Bien Lire  
.Liens Nouveautés du site, Plan du site, Contact
Page Actualités Atelier
Page Atelier
Page Médiathèque
Page Syndicat d'initiative
Page Échanges
Il était une fois… la dictée quotidienne
 


Auteur : Pauline Laborde (enseignante)
Établissement : École Jules Verne de Viry-Châtillon
Académie : Versailles
Département : Essonne
Niveau : cycle 3 - cycle 2 - cycle 1

Les constats
Qui ne s'est jamais demandé ce que cela pouvait bien lui apporter de connaître la bonne orthographe de rhododendron ou autres variétés rares ? La dictée de nos parents et de notre enfance était un éventail de « mots pièges » tous plus difficiles les uns que les autres. C'est pour cela que l'on a mis en place les dictées préparées, me direz-vous ! C'est en me questionnant sur le bien-fondé de la dictée traditionnelle et de la dictée préparée, que j'ai opté, avec l'aide d'un conseiller pédagogique, dans ma classe de CE1 en ZEP1, pour un autre type de dictée : la dictée quotidienne.
La mise en place
La dictée quotidienne a été instaurée en début d'année. Rapidement elle s'est imposée comme un rituel semblable aux activités repères de maternelle; les élèves sont demandeurs et sont déçus si elle vient à faire défaut un matin. Cet exercice ne nécessite qu'une vingtaine de minutes et très peu de matériel.
Sur une feuille, les élèves écrivent la phrase du jour, soulignent leurs éventuelles erreurs, relèvent leur score2 et recopient la correction notée au tableau. Le jour suivant, sur cette même feuille, ils écrivent la nouvelle phrase.
J'ai bien dit la nouvelle phrase, car l'intérêt de la dictée quotidienne n'est pas d'écraser les élèves sous une grande quantité de mots mais de leur permettre de réfléchir sur chacun d'eux. La phrase ne dépasse pas en général une dizaine de mots ; mes collègues de cycle 3 qui ont été séduits par ce fonctionnement, peuvent proposer jusqu'à deux phrases.
Bien entendu, les mots choisis ne sont pas le fruit du hasard; les phrases sont en relation les unes avec les autres et sont créées en fonction des notions sur lesquelles l'enseignant souhaite faire réfléchir ses élèves.
La dictée quotidienne est au service de l'orthographe grammaticale et de l'écriture phonétique (au cycle 2). Un des intérêts de cette pratique est d'avoir un noyau que l'on va faire évoluer en fonction de la notion à laquelle on s'attache. L'enseignant évitera de se disperser – du moins au début – en impliquant trop de notions complexes différentes dans une même phrase. Si son intention est d'introduire la notion de genre, il ne mettra pas dans la phrase des variations de genre et de nombre, etc.
Exemple : lundi / La grande fille mange une pomme ; mardi / Le grand garçon mange une pomme.
L'intérêt est que l'élève se pose les bonnes questions : « Qu'est-ce qui est pareil qu'hier ? Qu'est-ce qui a changé ? Quels sont les mots qui peuvent m'aider à écrire correctement la phrase d'aujourd'hui ? ». L'élève peut s'attarder sur les points posant problème. Il a la possibilité de regarder la correction de la veille et donc de ne pas réitérer certaines de ses erreurs. Il devrait ainsi améliorer son score tout en visualisant ses progrès. Ce sont des variations faibles, soit, mais sûres !
Le dialogue pédagogique : le moment clé de cette dictée
Le plus important dans la dictée quotidienne est la verbalisation de l'enseignant lors de la correction au tableau. Attention ! Il ne s'agit nullement d'un cours magistral mais bien d'un questionnement qui doit permettre à l'élève d'entrer peu à peu dans une notion d'ORL3. C'est un dialogue pédagogique qui se met en place. L'enseignant doit être vigilant en soulevant la ou les bonnes questions. Par exemple « Dans cette phrase comment peut-on écrire tel ou tel mot ? Quelles sont les écritures possibles ? » ou encore « Pourquoi tel mot prend un s aujourd'hui alors qu'hier il n'en avait pas ? »
J'en profiterai pour préciser qu' écrire un mot de manière phonétiquement correcte n'est pas une fin en soi et que tous les mots ont leur orthographe propre. Je répète souvent aux élèves qu'il est important de photographier les mots quand ils lisent, car c'est le meilleur moyen pour apprendre à les écrire correctement. Cette verbalisation est importante car c'est elle que les élèves vont retenir, ce qui leur permettra petit à petit d'acquérir des automatismes, des habitudes de réflexion personnelle : « Tiens, il y a des devant ce nom, cela veut dire qu'on parle de plusieurs choses et je ne dois pas oublier que le nom qui suit sera aussi au pluriel ! »
Mais n'est-ce pas là une manière détournée de faire une leçon frontale d'ORL ? Non, bien au contraire ! C'est un travail de réflexion où les notions sont amenées petit à petit, de façon récurrente, semaine après semaine, et réinvesties lors des dictées suivantes. Ainsi, lorsqu'une notion d'ORL sera étudiée de manière plus approfondie, les automatismes acquis lors des nombreuses séances de dictées quotidiennes feront leur effet et la notion sera plus facilement assimilée.
En conclusion
Je suis donc une fervente adepte de la dictée quotidienne qui permet aux élèves d'acquérir en douceur des notions lexicales et grammaticales. C'est en quelque sorte « la médecine douce » de l'ORL.
Dans ma classe, elle est devenue un moment incontournable de la journée comme la récréation de dix heures ou le repas du midi.
 
Pauline Laborde,
enseignante à l’école Jules Verne de Viry-Châtillon
 
Article paru dans le numéro de Blé 91 (Bulletin de liaison des enseignants de l’Essonne)
intitulé « Les domaine d’enseignement… Quels fondamentaux ? »,
n° 37, octobre 2005 (fichier PDF - 800 Ko).

Pour en savoir plus
Accéder au site de la revue « Blé 91 ».

Un internaute a réagi : lire son message. (message posté en mars 2006)
 
Mise en ligne en novembre 2005.
 


En savoir plus :

Acteur ou témoin, vous pouvez réagir

Retour à la liste

 
Haut de page
Copyright CNDP
Nouveautés du site Plan du site Contact Partenaires Mentions légales Crédits