Les fusillés du maquis de Ronquerolles , 20 juin 1944.
Article publié par Les Amis de LʼIsle-Adam.

Le 6 juin 1944, la radio anglaise annonce le débarquement des forces alliées en Normandie. Les résistants du secteur se préparent à passer à l'action et se regroupent dans les bois de Ronquerolles. On y trouve une trentaine de FFI, dirigés par le commandant Philippe Viannay, et une cinquantaine de FTP conduits par Corentin Quideau de Champagne-sur-Oise et Kléber Dauchel de Chambly.
Dès le 7 juin, des résistants, conduits par Élie Quideau, font dérailler, entre Persan et Champagne, un train de chars allemands se dirigeant vers la Normandie.
Le 19 juin au matin, deux officiers allemands, qui ont repéré des traces de passage de véhicules se dirigeant vers les bois de Grainval et de la Tour du Lay (appelé aussi bois de Ronquerolles), aperçoivent des résistants à l'orée de la forêt. Ils ouvrent le feu. Un résistant est tué (Maurice Roux) et l'un des deux officiers allemands est blessé. Ces derniers se retirent et font appel à d'importants renforts qui vont cerner les bois dans les heures qui suivent. Un violent combat s'engage au cours duquel trois résistants sont tués : Elie Quideau, Jean Lopez et Jean Vialet. Une bonne partie des résistants, dont Philippe Viannay et la section FFI d'Henri Desjoyaux, réussissent à échapper à l'encerclement. En fin de journée, bien qu'ayant subit es pertes, les Allemands sont maîtres du terrain. Ils ont capturé trente-quatre personnes dont des résistants qu'ils emmènent dans des camions au camp de Cassan.
Le lendemain, les prisonniers sont interrogés au château de Cassan par la Gestapo, venue exprès de Paris. Le même jour à 20 h 30, 11 d'entre eux, blessés au cours des combats, sont exécutés à la mitraillette par la Gestapo dans une carrière située en bordure du chemin des Trois Sources, car les militaires allemands ont refusé de se faire les complices de cette parodie de jugement. Les soldats allemands avaient aussi ramassé quelques civils qui avaient eu le malheur de se trouver dans les parages (personnel de la ferme des Tuileries à Ronquerolles et promeneurs). Ils sont libérés par l'officier du camp de Cassan et s'en tirent avec une belle frayeur ! Parmi les autres résistants faits prisonniers, certains sont conduits à la Kommandantur de Saint-Cloud à Paris, puis à la prison de La Santé avant d'être déportés dans des camps de concentration en Allemagne (Pierre Carlier, Jean Vincent, André Beaurain, etc.). Cinq résistants du groupe FTP, capturés sans armes dans la grotte de Courcelles, sont conduits à la Kommandantur de Beauvais.
Une stèle inaugurée le 20 juin 1945, a été érigée sur le lieu même de l'exécution de ces onze résistants sauvagement abattus : Corentin Quideau, David Régnier (neveu du grand résistant Honoré d'Estienne d'Orves), Émile Brunet, Gaston Lanneluc, Raymond Laurent, Yves Levallois, Pierre Meifred-Devals, Jean-Charles Fritz (fils d'un docteur de L'Isle-Adam), Pierre Mercier, Louis Puccinelli et Jean Salmon-Legagneur.
Ces martyrs furent enterrés au cimetière de lʼIsle-Adam, six y sont encore inhumés, les autres corps ont été récupérés par les familles afin de rejoindre une sépulture familiale ou le cimetière de leur village.
source : La Seconde Guerre mondiale à L'Isle-Adam (1944, La Délivrance)

