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J’enseigne depuis 30 ans en collège |
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J'enseigne depuis plus de 30 ans en collège et ce n'est qu'il y a deux ans que j'ai eu la chance de rencontrer une maman d'enfant dyslexique qui fait partie d'une association de parents d'enfants dyslexiques et qui vient obstinément à chaque rentrée rencontrer les nouveaux professeurs de son enfant pour leur expliquer ses façons de procéder.
J'engage vivement les parents à agir de même.
J'ai du mal à faire entendre mon point de vue à mes collègues quand ils me disent que ce n'est pas parce qu’il est dyslexique qu'il a le droit de se dissiper.
Le droit, non, mais des raisons, oui. Une batterie surchauffée conduit à des fonctionnements aberrants.
Une accumulation de consignes, par exemple, finit par lasser des élèves de sixième avant Noël.
Une formation ? J'ai demandé un stage court l'an dernier mais je n'ai obtenu aucun stage l'an passé. Je ne capitule pas.
Sophie Pedelabat, professeur de lettres modernes
6 décembre 2003
Je voudrais apporter mon témoignage au message de cette enseignante. Je vis actuellement une situation très dure devant l'incapacité de se faire entendre.
Je prends soin d'effectuer la démarche évoquée par cette internaute - je dirai ce parcours du combattant - chaque année.
Pour l'année scolaire 2002-2003, l'enseignant a été très réceptif à mes informations et mes demandes (je lui ai donné un dossier complet sur la dyslexie), nous avons travaillé en parfaite harmonie. Résultat bonne année scolaire, enfant content d'aller à l'école, motivé, malgré ses difficultés.
Cette année, même démarche dès les premiers jours de la rentrée, j'ai compris à ce moment comment allait se passer l'année...
Début octobre, à nouveau rencontre avec l'enseignant voyant les problèmes s'accumuler : en résumé fin de non recevoir : « je n'ai pas que K... à m'occuper... et K... ne doit pas se retrancher derrière son handicap ». Handicap ou pas, tout le monde pareil.
Janvier dernier, je sollicite une réunion (prévue par les instructions de l’éducation nationale) avec le directeur, le médecin scolaire, l’orthophoniste, l'enseignant et moi-même, espérant arriver à une prise en charge normale et une cohérence de l'action de tous les partenaires : résultat nul devant le nouveau refus de s'impliquer plus, passivité des autres personnes sauf de la part de l'orthophoniste.
Aujourd'hui, malgré un soi-disant allègement à l'école mais pas à la maison, mes demandes qui avaient été gagnantes l'année dernière ne sont absolument pas prise en compte.
Aujourd'hui, nous en sommes au stade qu'il est à l'école « insupportable » (dixit l'enseignant) et sans changement, à mon avis cela ne va pas s'arranger malheureusement (stade évoqué dans le message de l'internaute).
Ce qui me semble encore plus grave, l'enseignant le traite de « dégradant », ce qui pour une personne en échec est très difficile à vivre surtout devant ses petits camarades.
Exemple de ces derniers jours : l’enfant ayant bien fait un devoir, son enseignant lui a demandé s'il était tombé dans la potion magique ! Dans un autre contexte cela aurait pu prêter à rire, dans son cas pas du tout, un bon éducateur aurait utilisé ce moment privilégié pour le mettre en valeur et le faire progresser. Comment appelle-t-on cela ?
Résultat de tout cela, lors de la visite au centre référent qui a confirmé une dyslexie « assez sévère » avec une dyscalculie associée, un niveau intellectuel normal, ce médecin a aussi diagnostiqué « une altération impressionnante de l'estime de soi qui entraîne une grande fragilité face à l'échec et au risque majeur de découragement et de démotivation ».
Je me demande comment il fait pour aller encore à l'école sans trop de difficultés.
L'on pourrait écrire des pages et des pages...
Outre les 2 heures d'orthophonie par semaine, une année de perdue, je suis maintenant dans l'obligation de trouver un psy... qui va payer cette charge supplémentaire ?
Sur qui s'appuyer dans ce genre de difficultés ?
Quel sont les bons intervenants ?
Jusqu'où aller dans la démarche pour obtenir satisfaction sans que l'enfant n'en subisse d'éventuelles conséquences ?
JE ME SENS BIEN SEUL.
Je me tiens à votre disposition pour toute informations supplémentaires, contactez moi à l'adresse jeatrill@free.fr
Jean-Michel Trillaud
30 mars 2004
Bonjour,
Je suis aussi maman d'un enfant dyslexique qui passe en 3e.
Bravo, Madame, encore une preuve que tous les enseignants ne sont pas obtus.
Les mystères du cerveau en particulier et de la médecine en général sont immenses. Nul ne les maîtrise.
Aux parents qui se sentent seuls et désemparés, je leur dis simplement ne baissez pas les bras, surveillez la moindre évolution de votre enfant. Encouragez-le à chaque instant, pour toutes les choses de la vie scolaire ou non. Il a assez d'échec, un enfant qui est soutenu se sent reconnu.
Quand le diagnostic de dyslexie a été posé sur notre fils, il était heureux, soulagé : ON allait le soigner et donc IL allait guérir. Non, ça n'était que le début d'un long chemin semé d'embûches et loin d'être monotone. Ses deux questions : « Pourquoi, je ne peux pas guérir ? » et « Qu'est-ce qu'on va faire ? »
Les seules réponses simples que j'ai trouvées à l'époque (il n'avait que 7 ans et déjà 2 ans d'orthophonie) : « C'est vrai ; les myopes portent des lunettes, pour d'autres maladies nous prenons des cachets, mais pour un dysfonctionnement du cerveau, les chercheurs n'ont rien trouvé. Aucun appareillage, aucune pilule ne s'achète. »
« On va se battre M., tout simplement. Tu as la vie devant toi, alors nous allons foncer ensemble. Avec tous ceux qui le voudront. L'Éducation nationale, les services médicaux, la famille bien sûr. Mais attention M., nous ne pourrons rien faire sans toi. Tu es le pilier de la tour, si tu t'effondres, plus rien ne tient. »
Bien entendu il y a eu des hauts et des bas de tous les côtés, et maintenant c'est un ado avec ses problèmes. NOUS l'avons toujours TOUS encouragé, même pour une mauvaise note, on cherche ce qui a marché et ce qui n'a pas marché et on continue. C'est un travail de titan, M. est plein de volontés et de projets scolaire, extra scolaire et professionnel.
Il n'est pas nul, il a une difficulté.
Tout le monde ne sera pas président de la République.
Odile Batton
20 août 2004
Bonjour,
Je suis la maman d'un enfant dyslexique de 12 ans qui redouble sa 6e. Ce redoublement lui a été proposé en raison de ses grandes difficultés et sa dyslexie était reconnue et plus ou moins prise en compte. Il suit depuis plusieurs mois la rééducation DAVIS qui donne d'excellents résultats. Cette année, il a malheureusement une prof de maths totalement hermétique à la dyslexie et qui l'a complètement découragé alors qu'il envisageait sereinement cette nouvelle 6e. En quelques semaines, il est devenu agressif et même violent. L'orthophoniste m'a alerté sur son mal-être que j'avais déjà remarqué. Elle a souhaité que je l'adresse à une psychologue qui m'a demandé de le retirer immédiatement du collège car il est atteint d'une véritable phobie scolaire. Cette professeur est désolée de ce qui se passe mais elle n'est pas prête à se remettre en question. Je suis extrêmement en colère contre le système scolaire qui ne me donne maintenant aucune autre solution que d'arrêter mon travail car les profs eux n'ont pas fait normalement le leur.
Isabelle Pacaud
6 décembre 2004
Bonjour,
Je viens de prendre connaissance de tous les différents messages de parents qui ont, comme moi, un enfant dyslexique.
Mon fils, 16 ans, a suivi des séances d'orthophonie en CP, CE1 et CE2, ensuite STOP ! Classe de 6e très moyenne, 5e, 4e et 3e, une catastrophe ! Durant l’année de sa 3e, « ayant mis de côté sa dyslexie » dans ma petite tête, je lui fais prendre des cours particuliers de français. Je tombe sur une femme absolument adorable qui m'appelle un jour, catastrophée, et me dit de faire un bilan chez une orthophoniste, ce que je fis. Le résultat tombe : dyslexie-dysorthographie et tout ce qui va avec, c’est-à-dire problème d'élocution, enfant timide mais pas complexé, manque de confiance totale en lui... Me voilà complètement découragée ne sachant que faire. Son orientation vers le lycée, vu ses résultats scolaires, est un lycée professionnel. Il faut savoir que le bilan a été fait il y a juste 1 mois, donc trop tard pour changer son orientation. Je voulais, après en avoir discuté longuement avec lui, lui faire redoubler sa 3e. J'ai pris rendez-vous avec le conseiller d'orientation (que mon fils avait déjà vu), il m'a dit textuellement « la dyslexie ne se soigne pas, l'orthophoniste ne sert à rien et ses résultats scolaires ne vont jamais s'arranger ». Imaginez mon moral en sortant de là. Sur ce, je prends rendez-vous avec le proviseur du collège, ce fut pire : il ne me regarde même pas en face, en me faisant comprendre en gros qu'il valait mieux que mon fils apprenne un métier au plus vite ! Même jargon que le conseiller d'orientation ! J'ai tout essayé pour qu'il redouble sa 3e, je n'ai trouvé que des portes closes. Donc je vais l'inscrire au LEP comme prévu, en montant, comme me l'a demandé l'orthophoniste, un dossier tiers temps ! J'en ai été désespérée à en avoir mal à l'estomac ! Et la cerise sur le gâteau, son père (nous sommes divorcés) au lieu de lui remonter le moral, lui a dit qu'il attendait mieux de son fils (au niveau des résultats scolaires bien sûr). Une chose est certaine, même si de temps en temps je n'ai pas le moral, je ne baisserai pas les bras c'est sûr, mais je me sens parfois extrêmement découragée.
Si vous avez des conseils à me donner, j'accepte avant grand plaisir.
Béatrice Cleuet
11 juillet 2005
Bonjour à tous,
Je suis enseignante de SVT dans un collège. C'est ma première année d'enseignement. J'ai été parfaitement formée à l'IUFM sur les techniques d'enseignement des sciences expérimentales mais je dois constater que ces méthodes ne tiennent quasiment aucun compte des élèves que l'on a en face de soi ! Je lis les messages des parents d'enfants dyslexiques et je suis effarée devant les difficultés qu'ils rencontrent pour se faire entendre. Je l'avoue avec plus de colère que de découragement, je n'ai jamais entendu le mot « dyslexie » au cours de ma formation. Quels sont les symptômes ? Vers qui se tourner en cas de suspicion ? Quelles sont les méthodes d'enseignement à appliquer en cas de dyslexie ?
Il est hors de question pour moi de laisser de côté des élèves en difficulté. J'ai fait ce métier parce que je crois que chacun d'entre nous doit avoir sa chance et que l'école est la première institution qui doit nous la donner.
J'insiste sur le fait que nous avons une énorme lacune dans la formation des enseignants et je conseille aux associations de s'adresser directement aux rectorats et non aux professeurs et aux personnels de direction qui n'ont plus qu'un pouvoir limité. Il faut prendre le problème à la source.
Bon courage à tous.
Hélène Casaux (Périgueux)
9 octobre 2005
Bonjour,
Je suis la maman d'un petit garçon de 6 ans et demi. Il est adorable et très intelligent. Depuis le début de sa première année, il éprouve énormément de difficultés à l'école. Nous sommes dans l'attente de son analyse psychométrique pour savoir s'il est vraiment dyslexique ou s’il a un autre trouble d'apprentissage. Je tiens à mentionner que j'ai dû me battre pour avoir l'aide requise de l'école. J'ai dû exiger tous les rapports des différents intervenants de l'école tels que l’orthophoniste et l’orthopédagogue, etc. Je n'ai pas trouvé cela facile de me battre pour que mon enfant ait tous les services auxquels il a droit. L'école attend le rapport du neuropsychologue pour bâtir le plan d'intervention approprié. Entre temps, je paie pour mon garçon des séances privées avec une personne spécialisée dans les troubles de lecture et d'écriture. Grâce à ces rencontres, mon petit garçon a bien progressé. Je trouve dommage que l'école réagisse tard aux difficultés des enfants. Je sais que mon cas a beaucoup dérangé. Un dyslexique en première année : ils n'ont jamais vu cela. J'ai répliqué en disant : « Vous ne connaissez pas ma famille pour dire cela. » Une chose est certaine, je vais suivre de très près l'évolution de mon garçon à l'école et je me fais un devoir de ré-expliquer mon cas chaque année si besoin il y a. En tant que mère, je me promets d'être le défenseur de mon garçon.
Lucie Denise (Québec)
26 février 2006
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