Poème de Gustave Leroy, écrit à Dora, décembre 1944
Publié dans Gustave Leroy, A chacun son dû. Jedem das Seine, 1962
coll. Musée de la Résistance nationale
Après avoir été affecté au creusement des tunnels de Dora, Gustave Leroy est transféré dans un Kommando chargé de dessiner les pancartes pour les portes des divers bureaux de lʼusine souterraine. Pour sʼoccuper lʼesprit, il compose des poèmes et parvient à les noter sur de petits bouts de papier machine récupéré puis sur un carnet confectionné par un autre détenu. Dans le commentaire de son poème, Gustave Leroy précise : « Car je me souvenais des jours proches où jʼavais connu la vie dure du terrassement, de la « terrasse » comme nous disions. […] Je me souvenais aussi des regards dʼenvie que je jetais alors sur les moins malheureux que moi ». Devenu un « planqué », lʼauteur sait que son sort est plus enviable que celui de ses camarades restés des terrassiers, même si la « planque » peut être remise en cause à tout moment.


