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Différencier les lectures dans le cadre d’un réseau
 


Auteur : Joëlle Thébault (professeure de lettres modernes à l’UCP)
Établissement : IUFM de Versailles, site d’Étiolles
Niveau : cycle 3 - cycle 2

« L’intérêt pour la lecture » au cycle 2, « le goût de la lecture » au cycle 3 sont des attitudes dont les programmes de 2007 recommandent la construction. Or, dans toutes les classes, on observe une forte hétérogénéité dans les capacités de lecture autonome des élèves. Comment différencier ces enseignements tout en maintenant la convergence nécessaire aux échanges ?
Des réseaux, pour quoi faire ?
La lecture en réseau d’ouvrages de littérature de jeunesse vise prioritairement la construction de repères culturels nécessaires à la compréhension. Les programmes de 20071 réaffirment que l’habitude de fréquenter des livres devient progressivement une culture à condition que l’enseignant ait programmé des lectures choisies avec soin et organisées en parcours qui permettent de retrouver un personnage, un thème, un genre, un auteur, un illustrateur… La « simple » fréquentation de livres empruntés par les élèves joue bien sûr un rôle essentiel dans le développement des compétences de lecteur mais elle ne peut suffire.
En effet ces lectures, pour bien des élèves, ne prennent pas véritablement sens. Organiser des parcours, c'est instaurer des liens entre divers ouvrages et donner ainsi des clés pour la compréhension de livres qui seront rencontrés ultérieurement. Par exemple, si les élèves ont découvert collectivement plusieurs contes et albums où se rencontre un personnage de loup, ils retiendront peut-être qu’il y a beaucoup d’histoires de loup dans la littérature enfantine, ce qui ne suffit en rien… S’ils ont comparé ces histoires et repéré celles où il joue son rôle traditionnel de prédateur, celles où il n’est pas dangereux, parce qu’un peu bête, les élèves toucheront du doigt l’une des caractéristiques essentielles du texte littéraire : celui-ci joue avec les attentes du lecteur, pour le plaisir de retrouver un stéréotype ou pour le plaisir d’être pris au piège. Pour que tous les élèves puissent vraiment apprécier des albums comme Loup noir2 ou Ami-ami3 au cycle 2, il faut que ces repères aient été construits dès l’école maternelle et enrichis à l’école élémentaire.

Réseaux et lectures autonomes
Ces repères seront d’autant plus efficients si les élèves les transfèrent aussitôt dans les lectures qu’ils mèneront seuls. Il faudrait donc qu’au fil du parcours, les élèves lisent tous beaucoup d’autres livres. Les enseignants peuvent recourir à tous les lieux disponibles pour réunir bon nombre d’ouvrages où seront retrouvés un personnage, un genre, un auteur qui auront fait l’objet d’un parcours collectif.
Même à la fin du cycle 3, offrir aux élèves un choix très large, y compris des albums comportant peu de texte à côté de romans plus conséquents, de documentaires, de bandes dessinées, est un moyen de les faire véritablement entrer dans la lecture.
Souvent, les élèves qui ne lisent pas sont ceux qui n’ont jamais réussi à lire un livre jusqu’au bout, faute de pouvoir le comprendre ou faute de s’y intéresser4. Lire en prolongement d’un parcours, c’est retrouver du déjà connu, ce qui constitue un point d’appui précieux pour la compréhension.
Si l’enseignant entre en dialogue avec l’élève pour l’aider à repérer le livre pouvant lui convenir, il lui donne une chance de mener à bien cette première lecture décisive. On peut proposer par exemple à des élèves de cours moyen une caisse d’ouvrages appartenant au genre du récit policier, des récits illustrés abordables dès le cycle 2 aux ouvrages plus complexes de la liste officielle cycle 3, en passant par les séries d’accès plus aisé, ou les collections spécialisées comme Souris noire chez Syros, qui propose des histoires courtes et de qualité.

Réseaux et différenciation dans le cadre d’ateliers de lecture
Les ateliers de lecture sont également une occasion de prolonger les lectures collectives. Si l’on confie à chaque groupe la lecture d’un livre différent, on peut faire un choix en adéquation avec les capacités des membres du groupe, en tenant compte de la longueur du texte, de la grosseur des caractères, de la place et du caractère facilitateur (ou non) des images... On peut alors obtenir que le livre soit terminé à peu près en même temps par tous les groupes.
L’enjeu sera la confrontation de cette nouvelle lecture aux autres livres du réseau déjà rencontrés, autour d’un tout petit nombre de questions utiles à la comparaison. Par exemple quel rôle jouent les difficultés propres au Grand Nord dans des livres aussi différents que des albums comme Un flocon d’amour5, Ushi6, Angakkeq7 et Le garçon qui voulait devenir un être humain8 pour les élèves qu’attirent davantage les histoires vraies. Pour construire le goût de lire, il faut que les élèves aient à la fois les moyens de lire… et l’occasion de rencontrer des livres qui puissent les intéresser.
 
Joëlle Thébault,
professeure de lettres modernes à l’UCP,
IUFM de Versailles, site d’Étiolles.
 
Article paru dans la revue Blé 91 (Bulletin de liaison des enseignants de l’Essonne)
intitulé « Tous différents ! Que faire ? », n° 41, avril 2008 (fichier PDF – 1,68 Mo).
 
Mise en ligne en juin 2008.



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