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Interview

Jean Ferrier, inspecteur général de l'éducation nationale, est interrogé par Le Monde sur la prise en compte par les enseignants des différences de niveau entre les élèves. Pour Jean Ferrier, toute classe devrait être considérée comme une classe à cours multiples.



Pourquoi l'éducation nationale ne prend-elle pas mieux en compte les différences entre les élèves ?
L'école ne différencie en effet pas suffisamment ses objectifs et ses attentes en fonction des élèves. Il existe bien des travaux en ateliers en maternelle, mais cela ne suffit pas. La loi d'orientation de 1989 a tenté d'apporter une réponse par la mise en place des cycles. L'idée était alors de raisonner sur trois ans et plus seulement sur l'année scolaire, et de développer l'évaluation pour mieux prendre en compte l'hétérogénéité des élèves. Dix ans après, on est, le plus souvent, resté à la classe idéale des années 1960 : un maître, un local, un groupe d'enfants supposés du même âge. Or, dans une classe, il y a plusieurs niveaux ; il devrait y avoir plusieurs progressions selon la maturité des élèves.

Le redoublement peut-il constituer une solution ?
Que des élèves mettent plus ou moins de temps pour faire leurs études à l'école primaire n'a pas une importance primordiale. Mais le redoublement qui consiste à faire refaire à l'identique à l'élève ce qu'il a fait l'année précédente a le plus souvent une efficacité faible ou nulle.
La difficulté scolaire, même provoquée par des exigences momentanément trop élevées, et sa conséquence fréquente qu'est le redoublement sont souvent vécues comme une humiliation par les élèves et par leurs parents. C'est la raison pour laquelle il faut pratiquer autrement : un élève peut avoir besoin de quelques semaines ou mois supplémentaires pour assimiler ce qu'il a appris et pour aborder des savoirs plus exigeants. À l'école de lui laisser ce temps et de gérer cette hétérogénéité.

La prise en compte des différences d'âge doit-elle amener l'école à accepter que des élèves sautent des classes au primaire ?
Le système éducatif est réticent à l'idée que les élèves prennent un an d'avance. Sans aucun doute, un peu plus d'élèves pourraient effectuer leur scolarité plus rapidement. Est-ce important ? L'essentiel est que ces élèves soient, dans la classe où ils se trouvent, suffisamment « alimentés » pour ne pas s'ennuyer. Il n'y a pas plus de raison de retenir un élève qui pourrait faire plus que d'exiger trop d'un enfant plus jeune. Toute classe de l'école primaire devrait être considérée comme une classe à cours multiples : l'homogénéité des élèves d'une même classe, sous prétexte qu'ils sont nés la même année, est un leurre.

Propos recueillis par Luc Bronner
Extraits de l'interview parue dans Le Monde du 25 février 2003
Jean Ferrier est également l’auteur d’un rapport Améliorer l’efficacité de l’école primaire paru en 1998

Vous pouvez en consulter trois extraits :
L'évaluation : comprendre pour aider
Des formes d’activités et des rôles variés
Une implication réfléchie dans des projets éducatifs locaux


Mise en ligne en septembre 2003.

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