Témoigner pour qui et pour quoi ? Quand témoigne-t-on et pour quelles raisons ? Faut-il se méfier des témoins ? À partir de lectures d'extraits de récits personnels, des Décombres de Lucien Rebatet au Journal d'Hélène Berr, une présentation du projet « Écrits de guerre et d'Occupation » (www.ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr) rendra compte de la diversité et du sens du témoignage. Jamais un conflit n'aura en effet suscité la publication d'autant de carnets, journaux intimes, récits et souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Les répertorier dans leur totalité est l'ambition de ce projet, destiné à recenser, dans une base de données, librement accessible sur le web, l'ensemble des témoignages sur la France des années noires, parus de 1940 à nos jours.
Les raisons qui poussent une victime de la Déportation à prendre la plume ne sont pas les mêmes que pour un collaborateur épuré à la Libération, un civil ayant vécu l'exode ou la bataille de Normandie et un soldat des Forces Françaises Libres. Pourtant tous ces témoignages ont une valeur historique, comme le montreront les historiens initiateurs de ce projet.
Le recensement quasi exhaustif des années 1940-1949 a permis d’identifier près de 1 230 témoignages, tandis que le corpus depuis 1950 est estimé à environ 7 000, soit un total de 8 200 volumes. Ce travail, auquel le Mémorial de Caen est étroitement associé, est réalisé sous la direction d'une équipe de chercheurs du laboratoire du CNRS, le Centre de recherche d’histoire quantitative, de l'Université de Caen, composée de Laurent Joly, responsable scientifique, Jean-Luc Leleu, chargé de la coordination scientifique, et Françoise Passera, chargée de la coordination technique.