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Concours National de la Résistance et de la Déportation

Résister dans le système concentrationnaire (1940-1945)

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Livret de l'opérette « Le Verfügbar aux Enfers »

Page de l'acte II de lʼopérette écrite clandestinement par Germaine Tillion au camp de Ravensbrück, 1944

coll. Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon

Le texte évoque le manque d'empressement au travail des détenues françaises du camp de Ravensbrück :

Le naturaliste. - Vous êtes terrassières...

Le chœur. - Voilà ! !

Dédé de Paris [Elle chante tournée vers le chœur]

La route est longue, longue, longue!

Travaille sans jamais t'arrêter.

La route est dure, dure, dure

Surtout si tu es fatiguée...

Tu traîneras les lourdes pierres,

Tu pousseras les wagonnets,

Tu brouetteras la terre,

Et sans jamais te reposer...

[Tournée vers le public]

La route est dure, dure, dure!

Quand on a les pieds écorchés...

La route est longue, longue, longue,

Pour celles qui n'ont pas à manger...

Elles travaillent des heures entières

Mais ne la font guère avancer,

Car elles remuent beaucoup de terre,

Mais surtout sans la déplacer...

Le chœur. [Il chante]

La route est longue, longue, longue!

Mais nous n'l'avons guère allongée.

La route est dure, dure, dure,

Mais nous voulons la faire durer...

En travaillant des heures entières,

Nous n'avons cessé de penser,

A laisser quelque chose à faire

Pour celles qui vont nous remplacer...

Le naturaliste. - ça part d'un bon naturel. Pas vouloir tout garder pour soi comme des égoïstes... Le travail c'est la santé.

Marmotte. - Nous ne sommes pas des accapareuses...

Le naturaliste. - J'étais aussi étonné de la façon réservée avec laquelle vous "bossez" (si j'ose employer cette expression), c'est une réserve calculée...

Havas. [saluant] - On ne peut rien vous cacher.

 

 

Extrait deGermaine Tillion, Le Verfügbar aux Enfers. Une opérette à Ravensbrück, La Martinière, 2005, page 132-134.