Les quatre fusillés du Kremlin-Bicêtre, documentaire de David Unger (2010)
Quatre jeunes de 17 à 22 ans, habitant au Kremlin-Bicêtre : Lucien Baillon, André Brier, Léonard Brugnaud et André Lamarre, font partie du mouvement des Francs-tireurs et partisans (FTP). Dénoncés le 26 mars 1944 par un patron de restaurant parisien où ils mangeaient et arrrêtés en possession d'armes, ils sont condamnés à mort et fusillés au Mont Valérien le 5 avril. À partir de leurs dernières lettres (voir par exemple celle d'André Lamarre), ce documentaire, qui est notamment mis en dessins à la manière d'un « docu-BD », enquête dans les archives et les familles des jeunes gens sur les raisons de leur engagement dans la Résistance, le rôle qu'ils ont joué, la façon dont ils ont été dénoncés et condamnés.
L'Occupation vue par le cinéma français
Conférence de Michel Jacquet, historien, en deux parties : 1945-1971 le 25 septembre et 1971-2013 le 2 octobre 2013.
Le Débarquement et la bataille de Normandie – formation enseignants
Dans le cadre du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie, le service éducatif du Mémorial de Caen propose, aux enseignants de collège, de lycée et de lycée professionnel, une journée de formation dédiée à ce thème. Cette formation, qui s’appuiera sur des apports historiques et pédagogiques, a pour objectif d’aider les professeurs à mettre en place des projets pluridisciplinaires. Elle permettra d’exploiter la visite de l’espace « Débarquement et bataille de Normandie » du Mémorial et de redécouvrir, avec un guide, les lieux de mémoire du Débarquement.
L'Occupation sans relâche – les artistes pendant la guerre, documentaire de Yves Riou et Philippe Pouchain (2010)
Les années noires de l’Occupation n’empêchèrent pas le foisonnement de la vie artistique, perçue comme un moyen d’évasion et parfois de résistance. L’existence des artistes à cette période est traversée par les enjeux contradictoires de l’époque et révèle des parts d’ombre et de lumière. Si, à la Libération, Guitry fut accusé d'avoir collaboré, il n’en avait pas moins été dénoncé, sous l'Occupation, comme juif. Arletty, de son côté, connue pour sa liaison avec un officier allemand, parvint par ailleurs à sauver Trauner de la déportation. Michel Simon, lui, porta l’étoile jaune alors qu’il n’était pas juif. Qui connaît le nom de Robert-Hugues Lambert, cet acteur qui incarna Mermoz à l'écran et fut déporté à cause de sa relation avec un officier de la Wehrmacht – il mourut à Buchenwald en mars 1945 ? Pour quelles raisons personnelles Danielle Darrieux fit-elle le voyage de Berlin avec Suzy Delair et Albert Préjean ? Pourquoi les nazis libérèrent-ils Harry Baur après l'avoir torturé pendant trois mois ?
Les combattants de l'ombre, des Européens résistent au nazisme (3) : La Résistance face au génocide (1942-1943), documentaire de Bernard George (2011)
« Les combattants de l’ombre » pose un nouvel éclairage sur la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, analysée dans sa dimension européenne grâce aux témoignages inédits de plus de 70 résistants de près de 15 nationalités différentes. Entre 1939 et 1945, des hommes et des femmes, qui refusent de plier devant la force et la barbarie nazies sur le continent européen, décident de se battre… De Paris à Varsovie, d’Athènes à Copenhague, ils font le choix de résister et mettent tout en œuvre pour combattre le nazisme.
Construite autour des témoignages des derniers acteurs de l’époque, illustrée d’archives inédites et de scènes de reconstitution, cette série offre un nouveau regard sur la Seconde Guerre mondiale vue du côté de la résistance et pour la première fois à l’échelle européenne.
« Après avoir recueilli aux quatre coins de l’Europe la parole de ces hommes et ces femmes qui ont lutté contre le nazisme, j’ai été conforté dans l’idée que c’est la somme des destins individuels qui constitue la grande Histoire. Poussé par la formidable dimension humaine de ces entretiens, et devant la rareté des images d’archives, j’ai voulu redonner vie à ces personnages à travers des reconstitutions. Au plus près de leurs souvenirs, les séquences sont parfois violentes, le plus souvent bouleversantes, et redonnent chair, à travers l’image, à un souvenir indélébile imprimé dans la mémoire du témoin. » (Bernard George).
Le dernier passage, docu-fiction de Enara Goikoetxea et Iurre Telleria (2011)
Ce docu-fiction retrace l’histoire du réseau d'évasion Comète, composé de volontaires servant de guides aux Européens du Nord fuyant l’occupation nazie. Il revient notamment sur une nuit d’hiver de 1943, où trois pilotes anglais et leur guide belge se réfugièrent dans une ferme du pays basque français. Mais l'irruption de la Gestapo changea la vie de chacun... Ce film bouleversant, enrichi de témoignages et d’images d’archives, évoque la destinée héroïque de gens ordinaires qui se sont engagés, parfois au péril de leur vie, au nom de la liberté, permettant ainsi à plusieurs centaines de pilotes alliés abattus de s'évader de la France occupée et de passer en Espagne pour regagner ensuite le Royaume-Uni.
Carnets volés (2) « De la défaite à la captivité », documentaire d'Antoine Lassaigne (2010)
Sur la ligne Maginot, « épicentre » de la drôle de guerre, les soldats, après avoir attendu pendant des mois que l'ennemi les attaque de face, sont obligés de défendre soudain, contre toute attente, leurs arrières... Les 25 000 hommes affectés à la ligne Maginot qui s'étaient ainsi retrouvés à combattre derrière les lignes allemandes sont contraints de se rendre au moment de l'armistice. En 1940, plus de 1 800 000 soldats français ont ainsi été faits prisonniers. 1 450 000 d'entre eux ont ensuite connu la captivité en Allemagne, dont près d'un million pendant cinq ans. Ce phénomène social sans précédent a frappé toutes les couches sociales et toutes les classes d'âge entre 18 et 50 ans ; es prisonniers de guerre sont, pour plus de la moitié, déjà mariés et souvent pères de famille ; 4 % seulement d'entre eux réussiront à s'évader et 40 000 mourront en Allemagne. Pour les autres, le retour, la réinsertion ne seront pas des plus aisés : ils ont changé, la France aussi.
De Hollywood à Nuremberg – John Ford, Samuel Fuller, George Stevens, documentaire de Christian Delage (2012)
Comment 75 % des Juifs en France ont-ils échappé à la Shoah ?
Sur les 330 000 Juifs demeurant en France en 1940, 75 % ont échappé à l’extermination. Pour les Juifs de nationalité française, cette proportion avoisine les 90 %. Par comparaison, la Belgique n’a compté que 55 % de survivants et les Pays-Bas 20 %. Comment comprendre cette singularité du cas français, puisque la volonté nazie de détruire les Juifs est partout semblable et que Vichy collabore à leur déportation ?
En présence de Jacques Sémelin, directeur de recherche au CNRS (CERI-Sciences Po), Philippe Joutard, historien, professeur émérite,
université de Provence, et Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS.
Rencontre animée par Eduardo Castillo, journaliste.
[À l’occasion de la parution de Persécutions et entraides dans la France occupée de Jacques Sémelin, éd. Les Arènes, Seuil, 2013]
Welcome in Vienna I : Dieu ne croit plus en nous (An uns glaubt Gott nicht mehr), film d'Axel Corti (1982)
Vienne, 1938. Après les violences de la nuit de Cristal durant laquelle son père a été assassiné par les nazis, Ferry Tobler se voit contraint de fuir l’Autriche. Le jeune Juif s’engage alors dans une errance périlleuse l’amenant de la Tchécoslovaquie à la France. Sa route croise celle d’autres réprouvés tentant pareillement d’échapper à la menace hitlérienne s’étendant alors à toute l’Europe continentale. Parmi ces exilés, Ferry côtoie d’autres Juifs : les uns – allemands ou autrichiens – chassés du Reich comme Ferry, les autres tchécoslovaques comme Alena avec laquelle Ferry se liera bientôt. Mais le jeune homme devient aussi l’ami d’un ex-officier de l’armée allemande, opposant politique au nazisme et se faisant surnommer Gandhi. La lutte commune pour la survie du trio ainsi formé par Ferry, Alena et Gandhi constitue la matière centrale de Dieu ne croit plus en nous. Mais, parce qu’il présente aussi une large galerie de seconds rôles, ce premier opus de la trilogie Welcome in Vienna n’en oublie pas pour autant d’évoquer nombre d’autres destins en proie au totalitarisme nazi.
Dunkerque, documentaire britannique (2003)
La guerre, 16e rendez-vous de l'Histoire de Blois
Parmi les événements des rencontres de Blois :
- vendredi 11 octobre 2013, 09:30-10:45 : « La Résistance française (1940-1944) au croisement de l'histoire et de la mémoire », conférence pour les lycéens par Pierre Laborie
- vendredi 11, 11:30-13:00 : « Enseigner la guerre », table ronde proposée par l'Inspection générale de l'éducation nationale, avec Olivier Chaline, Olivier Forcade et Tristan Lecoq
- vendredi 11, 15:00-16:30 : « Les enjeux liés au développement des faux maquis en France en 1943-1944 », café historique avec Fabrice Grenard
- vendredi 11, 18:30-19:30 : « La Guerre dans la vision de l'histoire nazie », communication de Thomas Serrier à partir d'extraits de deux films d'archives nazis de 1939 conservés à l'ECPAD
- vendredi 11, 18:45-20:00 : « Guerre, encadrement des esprits et Résistance au travers des Actualités filmées », atelier proposé par l'INA avec Sophie Bachmann et Fabrice Grenard
- samedi 12, 09:30-11:00 : « L'Allemagne nazie, une guerre contre les Juifs », table ronde organisée par le Mémorial de la Shoah, avec Tal Bruttmann, Johann Chapoutot et Iannis Roder
- samedi 12, 11:00-12:15 : « Westerbock et Terezin : décryptage des images d'une propagande nazie », communication de Sylvie Lindeperg à partir de deux films tournés dans un camp de concentration et un ghetto par des déportés sous le contrôle des nazis
- samedi 12, 11:30-13:00 : « Le 6 juin 1944, de l'événement au mythe », table ronde organisée par le Mémorial de Caen, avec Jean-Luc Leleu, Emmanuel Thiébot et Olivier Wieviorka
- samedi 12, 11:30-13:00 : « La Résistance et la société française face à l'extermination des Juifs », table ronde organisée par la Fondation de la Résistance, avec Antoine Prost, Jacques Sémelin, Olivier Wieviorka
- samedi 12, 14:00-15:30 : « 1944, libération du territoire et retour de la République », table ronde avec Jean-Pierre Azéma, Aleth Briat, Joëlle Dusseau, Henri Écochard, Christine Levisse-Touzé
- samedi 12, 15:30-16:30 : « Ressources pour le Concours national de la Résistance et de la Déportation (session 2014) », atelier avec Sophie Bachmann (INA), Marie-Christine Bonneau-Darmagnac (CNDP), Éric Brossard (CRDP de Créteil), Charles-Jacques Martinetti (MEN/Dgesco), Véronique Pontillon et Élise Tokuoka (ECPAD), Émeline Vanthuyne (Fondation de la Résistance)
- samedi 12, 16:00-17:40 : projection en avant-première des Jours heureux, de Gilles Perret, 2013, sur l'élaboration du programme du CNR
- dimanche 13, 14:00-15:30 : « “L'Histoire de chez nous” (1939-1945) : films amateurs tournés pendant la guerre en région Centre »
La Résistance et le tournant de l’année 1943 : unification, répression, préparation de l’après-guerre/journée d'étude
Journée d'étude historique organisée en partenariat avec le rectorat de Caen.
Cette journée aura pour objectif de dresser un bilan historique mais aussi historiographique de questions relatives à la Résistance en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Différents thèmes seront ainsi abordés : la question de l’unification et le rôle de Jean Moulin ; les relations entre la Résistance et la France Libre de Londres et d’Alger ; la préparation du programme du CNR ; l’entrée dans la clandestinité et parfois en résistance de jeunes souhaitant échapper au STO et ses conséquences positives ou non pour la Résistance ; le développement et l’influence des maquis ; les questions relatives à la répression toujours plus grande menée par les troupes d’occupation allemande, la Milice mais aussi les forces du maintien de l’ordre françaises (police et gendarmerie).
Jean Moulin ou le parcours atypique d’un homme ordinaire
Avec :
- Christine Levisse-Touzé, directrice du Musée du général Leclerc et de La Libération de Paris et du Musée Jean Moulin, directrice de recherche à Paris IV, co-auteure (avec Dominique Veillon) de Jean Moulin, artiste, préfet, résistant (Tallandier, 2013),
- Thomas Robino, historien diplômé de l’université de Provence (Aix-Marseille I), spécialisé dans l’étude de la Résistance et de la civilisation américaine, collaborateur à Marianne, auteur de L’autre Jean Moulin. L’homme derrière le héros (Perrin, 2013).
La Libération et le retour de la République
Conférence de Christine Levisse-Touzé, directrice du musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – musée Jean Moulin, historienne.