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La dyspraxie


  
La dyspraxie est le handicap caché ou le syndrome de l'enfant maladroit. La dyspraxie affecte chaque enfant de manière différente, selon qu'il ait ou nom des troubles associés (langage oral, hyperactivité…), cependant voici les manifestations les plus courantes.

L'enfant conçoit bien les gestes mais n'arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse, il montre une grande maladresse et toutes ses réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes.

Le Dr Mazeau donne l’explication suivante :
« Du fait d'une atypie de son développement neurologique, l'enfant est anormalement maladroit :
- soit globalement (course, saut, sports…) = TAC : trouble de l'acquisition de la coordination. Le déficit essentiel se situe au niveau du mouvement ;
- soit spécifiquement pour certains gestes précis = dyspraxie, en particulier le graphisme (d’où les problèmes scolaires importants), le découpage, collage, habillage… Dans ce cas, le trouble du geste s'accompagne souvent d'une dyscalculie spatiale.
Ces gestes sont ceux qui nécessitent un enseignement explicite, un apprentissage à partir d'essais, d'erreurs, après un entraînement la praxie devrait être construite. »
Un enfant dyspraxique n'arrivera pas à inscrire cérébralement certaines praxies correspondant à certains gestes spécifiques en dépit d'un apprentissage habituel. « Ses gestes resteront malhabiles, fluctuants, voire ratés, et en plus réalisés sous un contrôle attentionnel qui entraîne une grande fatigue. »

Qu'est ce qu'un enfant dyspraxique ? :
• il est maladroit : tout ce qu'il touche se renverse, se casse, tombe, se déchire ;
• il a besoin d'aide pour s'habiller, pour se laver, s'essuyer... ;
• il mange lentement, « salement », il n'arrive pas à couper sa viande, ni à éplucher les fruits ;
• il a du mal à retrouver ses affaires, à ranger, à s'organiser, il oublie son cartable… ;
• il n'aime pas jouer aux jeux de constructions ou d’emboîtement, il a du mal à apprendre et à suivre les règles des jeux (il en invente d'autres...) ;
• il a beaucoup de mal à écrire (dysgraphie), ses dessins sont pauvres, souvent qualifiés d'immatures ; il progresse avec le temps mais de façon insuffisante, et ne peut suivre « en écriture » à l'école ;
• il ne peut réaliser les figures attendues en fonction de son âge ;
• il préfère écrire en lettres bâtons (mais ne peut tracer les obliques) ;
• il n'accède que très difficilement à l'écriture cursive ou liée ;
• il est lent, malhabile, le résultat de son travail est peu lisible, grossier, sale, brouillon, chiffonné ;
• il ne peut se servir d'une règle, d'un compas, d'une gomme, d'une paire de ciseaux ;
• il est facilement distrait et a du mal à se concentrer en classe, il oublie les instructions et consignes ;
• il a du mal à envoyer et à attraper un ballon, il lui est difficile de pédaler, il préfère pousser avec les pieds, et ne peut faire de vélo sans stabilisateurs ;
• il a des problèmes de tonus musculaire, par exemple : il a du mal à fermer les portes...

Troubles dus au TAC :
• il court de façon désordonnée, n'arrive pas à coordonner les bras et jambes quand il nage ;
• il a parfois du mal à marcher, surtout en terrain accidenté (forêt, montagne, sable…) ;
• il se cogne souvent, se prend les pieds dans les obstacles, tombe et a souvent des « bleus » ;
• il descend les escaliers avec difficultés ;
• il saute difficilement, a du mal à s'équilibrer sur un pied : il n'arrive pas à sauter à cloche-pied.
Mais :
• c'est un enfant vif, intelligent, beau parleur, il aime participer aux conversations des grands (quand il n'y a pas de dyspraxie bucco-faciale associée) ;
• il adore les récits et histoires, il invente des jeux de rôle élaborés, il connaît beaucoup de choses et a une culture générale étendue (il pose sans cesse des questions) ;
• il a une excellente mémoire, apprend avec plaisir et efficacité.

La dyspraxie affecte chaque enfant différemment. De ce fait, tous les enfants sont uniques et n'éprouvent pas les mêmes difficultés. De plus, avec les rééducations et avec le temps, leurs performances s'améliorent : certains arrivent à écrire, ils s'habillent de plus en plus facilement. Certains n'ont aucun problème de « motricité globale », font du sport (ski, vélo…) mais auront plus de problèmes au niveau de la « motricité fine » ou au niveau des stratégies visuelles.
Certains auront des troubles au niveau de la bouche (oro-bucco-facial) : souffler, siffler, mâcher, déglutir, articuler. Ils peuvent continuer à baver.
L’enfant peut avoir des problèmes au niveau du langage oral (= dyspraxie de la parole) : il parle tard, il prononce ou articule mal, on le comprend difficilement.
Il parle mal car il a des difficultés à planifier, automatiser les séquences de gestes phonatoires.