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Le repérage des troubles d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe dans des classes de CP
 


Auteur : Martine Rousseau (Présidente de l’association PEEP)
Établissement : Association PEEP
Adresse : Issy-les-Moulineaux
Académie : Versailles
Département : Hauts-de-Seine
Niveau : cours préparatoire
Contact : philipperousseau@wanadoo.fr, 01 40 93 49 86
Partenaires : Monique PLAZA, chargée de recherche au CNRS, Dominique CHAUVIN, orthophoniste, responsable du département d’orthophonie, centre référent Troubles du Langage de l’Hôpital de la Salpêtrière, fédération et association de parents d’élèves PEEP

LE CONTEXTE
Les partenaires du projet
- L’association de parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) : présente dans 24 écoles publiques, les 3 collèges et le lycée d’Issy-les-Moulineaux et très sensibilisée aux troubles d’apprentissage, cette association est à l’origine depuis 2001 de cette action de dépistage des troubles de l’écrit et de la lecture, action qu’elle pilotera donc cette année pour la troisième fois.
- Monique Plaza : chargée de recherche au CNRS, elle travaille dans un laboratoire de recherche spécialisé dans l’étude du développement de l’enfant (laboratoire Cognition et Développement UMR 8605) et elle anime le pôle de recherche du Centre référent « Troubles du langage » de l’hôpital de la Salpêtrière. Cette équipe de recherche multidisciplinaire, aux objectifs à la fois théoriques et pratiques, s’appuie sur les compétences de psychologues, de neuropsychologues, d’orthophonistes et de pédopsychiatres pour construire des outils de dépistage, d’évaluation et de prise en charge des troubles du langage oral et écrit.
- Dominique Chauvin : orthophoniste, responsable du département d’orthophonie, centre référent Troubles du langage de l’hôpital de la Salpêtrière.
LES ACTIONS
En 2000-2001
L’association PEEP, avec le soutien de l’éducation nationale, en partenariat avec Monique Plaza et l’UNADREO (Union nationale pour le développement de la recherche et de l’évaluation en orthophonie), a réalisé une action de prévention entre le 28 mai et le 8 juin 2001 sur le temps scolaire, dans 6 écoles élémentaires volontaires de la ville, soit 15 classes de cours préparatoire de cette ville.
Cette initiative allait pleinement dans le sens des mesures préconisées par Jean-Claude Ringard dans son rapport (fichier PDF - 196 Ko) sur les troubles d’apprentissages.

Cette action a consisté à proposer à tous les enfants des CP, y compris ceux qui n’avaient aucune difficulté scolaire, un bilan de certaines compétences de langage importantes pour l’acquisition de la lecture et de l’orthographe. Ce bilan, réalisé par des orthophonistes libéraux, a permis d’évaluer les capacités de chaque enfant et ses éventuelles difficultés d’apprentissage du langage écrit.
Le bilan était gratuit pour les parents car entièrement financé par nos partenaires : DDASS, Éducation nationale (Inspection académique des Hauts-de-Seine), Fondation du Crédit Mutuel pour la Lecture, municipalité d’Issy-les-Moulineaux, Fédération nationale PEEP, Association départementale PEEP des Hauts-de-Seine.

Plus de 80 % des parents concernés ont donné l’autorisation de dépistage et 267 enfants ont pu donc bénéficier de cette action. Les résultats du bilan ont été envoyés personnellement aux parents dès début juillet. Quatre types de réponses avaient été établis :
- une lettre-type pour enfants sans difficultés ;
- une lettre-type pour enfants à surveiller ;
- une lettre-type pour enfants en difficultés ;
- une lettre-type pour enfants en difficultés sévères.

Voir Comment informer les parents après une action de dépistage ?

Les premières conclusions de l’étude ont été officiellement présentées aux enseignants, parents et personnels de la santé (médecins scolaires, PMI, orthophonistes libéraux de la ville) au Palais des arts et des congrès d’Issy-les-Moulineaux, le 20 septembre 2001, en présence de M. Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux et de M. Thénaisy, inspecteur chargé de la circonscription et représentant de M. Jack Lang, ministre de l’éducation nationale.

Une répartition des diagnostics selon les écoles y a été présentée (tableau ci-dessous).


Enfants dépistés
Pas de difficultés de langage écrit
À surveiller
Difficultés moyennes
Difficultés sévères
Pourcentage Difficultés moyennes et sévères
École 1
10
8
2
0
0
0
École 2
34
22
4
6
2
23,5
École 3
44
23
7
3
11
31,8
École 4
62
45
6
2
9
17,7
École 5
71
52
9
4
6
14
École 6
46
30
10
2
4
13
Total
267
180
(67,4 %)
38
(14,2 %)
17
(6,3 %)
32
(11,9 %)
18,3


L’étude a révélé en particulier que :
- dans 80 % des cas, les enseignants détectent les enfants en sévères et moyennes difficultés ;
- mais les mêmes enseignants ne détectent les enfants à surveiller que dans moins de 25 % des cas ;
- on constate de très gros écarts de performance de lecture et d’orthographe entre les enfants les plus faibles (24 points) et les enfants les plus forts (114 points) ;
- les difficultés sont globalement corrélées aux difficultés socio-économiques ;
- on constate, au sein de mêmes écoles, des performances très différentes selon les classes pourtant globalement de même profil : importance du savoir-faire de l’enseignant et de la méthode utilisée ?
- parmi les enfants en difficultés sévères et moyennes, 35 à 37 % seulement sont suivis en orthophonie ;
- si on peut estimer que certains de ces enfants ne relèvent pas directement de l’orthophonie (bilinguisme, niveau socio culturel défavorisé, primo-arrivants), l’écart est suffisamment important pour conclure à un manque de prise en charge orthophonique pour nombre d’entre eux.
Une réunion de bilan et d’information, organisée le 25 octobre 2001 par Monsieur Thénaisy, inspecteur, s’est tenue à l’inspection de l’éducation nationale en présence du docteur Morel, responsable du service de promotion de la santé scolaire sur l’académie des Hauts-de-Seine. Monique Plaza y a développé ses conclusions de façon plus détaillée. Cette réunion limitée aux personnels de l’Éducation nationale avait pour objectif de tirer des conclusions et surtout de trouver des solutions de soutien adapté aux groupes d’enfants décelés en difficulté sur les 6 écoles concernées : ateliers de langage, jeux phonologiques...

L’expérience a été jugée extrêmement positive et nous avons décidé de poursuivre le même projet pour l’année 2002 tout en le faisant évoluer en tenant compte de l’expérience du projet 2001.
En 2001–2002
Il y a eu une participation plus active de l’enseignant de l’enfant et a introduit une méthodologie en deux temps (une phase collective et une phase individuelle).
Première phase : la phase collective
La première étude a permis de déterminer avec plus de précision les signes prédictifs des troubles de l’écrit. Monique Plaza a pu ainsi établir une épreuve écrite qui a été proposée en mai à tous les enfants des classes dont les enseignants se sont portés volontaires.
L’épreuve écrite a été dictée par l’enseignant à toute la classe et à tous les enfants selon des consignes très précisément établies.
Les dictées des enfants pour lesquels les parents ont donné l’autorisation ont été cotées par l’enseignant selon un barème donné à l’enseignant, puis revues par Monique Plaza et Dominique Chauvin.
Les épreuves écrites des autres enfants ont été laissées à l’enseignant comme c’est le cas d’une évaluation habituelle.
Seconde phase : la phase individuelle
Seuls les enfants ayant obtenu à l’épreuve collective un score inférieur à la norme établie ont été invités à passer un protocole individuel selon le même principe que le projet 2000-2001 afin de confirmer ou préciser la nature des difficultés décelées lors de l’épreuve collective.
La cotation de l’épreuve écrite collective a été conçue afin de retenir un échantillon assez large (50 % d’enfants environ).

Afin d’éviter de multiplier les demandes d’autorisation aux parents, il a été dès le début précisé que l’autorisation parentale permettait à la fois la passation de l’épreuve collective et la passation individuelle du protocole de dépistage. Il en a été de même pour l’acceptation ou le refus de la communication des résultats à l’enseignant : les parents pouvaient accepter ou refuser que le résultat du bilan collectif et/ou individuel soit communiqué à l’enseignant.
Il a été demandé en même temps aux parents de remplir un questionnaire (fichier RTF - 992 Ko) afin de fournir des renseignements pour l’étude scientifique.
Le retour individuel des résultats à tous les parents ayant accepté le dépistage pour leur enfant s’est fait par courrier dès la fin juin. Il a été donné simultanément copie aux enseignants des résultats des enfants dont les parents avaient donné l’autorisation de transmission. La quasi-totalité des parents a donné son accord pour transmettre les résultats à l’enseignant.
Cette possibilité n’avait pas été donnée lors du projet 2000-2001 et nous avait semblé être un frein à la prise en charge des enfants en difficultés.
L’étude de suivi des enfants ayant participé en juin 2001 à l’action de dépistage menée dans les 15 classes de CP d’Issy-les-Moulineaux
Nous avions souhaité observer ce qu’étaient devenus les enfants ayant participé au dépistage 2001-2002 en particulier sur deux points et ce afin de faire une évaluation longitudinale du projet 2001.
- Les enfants sont-ils restés « dans la même catégorie » de difficultés ou au contraire ont-ils « changé de catégorie » et alors dans quel sens ?
- Y a-t-il eu prise en charge dans le système scolaire ou en dehors des enfants repérés en difficultés moyennes ou sévères et dans quelles proportions ?
Compte tenu du fait que l’enquête était anonyme, nous ne pouvions pas uniquement solliciter les parents des enfants ayant participé à l’action de dépistage menée en mai-juin 2001. C’est pourquoi nous avons élaboré un nouveau questionnaire proposé à l’ensemble des parents de CE1 dans les écoles concernées par le dépistage en mai-juin 2001. Ce questionnaire a comporté essentiellement des questions concernant la participation ou non au dépistage 2001 et, dans le cas de participation, la demande des résultats obtenues avec reprise de la même classification (enfant sans difficultés, enfant à surveiller, enfant en difficultés moyennes, enfant en difficultés sévères) ainsi que les prises en charge éventuellement faites dans les deux derniers cas (orthophonie, RASED, autres solutions...).
Le retour des résultats à l’enseignant a été aussi proposé.

Lorsque des troubles ont été décelés, la liste des centres de dépistage de la région parisienne, ainsi que celle des orthophonistes et du CMP de la ville ont été communiquées aux parents. Un contact téléphonique avec Monique Plaza et Dominique Chauvin a aussi été proposé à ces familles. Certaines ont utilisé ce moyen.
Il était prévu que si des troubles d’un autre ordre étaient détectés (surdité partielle, problème psychologique...), le médecin scolaire en serait averti afin de pouvoir prendre contact avec les familles. Contrairement à l’année précédente, nous n’avons pas rencontré cette situation.
Bilan de l’action 2001-2002
Le bilan de l’action 2001-2002 a été officiellement rendu le jeudi 20 mars 2003 au Palais des arts et du congrès d’Issy-les-Moulineaux (PACI) lors d’une soirée de présentation officielle des résultats (lire le compte rendu). Monique Plaza a déjà pu réaliser une étude de validation longitudinale de l’action qu’elle a d’ailleurs publiée 1.

On peut d’ores et déjà constater :
- le maintien et même le renforcement de l’adhésion des parents au projet puisque nous avons eu 94 % (contre 80 % l’année précédente) des parents qui ont donné leur accord au dépistage ;
- le souhait des parents que le résultat de leur enfant soit connu de l’enseignant est quasi unanime (un ou deux refus seulement) ;
- 362 enfants de 18 classes de CP ont passé mi-mai l’épreuve collective dictée par leur enseignant. À l’issue de cette épreuve « filtre » corrigée par les enseignants, 148 enfants parmi les 362 (soit 40 % seulement contre les 50 % prévus) ont passé entre le 28 mai et le 7 juin, afin de vérifier la présence ou non de difficultés, un entretien individuel auprès d’une des 9 orthophonistes hospitalières de la Salpêtrière associées au projet. Dès la fin juin, chaque parent recevait un courrier individuel indiquant les résultats du bilan de son enfant. Les enseignants de CP ont eu dès fin juin 2002 les résultats des enfants de leur classe ;
- sur les 267 enfants dépistés l’an dernier, nous avons pu réévaluer 199 enfants soit 74,5 %. L’épreuve pour les CE1 a été réalisée à la mi-juin. Les enseignants de CE1 ont eu dès octobre 2002 les résultats des enfants de leur classe ;
- plusieurs enfants en difficultés ont été diagnostiqués dyslexiques et ont entrepris depuis une rééducation orthophonique.

En accord avec l’inspectrice de circonscription, Mme Buhler, une intervention de Monique Plaza dans le cadre d’une animation pédagogique du samedi matin a été proposée aux enseignants le souhaitant en juin 2003. Son objectif est de partager avec les enseignants l’expérience vécue et plus particulièrement de s’interroger : « Comment différencier chez un élève une simple erreur de lecture ou de transcription d’un indicateur de trouble d’apprentissage », « Comment un enseignant peut-il prendre en charge dans le cadre de sa classe un enfant ayant un trouble du langage écrit ? » et « École et orthophonistes, comment travailler en complémentarité ? »
En 2002-2003
Le projet reprend tous les objectifs et la même méthodologie que le projet 2001-2002 :
- dépister les troubles d’apprentissage chez les enfants en début d’acquisition de la lecture et de l’orthographe suffisamment tôt, afin de mettre en place une prise en charge scolaire médicale et orthophonique avant que l’enfant ne soit engagé dans la spirale de l’échec scolaire ;
- évaluer avec précision le pourcentage d’enfants atteints de troubles d’apprentissage (la prévalence) ;
- définir l’influence de divers facteurs sur les compétences en lecture et en orthographe des enfants ;
- déterminer, parmi les facteurs associés aux troubles de la lecture et de l’écriture, quels sont les plus significatifs et les plus prédictifs ;
- proposer, à partir de ces analyses, des hypothèses permettant d’affiner les outils d’évaluation et de rééducation ;
- contribuer à préciser les données épidémiologiques.

Nous y introduisons cependant quatre modifications :
- vu la totale adhésion des parents concernant le retour des résultats aux enseignants, il ne sera plus donné aux parents la possibilité de refuser le retour des résultats à l’enseignant de leur enfant du moment que l’autorisation de dépistage aura été accordée, ceci dans le but d’alléger les procédures ;
- par ailleurs, nous proposons de poursuivre l’étude longitudinale avec les enfants qui ont bénéficié du dépistage en CP (en 2001), et d’une réévaluation en CE1 (en 2002). Une épreuve collective écrite sera donc conçue par le chercheur Monique Plaza pour les CE2. L’épreuve collective est évidemment maintenue aussi pour les CE1 ayant participé l’an dernier au dépistage en CP ;
- dans le souci d’affiner encore le repérage et à la demande de Mme Buhler, inspectrice chargée de la circonscription, l’épreuve collective en classe de CP comportera des épreuves de lecture en plus des épreuves de transcription déjà existantes ;
- afin de pouvoir faire un meilleur étalonnage, nous souhaitons avoir la possibilité de tester en bilan individuel quelques enfants particulièrement performants. Nous demanderons donc aux enseignants qu’ils nous proposent quelques-uns de leurs « bons élèves ».

L’association de parents PEEP, comme l’an passé, se propose d’être le vecteur de communication auprès des parents de toutes les écoles concernées, de l’éducation nationale, de la municipalité, des orthophonistes locaux, ainsi que des associations d’accompagnement à la scolarité d’Issy-les-Moulineaux.
Elle organisera les réunions d’information nécessaires auprès de tous les partenaires cités ci-dessus.
Elle se chargera d’éditer et de distribuer des documents et d’organiser des réunions d’information dans les écoles, avec l’équipe enseignante et les parents des enfants qui bénéficient de ce dépistage.
À l’échelle de la ville, la PEEP se propose à nouveau d’organiser une soirée-débat en 2004 pour présenter les résultats globaux de cette recherche.
Enfin, la PEEP d’Issy-les-Moulineaux, association loi 1901 à but non lucratif, exclusivement animée par des bénévoles, n’est pas en mesure d’assumer les frais à engager.
Elle recherchera donc tous les partenaires financiers susceptibles d’apporter les fonds nécessaires au bon déroulement des opérations.

Par ailleurs, nous craignons toujours que certaines familles hésitent à répondre positivement à l’action de dépistage. Nous voyons deux explications à cela :
- la demande d’autorisation de dépistage est communiquée par écrit, or ces familles sont parfois illettrées ou de langue étrangère et donc peuvent ne pas comprendre l’enjeu de l’action ;
- l’obligation de signer un document peut faire peur à ces mêmes familles qui craignent qu’à l’issue du test, leur enfant se voit orienté ailleurs ou rejeté du système scolaire ordinaire.

Aussi les contacts ont déjà été repris comme lors du précédent projet avec l’ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) d’Issy-les-Moulineaux, association qui utilise des bénévoles parlant la langue native de ces parents. Cette association, grâce aux liens de confiance établis, nous permet d’avoir un meilleur retour chez certaines familles de niveau socio culturel faible qui fréquentent l’association dans le cadre du projet d’alphabétisation et de l’aide aux devoirs.

Le partenariat mené l’an passé sur ce projet avec l’ASTI a reçu un très bon accueil de la part des responsables de cette association et nous a semblé très positif. Nous le reconduisons dans le même esprit.
LE BILAN
Quels types d'actions sont mis en place lorsque des troubles sont détectés ?
Les parents et les enseignants reçoivent fin juin un courrier donnant les résultats avec des recommandations. Si l'enfant est classé en difficultés moyennes ou sévères à l'issu du bilan de dépistage, les parents sont encouragés à faire un bilan orthophonique complet auprès des orthophonistes de la ville, du CMP ou d'un centre référent. Un suivi orthophonique peut s'ensuivre. Mais certains parents avertis ne réagissent pas. Pour les enfants classés « à surveiller », le conseil est un appel à la vigilance de l'enseignant et des parents. Nous avons remarqué que l'appel à la vigilance a un bon effet : il mobilise l'attention du parent et de l'enseignant. Le suivi qui est ensuite fait en CE1 permet de faire le point l'année suivante.

Les enseignants recevant fin juin le profil de leur classe, certaines équipes pédagogiques utilisent cette connaissance pour organiser les classes de CE1.

La connaissance de l'effectif des enfants en difficultés sur les différentes écoles de la ville devrait permettre de mieux adapter les moyens aux besoins réels : adaptation du temps d’intervention du RASED, PAL (plan d'action pour la lecture), projet d'école...
Les jeunes enseignants de CP apprécient l'épreuve collective corrigée par eux-mêmes qui leur permet de juger de l'efficacité de leur méthode : une enseignante dit avoir repris certains points d'apprentissage en fin d'année après avoir remarqué qu'une erreur avait été répétée par un grand nombre d'enfants. Certains s'aperçoivent que leur progression en lecture ne favorise pas la réussite au test collectif proposé et s'interrogent sur leur progression (ou sur l'épreuve !). Dans tous les cas il semble que, surtout pour les jeunes enseignants, le dispositif suscite un questionnement par rapport à l'efficacité de l’enseignement. La plupart d’entre eux profitent de la présence des orthophonistes dans leur école pour partager des expériences à la lumière d'une approche orthophonique. Les orthophonistes ont pu constater que les enseignants qui développent beaucoup « la conscience phonologique » et les pseudo-mots obtiennent globalement des résultats meilleurs dans tous les items et on peut même supposer qu'ils font changer les enfants de « catégorie » : un enfant en difficultés moyennes dans une école deviendrait ainsi un enfant à surveiller ; un enfant en difficultés sévères devient un enfant en moyennes difficultés.

Nous pensons pouvoir continuer en accord avec l'inspectrice ce partage d'expérience dans le cadre d'une animation pédagogique à laquelle participeraient des orthophonistes de la Salpêtrière associés au projet.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter :
- l'article « Validation longitudinale d'un outil de dépistage des troubles du langage écrit : étude d'une cohorte d'enfants dépistés en fin de CP et réévalués en fin de CE1 » (fichier PDF - 120 Ko), paru dans Glossa, n° 81, septembre 2002, et mis en ligne sur le site avec l'autorisation de Monique Plaza et de la rédaction de la revue.

Martine Rousseau, présidente de l'association PEEP d'Issy-les-Moulineaux
membre de l'association Avenir Dysphasie
Mise à jour septembre 2005.

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