Biographie d'Albert Speer (1905-1981)
Albert Speer
(1905-1981)
Fils et petit-fils dʼarchitectes, Albert Speer naît à Mannheim, le 19 mars 1905, au sein dʼune
famille de la haute bourgeoisie. Il se plie à la tradition familiale et suit des études
dʼarchitecture de 1923 à 1928.
En janvier 1931, près avoir assisté à un discours de Hitler, il entre au Parti nazi, ainsi quʼà la
SA. La même année, il sʼinstalle comme architecte indépendant à Mannheim et se marie. En
1932, Speer reçoit les premières commandes du Parti nazi. Lʼaccession au pouvoir du Parti
nazi donne une nouvelle dimension à son activité, dʼautant quʼil devient un intime de Hitler,
très intéressé par les question dʼarchitecture. En janvier 1934, Speer devient lʼarchitecte
officiel de Hitler. Impressionné par ses talents d'organisateurs, Hitler le charge de la
préparation du congrès de Nuremberg en 1934. En 1937, Hitler le nomme « inspecteur général
de la construction chargé de la transformation de la capitale du Reich ». Hitler participe à
lʼélaboration des plans et lui confie, en janvier 1938, la réalisation de la nouvelle chancellerie
du Reich. Il parvient à terminer le chantier en janvier 1939.
En février 1942, Speer est nommé ministre de lʼArmement et devient le chef de lʼorganisation
Todt. En septembre 1943, ses différentes fonctions sont regroupées au sein dʼun grand
ministère de lʼArmement et de la production de guerre. Il a désormais le contrôle de
lʼensemble de la planification de la production et des infrastructures de guerre (à lʼexception
de celles destinées à la Luftwaffe, dont il nʼest chargé quʼà partir du printemps 1944).
Pour atteindre ses différents objectifs, Speer organise lʼexploitation de la main-dʼoeuvre
étrangère réquisitionnée, des prisonniers de guerre et des détenus des camps de concentration
(en septembre 1942, Hitler lʼautorise à installer des Kommandos à proximité des usines).
Speer collabore avec Sauckel, chargé directement par le Führer de trouver les travailleurs
étrangers, le plus souvent dans le cadre du travail obligatoire ou du travail forcé. Pour Speer,
tout doit concourir à augmenter la production : il insiste pour que les travailleurs
réquisitionnés soient nourris de manière à assurer la meilleure production possible, mais il
ordonne que lʼon disperse et que lʼon enterre les usines menacées par les bombardiers alliés,
ce qui entraîne la morts de dizaines de milliers de détenus des camps de concentration lors des
percements des tunnels. En dépit des bombardements alliés et du manque de matières
premières, il réussit, jusquʼà la fin 1944, à augmenter dʼune manière importante la production
allemande.
Après le suicide de Hitler, Speer devient très brièvement le ministre de lʼEconomie dans le
gouvernement Dönitz. Arrêté par les Alliés en mai 1945, il est mis en accusation devant le
tribunal de Nuremberg. Il est le seul inculpé à reconnaître sa responsabilité pour les crimes de
guerre et à exprimer ses regrets. Albert Speer est condamné à 20 ans de prison, pour crimes de
guerre et crimes contre lʼhumanité.
Après sa libération en 1966, Speer reprend des activités dʼarchitecte-conseil et rédige ses
mémoires (Au coeur du Troisième Reich, 1969). Son statut de dignitaire nazi repenti, qui lui
permet de ne pas assumer lʼentière responsabilité de ses actes durant la guerre, lui assure une
grande notoriété jusquʼà son décès en 1981.

