Bien Lire  
.Liens Nouveautés du site, Plan du site, Contact
Page Actualités Atelier
Page Atelier
Page Médiathèque
Page Syndicat d'initiative
Page Échanges
Charte pour un atelier d’écriture
 


Auteur : La Ligue de l’enseignement
Niveau : collège - école primaire
Contact : cseassau@laligue.org

Le document qui suit est le résultat du travail du groupe national lecture écriture de la Ligue de l’enseignement qui réunit les fédérations les plus engagées dans ce domaine, et s’appuie sur leur expérience. Elle doit beaucoup en particulier au CRÉAL (Centre de ressources national pour l’écriture et les arts du livre), situé à Saint-Brieuc.
Sa vocation est multiple :
- nous l’avons appelée « charte » pour dire qu’elle est le cadre déontologique de notre mouvement en termes de politique culturelle ;
- elle s’adresse à tout acteur du livre, de la lecture et de l’écriture, comme base de réflexion ou comme cadre d’action ;
- elle est un outil pour expliquer notre démarche lorsque nous entrons dans un partenariat à l’occasion de l’une de nos actions impliquant un atelier.

Cyril Séassau
Chargé de mission,
secteur culturel
Ligue de l’enseignement


La Ligue de l’enseignement promeut une éducation artistique fondée sur des pratiques artistiques et culturelles au service de l’émancipation de la personne tout au long de sa vie. Les pratiques de lecture et d’écriture reposent sur un enjeu majeur : l’accès aux signes qui régissent la société.

La pratique des ateliers d’écriture garantit une rencontre entre des amateurs et des professionnels, sur le principe d’un aller-retour entre l’individu et le groupe, la part d’intime de chacun et le caractère universel d’une démarche culturelle.
Un atelier d’écriture propose d’expérimenter 
- l’accès à un espace imaginaire par un acte qui met en jeu l’émotion et la capacité d’invention des écrivants ;
- la rencontre de la littérature à travers des œuvres et des écrivains ;
- un processus de création avec ce qu’il comporte de prise de risque et de plaisir ;
- un rapport à la littérature par le plaisir de lire et d’écrire.
Un projet culturel
L’ensemble d’un projet s’articule entre :
- le temps des pratiques culturelles (connaissance des œuvres, fréquentation des lieux et des métiers du livre, de tout acteur de l’édifice culturel autour du livre) qui encadrent et soutiennent ;
- le temps de pratique artistique de l’atelier d’écriture proprement dit.

Un projet d’atelier d’écriture est l’affaire de tous les acteurs de la chaîne du livre sur un territoire : les auteurs (écrivains, illustrateurs, …), les artisans du livre, les éditeurs, les libraires et médiateurs du livre (bibliothécaires, enseignants, éducateurs, animateurs, ...). L’un d’entre eux, porteur du projet, en est le maître d’œuvre.

L’enseignant, l’animateur ou le bibliothécaire est garant du processus éducatif et culturel : c’est le maître d’ouvrage.
L’auteur est garant de l’expérience du processus de création : il est le maître d’atelier durant tout ou partie du projet.

Ces partenaires s’accordent sur :
- une articulation entre le temps des pratiques culturelles et celui de l’atelier proprement dit ;
- un projet littéraire associant un groupe d’écrivants et un auteur sur une durée qui garantit son développement ;
- une proposition d’écriture d’invention et une forme de production retenues comme objet de l’atelier ;
- une circulation, voire une socialisation, des traces du chemin parcouru.
Une pratique artistique en atelier
Dans un atelier d’écriture constitué en groupe d’échanges, chaque écrivant est sollicité pour produire du texte, le partager par des lectures et le faire évoluer.
Quel que soit l’objet de l’atelier, l’écrivant est amené à mettre en œuvre sa propre liberté d’écrire.
Que l’écriture soit individuelle ou collective, le groupe fonctionne sur le principe de solidarité, par le biais d’une écriture toujours adressée et d’une lecture toujours partagée.
La mise en écriture, ou comment commencer
Il faut que soient réunies les conditions propices à cette entrée dans la fiction :
- un lieu, lieu de l’atelier, de la fabrique ;
- un maître d’atelier (l’écrivain, l’illustrateur, l’auteur) ;
- des opportunités d’écriture.

Ces dernières :
- sont proposées par l’auteur (jeux d’écriture, contraintes de formes, de sens...) ;
- découlent de la situation créée : scénographie de l’atelier, mise à disposition de livres, lectures… ;
- sont recherchées (visites d’expositions, contact avec la nature...) ;
- sont issues du croisement avec d’autres champs artistiques (photographies, objets, tableaux, vidéos…).

Chaque écrivant est sollicité personnellement dans ce temps de travail individuel. On produit sans attendre. On s’entre-lit dans le collectif de fabrication, on vérifie, on débat.
On apprend à recomposer et à complexifier progressivement.
Les commentaires qui suivent les lectures (de la part du maître d’atelier, des autres participants) ne sont ni des jugements sur le propos ni des appréciations sur la « qualité » mais plutôt des références à la littérature, des mises en écho d’un texte par rapport à un autre, pour que chacun perçoive la diversité des réponses possibles face à une même situation d’écriture.
La réécriture, ou comment continuer
La première étape de l’atelier a pour but de conforter les participants dans l’idée qu’il est possible d’écrire, de faire chemin avec la pratique d’écriture.
Dans un second temps, le maître d’atelier va proposer de nouvelles contraintes pour amener les participants à déstabiliser leur première production.
C’est dans ce mouvement perpétuel stable-instable que chacun va aller plus loin sur le chemin de l’écriture, de son écriture.

Les gestes correcteurs :
- après l’étape d’amplification du texte, apprendre la concision ;
- observer les textes des auteurs, les tissages qu’ils génèrent, conscients ou inconscients ;
- en déduire des pistes de travail liées au potentiel du premier texte écrit (se fixer ses propres règles de réécriture : univers de nombre, couleurs…).
La finalisation ou comment terminer
Un texte peut toujours être retravaillé.
L’écrivain trouve sa limite temporelle face à l’objectif de dépôt du texte à l’éditeur.
Dans le cadre de l’atelier, il faut admettre et faire admettre qu’à un moment donné, l’expérience collective et individuelle de l’atelier a atteint sa limite.
Cette limite est souvent imposée par la disponibilité de l’auteur et le budget, mais aussi par le postulat de départ : un atelier d’écriture n’est pas une école d’écrivain. C’est une expérience de création littéraire.
Dès lors se pose la question de l’objectif que l’on se donne. Il convient de marquer la fin du parcours.
Quels modes de finalisation pour les textes écrits ?
Il faut qu’il y ait trace, valorisante, de ce parcours exceptionnel. Et que son usage découle d’une décision négociée dans le groupe : lecture pour d’autres en petit comité, lecture publique lors d’un événement, édition artisanale individuelle ou destinée à des lieux de lecture publique ou de manifestation autour du livre…

La Ligue de l’enseignement
Secteur culturel
3 rue Récamier
75341 Paris cedex 07

Contact : Cyril Séassau


Mise en ligne en avril 2004.

Acteur ou témoin, vous pouvez réagir

Retour à la liste

 
Haut de page
Copyright CNDP
Nouveautés du site Plan du site Contact Partenaires Mentions légales Crédits