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Le dépistage précoce des troubles de la lecture et de l’orthographe


  
Compte rendu de la soirée-débat du jeudi 20 mars 2003
« Le dépistage précoce des troubles de la lecture et de l’orthographe : un moyen pour prévenir la souffrance des enfants. »


C’est dans une salle pleine au Palais des arts et du congrès d’Issy-les-Moulineaux que s’est déroulée la soirée-débat sur cette expérience pilotée par l’Association PEEP et menée, depuis 3 ans, dans des CP de cette ville, avec le chercheur Monique Plaza et les orthophonistes du Centre référent langage de la Salpêtrière.

Martine Rousseau, présidente de l’Association PEEP d’Issy-les-Moulineaux et membre d’ Avenir Dysphasie, axe bien cette initiative dans le sens du repérage d’un trouble d’apprentissage (domaine de la santé) et non dans celui d’une évaluation du niveau des enfants du CP (compétence de l’enseignant).
Subventionnée par la ville, la DDASS, le Conseil général et la PEEP, l’opération porte actuellement sur la moitié des écoles élémentaires. Elle reçoit l’adhésion de presque tous les parents concernés et sera proposée à toutes les écoles en mai-juin 2003.

Philippe Knusmann, maire adjoint à l’Éducation rappelle le désir de la municipalité de voir se pérenniser cette action dont il souligne l’efficacité et la réponse à un vrai besoin. Il replace le rôle de la ville dans son action globale autour des écoles et des animations ainsi que dans son soutien aux initiatives jugées pertinentes.

Viviane Buhler, inspectrice de l’Éducation nationale, rappelle que dès la petite section de maternelle, les enseignants évaluent la langue orale chez le jeune enfant. Après avoir signalé l’insuffisance des connaissances actuelles des troubles des apprentissages, elle reconnaît la difficulté de construire une formation : la dyslexie n’est pas pour l’instant au programme des IUFM. Elle réaffirme son soutien au projet et montre son intérêt pour cette recherche longitudinale qui devrait permettre de reconnaître les indicateurs relevant du soin et ceux relevant du pédagogique.

Puis, Monique Plaza et Dominique Chauvin présentent le bilan de l’action 2001-2002.
« 369 enfants ont été dépistés : « sans difficultés » (60,8 %), « à surveiller » (17,6 %), « avec difficultés moyennes » (15,4 %), « avec difficultés sévères » (6,2 %).
Les résultats obtenus en 2002 correspondent à ceux de 2001 : environ 20 % d’enfants qui, en fin de CP, auraient un retard de langage écrit accompagné de difficultés cognitives et linguistiques.
44 des 56 enfants présentant des difficultés moyennes et 13 des 20 enfants présentant des difficultés sévères n’étaient pas suivis (en orthophonie et/ou dans le cadre scolaire). Le dépistage a donc permis à 75 % de ces enfants en difficultés d’être dépistés.
Un retard n’est pas nécessairement une pathologie. Mais, la difficulté à lire et à écrire est un facteur de découragement chez un enfant qui peut le conduire à adopter des stratégies compensatoires inadéquates qui entravent ses apprentissages. »
La salle composée à la fois de professionnels de santé, de représentants d’associations, d’enseignants et de parents, s’est ensuite exprimée.

Cette action est une grande avancée qui doit maintenant s’inscrire dans une volonté commune de tous les partenaires intervenant depuis la maternelle jusqu’au collège. Il reste à créer au sein de l’Éducation nationale des structures pour accueillir les enfants en sévères difficultés (CLIS et UPI), et à former les enseignants aux méthodes qui facilitent l’apprentissage des enfants en trouble moyens et légers, de manière à relayer en classe le travail de rééducation mené en parallèle.