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Concours National de la Résistance et de la Déportation

Résister dans le système concentrationnaire (1940-1945)

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Déportés français de la brigade « Liberté », mai 1945

coll. particulière

Ces détenus français de Loibl-Pass, Kommando de Mauthausen, ont rejoint les partisans yougoslaves qui les ont libérés.

Emile Pasquier (le deuxième au premier rang à droite) donne les raisons de son engagement dans la lettre quʼil écrit à sa femme le 9 mai 1945 :

« Hier, nous avons vécu une journée inoubliable, partis avant-hier soir du camp où nous étions, à la frontière austro-yougoslave, encadrés de nos gardiens SS, qui nous ont tant fait souffrir et ont assassiné tant des nôtres, nous nous trouvions sur la route, après une nuit de marche, à proximité dʼune gare lorsque à 7 heures du matin les partisans du maréchal Tito ont surgi et sans un seul coup de feu nous ont libérés, ce fut indescriptible, nous avons embrassés nos libérateurs qui emmenèrent nos tortionnaires comme prisonniers, quelle revanche pour nous !! Dans cette région de lʼAutriche revendiquée par la Yougoslavie les grands combats sont terminés, la We[h]rmacht ne se bat plus, il reste seulement à liquider les noyaux de résistance des SS ce qui doit être assez rapidement fait. Aussitôt après notre réception chaleureuse par les partisans les meilleurs patriotes français ont décidé, comme nous le devions du reste, de prendre les armes à notre tour pour délivrer à tout jamais le monde des derniers nazis et ainsi de prisonniers le matin nous nous sommes transformés en soldats partisans dès hier soir. Comme vous devez le penser quelle merveilleuse journée pour nous. Cela ne retardera pas de beaucoup notre retour en France et nous nous serons vengés en même temps que nous aurons enfin participé à la lutte pour la libération totale des pays occupés par les assassins nazis. Voici ma situation ainsi que celle de mes camarades de notre formation française et je suis sûr que vous serez tous dʼaccord avec cette attitude conforme à celle de tout bon patriote français, peut-être lʼavez-vous appris par la TSF ?  »