Les activités culturelles comme facteurs de socialisation et de développement personnel


Les jeunes suivis par les services de la protection judiciaire de la jeunesse n'ont bien souvent pas rencontré les conditions qui leur auraient permis, dès la petite enfance, de construire des relations positives aux autres, de prendre pied sereinement dans le monde et de s’engager dans les apprentissages nécessaires à une bonne socialisation et à un développement personnel harmonieux. Pour ces jeunes qui considèrent avec appréhension, voire méfiance, tout ce qui ne fait pas partie de leur environnement habituel, l'accès à la culture ou à une pratique culturelle ou artistique représente un acte éducatif majeur.

C’est pourquoi les services de la protection judiciaire de la jeunesse développent des projets ambitieux dans le domaine de l'action culturelle, avec une grande exigence de qualité qui amène à faire appel à des intervenants professionnels et à travailler avec les équipements culturels locaux, souvent en lien avec les DRAC : maisons de la poésie, musées, médiathèques, centres de culture scientifique…
Ces collaborations permettent à des jeunes de participer, en tant que spectateurs ou acteurs, à différentes manifestations organisées autour du théâtre, du cinéma, de la musique….

Par ailleurs, considérant que les grandes œuvres de notre culture favorisent l’accès à la dimension symbolique et permettent que les questionnements et les inquiétudes de chacun deviennent partageables, certaines équipes ont fait le choix d’ancrer leurs pratiques pédagogiques et éducatives sur des questions ambitieuses qui traversent les préoccupations de tous les hommes, à travers toutes les époques, telles que les questionnements de la philosophie, les grandes lois physiques, l’évolution des sciences et techniques, l’histoire des hommes….
Comme l’explique Philippe Mérieu : « Il s’agit d’articuler, en un mouvement créateur d’humanité, l’intime et l’universel, l’histoire singulière de chacun et les trésors de notre culture. »

Ainsi, avec ces jeunes en situation grave d’échec scolaire, voire en refus d’apprentissage, pratiquer d’emblée une pédagogie de « comblement des lacunes » fondée sur la répétition des apprentissages, apparaît peu opérant. Il semble plus profitable dans un premier temps de les entraîner dans des « aventures culturelles », littéraires, théâtrales, musicales, scientifiques, technologiques qui les mobilisent fortement et leur permettent de reprendre confiance en eux. Ils découvrent ainsi que la langue, les mathématiques, les sciences, les arts, ne se réduisent pas aux programmes scolaires dans lesquels ils ont toujours échoué.

Plus concrètement, monter un spectacle, observer le ciel, réaliser une émission de radio, vivre un atelier d'écriture, construire un objet technique, s'initier aux nouvelles technologies de l'information et de la communication… sont autant d'occasions de travailler sur les savoirs de base, d'inscrire l'activité dans l'histoire du monde et de l'homme qui essaie de le comprendre et ainsi, de faire entrer des jeunes dans des processus de socialisation et de développement personnel.
Juillet 2003
Contact : Dominique Brossier
Bureau des méthodes de l’action éducative
Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse
dominique.brossier@justice.gouv.fr



© CNDP       http://www.bienlire.education.fr