Sabotage à Holleischen, Kommando de femmes du camp de Flossenbürg
Témoignage de Jeannette LʼHerminier
Les Robes grises, BNU de Strasbourg, 2011
Note manuscrite de Jeannette LʼHerminier accompagnant les dessins réalisés à Ravensbrück et conservés par lʼauteur après la guerre.
Prélevé à Ravensbrück sur l'ensemble des 27 000, notre groupe d'environ 280 Françaises inaugurées le 15 avril sur la frontière sudète le Kommando de travail dʼHolleischen qui dépendait du camp de Flossenbürg.
Bientôt rejointes par nos camarades 35 000 et de convois tardivement déportés, par de nombreuses Polonaises, Russes et juives hongroises, nous représentions une main-dʼœuvre de 1 100 femmes (dont 400 Françaises) destinées à effectuer le montage, le chargement et l'emballage des munitions anti-aériennes Grand Reich, à raison de douze heures par jour, une semaine de jour, une semaine de nuit. Est-il besoin de préciser que nous n'avons rien négligé pour restreindre au maximum notre rendement et pour saboter, au mieux de nos possibilités, les taches abhorrées qui nous étaient imposées sous la férule des SS ? … Trois Françaises le payèrent, hélas ! de leur vie et furent pendues à Flossenbürg en avril 1945, quinze jours avant notre libération par la 1ère armée américaine.
Extrait de Les Robes grises. Dessins et manuscrits clandestins de Jeannette LʼHerminier et Germaine Tillion
réalisés au camp de Ravensbrück, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, 2011, p. 88.

