La spoliation des Juifs : une politique d'État (1940-1944)
À partir de 1933 dans le Reich, les campagnes de boycott des entreprises appartenant aux Juifs et les expropriations sauvages se multiplient. Cette politique, fondée sur un dispositif légal, se généralise. Elle est bientôt exportée dans les territoires occupés et adoptée par les régimes alliés au Reich, à l’instar de Vichy. L’État français en intègre dès 1940 les principes dans le cadre de sa politique antisémite. Il promulgue à cet effet un arsenal législatif spécifique visant à « éliminer toute influence juive dans l’économie nationale » (loi du 22 juillet 1941).
La spoliation systématique des entreprises et des biens appartenant aux Juifs est ainsi engagée sur l’ensemble du territoire français. De l’identification des Juifs et de leurs biens jusqu’à l’ « aryanisation » de ces derniers par la vente ou la liquidation, c’est un processus administratif efficace qui est mis en place, impliquant non seulement un nombre important d’administrations de l’État français, mais également de larges pans de la société. En France, et plus largement en Europe, les spoliations furent un rouage essentiel du processus d’exclusion, qui facilita par la suite la mise en œuvre de la « Solution finale de la Question juive ».
En s’appuyant sur de nombreux documents provenant notamment des fonds des Archives nationales et départementales, l’exposition propose d’expliquer les bases et les rouages de cette politique d’État, en la réinscrivant dans le contexte de l’Europe nazie.
L'heure des combats viendra
« … l’heure des combats viendra… » : l'un des messages codés lancés sur les ondes de la BBC le 5 juin 1944 pour déclencher
les opérations de sabotage préparatoires au débarquement allié en Normandie. Cette phrase symbolique a été retenue comme titre de cette exposition pour mettre en lumière le rôle important des moyens de communication dans la Résistance.
L'exposition présente deux réseaux clandestins qui se sont consacrés à transmettre des informations militaires aux Alliés : le réseau Alliance, dont 107 membres ont été sauvagement assassinés au Struthof le 1er septembre 1944, et le Plan Sussex, qui a apporté un important soutien aux armées alliées au moment du Débarquement.
Une collection exceptionnelle de postes radio émetteurs et récepteurs clandestins ou militaires, tous en état de marche, mais aussi des armes, du matériel de renseignement, d’espionnage et de parachutage complètent la présentation.
Des polytechniciens dans la Résistance
Ce qu’on appelle « communauté polytechnicienne », réputée soudée, réunit l’ensemble des élèves (environ 7 000 en âge de combattre en 1940), tous passés par l’internat de la prestigieuse école. S’ajoutent 1 500 élèves en cours d’étude en 1940-1943. Durant la guerre, certains devenus officiers de carrière choisirent de rejoindre la Résistance. Malgré les engagements de certains polytechniciens hauts fonctionnaires dans la collaboration avec l’occupant, malgré l’attentisme d’autres, on trouve en effet des polytechniciens dans tous les secteurs de la Résistance, tant extérieure (Forces Françaises Libres) qu’intérieure (FFI, BCRA) , et au moins 250 d’entre eux ont sacrifié leur vie dans les campagnes d’Afrique, d’Italie, de France et d’Allemagne, dans des maquis, face au peloton d’exécution ou dans l’enfer des camps de concentration. Certains « X » sont ainsi passés par le camp de Compiègne.
Redécouvrir Jean Moulin, collections inédites (1899-1943)
Les collections du musée Jean Moulin, enrichies du legs d'une petite cousine de Moulin, mettent en valeur le préfet engagé, le résistant, l'amateur d'art, le dessinateur et caricaturiste, l'homme privé qui aimait la vie.
« Provisoirement non-déportables » – « Conjoints d’aryenne » internés dans les camps du Loiret, déportés sur l’île anglo-normande d’Aurigny
Cette exposition présente un aspect peu connu de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah : la déportation d'internés juifs sur l’île anglo-normande d’Aurigny. Dans cette île, les nazis déportèrent 5 000 hommes, dont 855 Français, afin de les faire travailler pour l’organisation Todt, chargée de construire le Mur de l’Atlantique ; parmi eux, 260 Juifs qui avaient été internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, majoritairement des hommes mariés à des femmes non juives, jugés un temps « non-déportables ».
Femmes et guerres : One person crying, Women and War
À l’aide de plus de 90 photographies noir et blanc, Marissa Roth, photoreporter américaine, aborde les effets immédiats et durables de la guerre sur les femmes.
Le voyage de la photographe débute à Novi Sad en Yougoslavie en 1984 et se conclut à Oradour en 2013. Les photographies couvrent une dizaine de conflits mondiaux au long d’une période de travail de 28 années qui commence avec l’histoire personnelle de Marissa Roth en tant que fille de réfugiés de l’Holocauste.
L’exposition inclut des panneaux qui fournissent des références historiques et reviennent sur le déroulement des guerres abordées par la photographe. Un ensemble de projections (témoignages, documentaires), d’ouvrages, d’archives se rapportant aux violences faites aux femmes lors des guerres complète le travail photographique de Marissa Roth.
« Il n’y a pas de sang ni d’armes dans ces images, juste le souvenir de ces vies passées dans un après-guerre sans fin comme toile de fond », Marissa Roth
Nacht und Nebel, destinés à disparaître dans la nuit et le brouillard
En 1943, les premiers déportés NN arrivent au camp de Natzweiler-Struthof. Cette classification les voue à disparaître sans laisser de traces et les destine tout particulièrement à la violence des gardiens ou SS. 70 ans après, par des témoignages, des images, en revenant sur l'origine du décret « Nacht und Nebel » et le parcours des résistants qui en furent les victimes, l'exposition fait le point sur cette catégorie de déportés.
Jean Moulin et la galerie Romanin
Si Jean Moulin fut le Résistant qu’on connaît, on ne sait pas assez qu’il fut dès sa jeunesse versé dans les arts et que son goût pour le dessin et la peinture l’amena à pousser loin son travail de caricaturiste et d’aquarelliste. Mais si son destin le conduisit vers les voies de l’administration jusqu’aux fonctions de préfet, c’est sous le couvert d’une galerie d’art, la galerie Romanin, qu’il cacha ses activités de résistant, achetant des œuvres de Kisling, Friesz, de Chirico, Survage, Goerg..., qui sont aujourd’hui l’un des fleurons des collections des musées de Béziers.
L’exposition retrace le parcours de l’homme Jean Moulin, de sa formation intellectuelle, et évoque son chemin d’artiste engagé dans son siècle, côtoyant d’autres artistes encore peu connus en 1943. Au centre, la galerie Romanin présente ainsi ces maîtres – retrouvant, le temps d’une exposition, une galerie d’art qui fut éphémère...
Ici Londres... – les réseaux de résistance intérieure de la France combattante
À l’occasion de la parution du Dictionnaire historique des réseaux de résistance de la France combattante, le Service historique de la Défense présente une exposition sur les réseaux de la France combattante. À travers des photographies et des documents d’archives parfois inédits, sélectionnés dans les fonds documentaires du Centre historique des archives à Vincennes, l’exposition retrace l’histoire des réseaux, leur organisation et les missions qu’ils ont assurées. Elle propose aussi une galerie de portraits qui mêle délibérément des figures très connues et des résistants demeurés dans l’ombre mais non moins valeureux.
1943 : la libération de la Corse
La Corse tient une place importante dans l'histoire de la Résistance et de la Libération de la France. Libérée la première, par ses habitants, par des soldats français, sans intervention des forces anglo-américaines, elle a offert un espace stratégique décisif dans la guerre sur le théâtre méditerranéen. Pour commémorer ce fait aujourd'hui trop méconnu, la Fondation Charles de Gaulle a pris l'initiative de réaliser cette exposition, avec le soutien du musée de l'Armée et de ses personnels scientifiques.
Ici est tombé – mémoires vives de la Libération, documentaire de Philippe Jamet (2010)
Un film sur ceux qui ont participé à la libération de Paris. Les proches de ces combattants anonymes racontent leur histoire et leur dernier élan pour une cause, pour une ville. L’histoire d’une libération ayant pour seuls témoins muets aujourd’hui les plaques posées sur les murs des rues parisiennes.
Bastogne, film de William A. Wellman (1949)
Près du village de Bastogne, dans les Ardennes, un groupe de soldats américains livre bataille contre les Allemands en décembre 1944. Pendant cet hiver brumeux et neigeux, chacun des deux camps va devoir garder le moral afin de continuer le combat. Les Allemands, face aux Américains cernés qui refusent de se rendre, décident de lancer des missions de sabotage. Jusqu'à ce que la situation se retourne contre eux...
« Tourner un film à la gloire des héros de la 101e Division aéroportée américaine figurait parmi les projets les plus chers de Dore Schary qui [...] bénéficia d'un scénario de Robert Pirosh, un ancien de Bastogne, et de la présence de William A. Wellman, dont The Story of G.I. Joe (1945) (Les Forçats de la gloire) demeurait dans toutes les mémoires. Délaissant les spectaculaires scènes de combat, Wellman avait choisi de décrire le comportement de soldats presque anonymes soudain confrontés au monde de la guerre, à la peur de mourir et à l'horreur d'escarmouches de plus en plus sanglantes. C'est ce même style et cette même authenticité qu'a retrouvés Wellman en s'attachant ici aux combattants de Bastogne, livrés au froid et à la neige, privés de munitions, de nourriture et d'essence, et obligés d'affronter un ennemi que l'on disait vaincu et qui retrouvait une nouvelle raison de se battre. Le moment où les soldats découvrent en se réveillant qu'ils sont recouverts de neige, celui où les Américains rencontrent d'autres Américains, tous étant persuadés qu'ils ont affaire à des Allemands déguisés, et la vérité des détails (l'absence de morphine, les grenades gelées), forment un ensemble constamment poignant dans lequel on retrouve le style même de Wellman, la qualité de sa direction d'acteurs et son goût pour les situations hors du commun. Une réussite. » (André Moreau, Télérama).
Jean Moulin. Le devoir de la République
Le maquis de la Délivrance, Marcel Arburger/Addi Bâ, 1943-2013
Soixante-dix ans après leur exécution, le Conseil général des Vosges et l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) rendent hommage aux deux résistants Marcel Arburger et Addi Bâ, tirailleur sénégalais réfugié dans un village vosgien, à travers une exposition – le service éducatif des Archives départementales des Vosges a sélectionné des documents d'archives inédits relatifs à l'histoire du maquis de la Délivrance.
Avec deux conférences :
• Vendredi 4 octobre 2013, à 20:30 à la faculté de droit d'Épinal : Juin 1940 : le sort des troupes coloniales dans l'Ouest vosgien par Julien Duvaux.
• Vendredi 11 octobre 2013, à partir de 17:00, aux Archives départementales des Vosges : Le maquis de la Délivrance, premier maquis vosgien par Étienne Guillermond, auteur de l'ouvrage Addi Bâ, le résistant des Vosges, Duboiris, 2013. Visite commentée de l’exposition, projection du film Addi Bâ, itinéraire d’un héros méconnu de la Résistance (13 min), conférence et échanges avec le public.
Les combattants de l'ombre, des Européens résistent au nazisme : (1) Les difficiles débuts de la Résistance (1939-1941), documentaire de Bernard George (2011)
« Les combattants de l’ombre » pose un nouvel éclairage sur la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, analysée dans sa dimension européenne grâce aux témoignages inédits de plus de 70 résistants de près de 15 nationalités différentes. Entre 1939 et 1945, des hommes et des femmes, qui refusent de plier devant la force et la barbarie nazies sur le continent européen, décident de se battre… De Paris à Varsovie, d’Athènes à Copenhague, ils font le choix de résister et mettent tout en œuvre pour combattre le nazisme.
Construite autour des témoignages des derniers acteurs de l’époque, illustrée d’archives inédites et de scènes de reconstitution, cette série offre un nouveau regard sur la Seconde Guerre mondiale vue du côté de la résistance et pour la première fois à l’échelle européenne.
« Après avoir recueilli aux quatre coins de l’Europe la parole de ces hommes et ces femmes qui ont lutté contre le nazisme, j’ai été conforté dans l’idée que c’est la somme des destins individuels qui constitue la grande Histoire. Poussé par la formidable dimension humaine de ces entretiens, et devant la rareté des images d’archives, j’ai voulu redonner vie à ces personnages à travers des reconstitutions. Au plus près de leurs souvenirs, les séquences sont parfois violentes, le plus souvent bouleversantes, et redonnent chair, à travers l’image, à un souvenir indélébile imprimé dans la mémoire du témoin. » (Bernard George).