Evasions à Treblinka
Témoignage de Richard Glazar
Au fond des ténèbres, Denoël, 2007
Richard Glazar, juif tchèque déporté à Treblinka, est interrogé par Gitta Sereny.
« Des évasions, a dit Richard Glazar, oui, il y en a eu quelques-unes, trois ont réussi, je crois, toutes durant la deuxième phase ; après ce fut impossible. »
Il devait me raconter plus tard que deux jeunes hommes « ils avaient vingt-quatre et vingt-cinq ans je pense », s'étaient évadés du camp dans le tout premier train qui était reparti de Treblinka avec des vêtements des victimes et d'autres biens. « C'était les deux derniers jours d'octobre ou le premier de novembre. Nous les avons aidés à se cacher ; ce fut organisé avec beaucoup de soin pour faire passer des nouvelles à Varsovie.
« A la fin de novembre ou au début de décembre, sept hommes du Kommando bleu ont essayé, mais ils ont été rattrapés. Kurt Franz les a abattus au Lazarett1, puis il a fait un appel spécial et nous a dit que si quelqu'un d'autre essayait et surtout s'il réussissait, pour chaque évadé dix d'entre nous seraient exécutés. »
Extrait de Gitta Sereny, Au fond des ténèbres, un bourreau parle. Franz Stangl, commandant de Treblinka,
Denoël, 2007, p. 209.
Note
1 Lazarett : infirmerie du camp, dépourvue de moyens pour soigner les détenus, appelée aussi Revier.

