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Comment l’enfant devient élève : les apprentissages à l’école maternelle
 


Amigues René/Zerbato-Poudou Marie-Thérèse, Retz, 2000, 207 p.


La forme scolaire a des effets sur le processus de socialisation scolaire et le rapport au savoir que va élaborer l’enfant. Comment cette forme scolaire a-t-elle évolué dans le temps ? Comment se traduit-elle, à l’école maternelle, dans les pratiques pédagogiques et les dispositifs mis en place ? Avec quelles conséquences ?
Une première partie de l’ouvrage étudie l’évolution des formes de scolarisation de la petite enfance depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.
Une seconde partie, en s’appuyant sur l’analyse de situations quotidiennes de classe, observe la manière dont sont mises en scène les situations pédagogiques, s’interroge sur la façon dont l’école s’y prend pour instaurer, dès la maternelle, un rapport aux savoirs et un mode de socialisation scolaire. Pour les auteurs, l’enfant devient élève « parce qu’il est enseigné et assujetti à une institution qui s’efforce de faire que les contraintes se transforment en ressources ». Il apprend et se construit d’abord dans le milieu-classe, à travers une expérience collective et partagée.
Une troisième partie pose la question de l’apprentissage premier de l’écriture à l’école maternelle et étudie le rapport que les activités graphiques entretiennent avec l’écrit.
Les auteurs rendent compte de manière détaillée d’une recherche-action, menée avec des enfants de 3-4 ans d’une école située en ZEP, afin de favoriser l’apprentissage premier de l’écriture et de s’approprier les règles de fonctionnement de cet objet social, ce qui est différent de la centration sur le tracé des formes.
À la suite des travaux d’Emilia Ferreiro, ils pensent que les entraînements moteurs ne sont pas des préalables pour l’apprentissage premier de l’écriture. L’activité de l’enfant doit s’inscrire dans « un contexte porteur de sens pour l’écriture », l’exécution de tracés doit être finalisée. Il ne doit pas se focaliser sur les aspects formels de l’écrit, mais sur son mode d’organisation, sur l’étude de son fonctionnement et sur l’analyse de ses propres procédures.
Enfin, l’apprentissage de l’écriture n’est pas une activité individuelle mais un véritable processus social qui va de la construction collective (par la confrontation dans un petit groupe d’enfants des procédures d’exécution et des résultats de l’action) à l’appropriation individuelle. Il s’agit enfin d’objectiver les contenus, de les rendre lisibles en séparant l’accessoire de l’essentiel, afin que les élèves identifient les finalités de la tâche, et d’établir des liens sociaux entre l’enfant et l’écrit, de socialiser les activités et les savoirs.

Voir aussi : Zerbato-Poudou Marie-Thérèse. Rôle du contexte dans l’apprentissage premier de l’écriture à l’école maternelle. Repères, n° 18, 1998, pp. 113-122.

Centre Alain Savary (INRP)

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