"J'ai changé cent fois de nom, j'ai perdu femme et enfants, mais j'ai tant d'amis, et j'ai la France entière"
La complainte du partisan, Emmanuel D'Astier de la Vigerie
Plusieurs mouvements indépendants composent la Résistance armée dans le Jura:
• Des groupes rattachés à l’Armée Secrète.
• Des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P.) communistes.
• Des groupes de sabotage du Spécial Operations Executive (SOE) soutenus par la Grande-Bretagne.
Tous adoptent une organisation militaire. En février 1944, ces différents groupes seront unifiés dans les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.).
La clandestinité fait partie de la vie des résistants traqués par Vichy comme par les Allemands. Ils se dissimulent sous de fausses identités parmi la population ou dans le maquis, mais cela n’écarte pas tous les dangers. Suite à des infiltrations, des arrestations, ou pire, des dénonciations, des réseaux entiers sont “moissonnés” par les services de sécurité allemands, à l'exemple du réseau FTP de la région doloise.
Une poignée à l’origine, les combattants de l’ombre sont rejoints, à partir de 1943 par des jeunes réfractaires au S.T.O., et après le 6 juin 1944 qui donne le signal de l’insurrection, par un grand nombre de volontaires. Héberger, nourrir, armer, entrainer cet afflux de nouvelles recrues seront les principales difficultés des maquis.
La Résistance est en liaison permanente avec la France Libre et les Alliés. Ses chefs s’envolent régulièrement pour Londres depuis des terrains jurassiens afin d’en rapporter des ordres, du matériel, de l’argent. Des armes sont parachutées pour permettre à la Résistance d’armer les maquis et de harceler l’occupant, surtout après le débarquement en Normandie.
À partir de 1943, l’activité de la Résistance s’intensifie. Elle multiplie les actes de sabotage et vise particulièrement le trafic ferroviaire essentiellement utilisé par l’occupant pour le déplacement de ses troupes ou le pillage économique du pays. Les troupes allemandes ne sont plus en sécurité dans le Jura. La Résistance s’attaque également à toute forme de collaboration.
La montée en puissance de la Résistance et son harcèlement permanent de l’occupant attirent de féroces représailles, aveugles ou ciblées, sur les maquis et sur les populations civiles. Les mois d’avril et de juillet 1944 sont terribles pour les Jurassiens, faisant plusieurs centaines de morts et de déportés, et de nombreux villages désolés.