Concours National
de la résistance et de la déportation

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CNRD 2011-2012 – Lauréates « lycée : travail collectif audiovisuel » - entretien avec les élèves du collège les Allobroges de La Roche-sur-Foron

  • Thomas Rouchié (T. R.) : Catégorie « collège ». Deux collèges ont été primés. Un prix a été décerné au collège les Allobroges de la Roche-sur-Foron, dans l’académie de Grenoble. J’invite donc Mlle Eva Ramires, à venir prendre son prix. Nous adressons toutes nos félicitations à Mlle Juliette Flatin, qui n’a pas pu être présente aujourd’hui. Eva Ramires est accompagnée de son professeur, M. Frédéric Janin.
  • Eva Ramires (E. R.) : Je m’appelle Eva, je suis au lycée, mais l’année dernière j’étais en troisième et j’ai participé dans la catégorie « audiovisuel », dans le collège les Allobroges à la Roche-sur-Foron. J’étais avec une amie qui s’appelle Juliette – elle n’a pas pu venir –, mais on n’était que deux. J’ai écrit le dialogue, puis on s’est enregistrées, et après on a fait le montage. En fait, au début, on s’était dit qu’on ne ferait qu’un dialogue. Puis on s’est dit que mettre des images derrière, ce serait plus parlant, puis que faire parler des femmes dans le camp c’était plus réaliste, on était plus pris dans le truc.
  • Frédéric Janin (F. J.) : Nous, au collège, on s’est surtout attaché à leur apporter de la matière, à leur faire rencontrer justement une déportée au camp de Ravensbrück, qui a pu témoigner de son vécu, de ce qu’elle a subi, mais aussi des formes de résistance qui ont pu se mettre en place dans le camp de Ravensbrück. On a également eu des vidéos, notamment de Shoah, qu’on a montrées aux élèves de la classe pour leur apporter des témoignages complémentaires. On a également bénéficié, dans le département de la Haute-Savoie, du conseil général qui propose, aux établissements qui le souhaitent, une représentation théâtrale – donc une fiction, à la base – qui les a influencées, je pense, dans leur approche de la production et de la réalisation. C’est cet ensemble-là qu’ensuite elles ont, on va dire, synthétisé, analysé… Ce qui est intéressant, je trouve, c’est qu’elles se le sont totalement approprié.
  • Anna Laurent : Elles ont réalisé un document audiovisuel, « Ravensbrück 1944 », qui présente ce camp de la mort où plus de 130 000 femmes et enfants ont été emprisonnés par les nazis durant la guerre. Une saynète nous fait découvrir les relations entre deux prisonnières, Anna et Maria, interprétées par les deux élèves. Elles se rencontrent dans le camp de Ravensbrück, vont se lier d’amitié et s’entraider dans tous les moments difficiles. Leurs objectifs : survivre, rester dignes et résister.
  • E. R. : Ce sont deux femmes, une juive et une qui va l’entraîner à résister. Elles sont dans le camp de Ravensbrück. On a essayé d’aborder tous les moyens de résister. Ça se finit par une évasion de la résistante, mais on apprend après qu’elle n’a pas réussi, par la juive qui le raconte, quand elle est plus vieille, à sa petite fille.
    J’ai tout inventé, mais je me suis inspirée de témoignages de résistants qu’on a eus au collège, et on a aussi vu une pièce dont on s’est inspiré. Et puis j’ai fait des recherches d’images sur Internet et dans les livres pour illustrer nos propos.
  • F. J. : Précédemment, j’avais travaillé sur le concours avec d’autres élèves qui étaient restés sur des formats plus traditionnels. Là, grâce à des jeunes qui maîtrisent la technique beaucoup mieux que nous, parfois – en l’occurrence, là c’était le cas – on aboutit à une production qui est, effectivement, très enthousiasmante.
  • E. R. : Je ne suis pas une très bonne actrice, et déjà que pour la voix c’était un peu compliqué, alors s’il avait fallu jouer en plus… Donc on a préféré ne faire que le dialogue et mettre des images ; on a mis quelques extraits de petites vidéos, mais surtout il y a beaucoup de dessins. On les a mis sur logiciel, puis on a dû tout monter, voir si tout allait bien ensemble, avec les images et le son, pour que ça corresponde à peu près.
  • F. J. : Les élèves, chaque année, sont étonnants dans la manière qu’ils ont d’inventer, à partir des témoignages, à partir des œuvres qu’on leur montre ; ils sont toujours surprenants, finalement.
    Pour encourager les autres élèves à participer au concours, je pense que ce qui est important, c’est de dépasser le quotidien, l’immédiateté, les contraintes qu’un élève de troisième peut avoir en classe, avec des contrôles, des examens blancs, etc. De ne pas hésiter à s’investir dans ces projets qui sortent un peu du cadre purement et strictement scolaire, parce que ce sont aussi des bons moments à vivre, je pense.
  • E. R. : Il faut essayer, se lancer, parce que c’est intéressant, comme projet, et puis se documenter, c’est facile, surtout quand le collège nous apporte de la documentation. Après, ça vient tout seul.
  • F. J. : C’est vrai qu’il faut essayer d’avoir un panorama large de recherche. Surtout que la question de l’année dernière était quand même assez pointue, assez difficile, il a fallu faire un joli travail de recherche en complément de ce qu’on a pu faire.
    Je pense que dans les établissements, on a aussi à cœur, quand les témoins viennent, de plus en plus souvent maintenant, de filmer, d’enregistrer, de garder trace. Parce que la communauté des professeurs, notamment des professeurs d’histoire, constate effectivement que les gens qui viennent dans nos établissements sont de plus en plus âgés et le problème du témoignage direct se posera un jour. Mais pour l’instant, on est heureux d’avoir de valeureux témoins qui viennent, qui sont très généreux de leur temps et apportent beaucoup aux élèves, pour leur faire comprendre une période malgré tout très éloignée d’eux.