Université Montpellier 3)
 
Mise en ligne en novembre 2005.
 
Pour en savoir plus
Consulter les références bibliographiques.

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