Exécution de responsables de la résistance intérieure au camp de Sachsenhausen
Etude de Henri Alleg
Les chemins de lʼespérance, FNDIRP, 1975
Le 1er novembre 1943, une équipe spéciale de la Gestapo s'installe à Sachsenhausen. L'Obersturmführer SS Cornely dirige les opérations, dont il rend directement compte à Himmler. L'ampleur de l'action des résistants à l'intérieur du camp, les relations qu'ils soupçonnent entre eux et l'opposition antihitlérienne à l'extérieur ont mis les services de sécurité du Reich sur les dents. Les fouilles, les interrogatoires se succèdent pour découvrir les responsables de l'organisation clandestine. Le 2 août 1944, quatre-vingts détenus politiques allemands, français et polonais sont conduits au Block 58, qui sert de prison. Les interrogatoires se font au crématoire, où les policiers les torturent durant des semaines pour tenter de remonter la filière jusqu'à la tête. En vain. Les nazis décident alors d'en fusiller « pour l'exemple ». Ils en désignent vingt-sept. Vingt-quatre Allemands et trois Français, qui ne sont pas choisis au hasard. Ce sont tous des militants communistes. Les SS les emmènent dans la cour de l'Industriehof, où sont groupés divers ateliers : serrurerie, menuiserie, fabrique de chaussures et crématoire. Les bourreaux veulent les forcer à se coucher pour les fusiller au sol. Ils refusent et meurent debout.
Les trois Français sont Robert Robinet, Benoît Moreau et André Bergeron. Ce dernier est le responsable de l'activité de résistance et de solidarité du hall 8 de l'usine d'aviation Heinkel.
Extrait de Henri Alleg, Les chemins de lʼespérance,
FNDIRP, 1975, p. 145.

