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Des ressources pour participer au centenaire de la Première Guerre mondiale

L'année 2014 a marqué le début du cycle de célébration du centenaire de la Première Guerre mondiale. En complément de l'enseignement de la Grande Guerre dans le cadre des programmes d'histoire, les dispositifs et les projets permettant de croiser différents regards disciplinaires sont autant de leviers pour inscrire la participation à la commémoration dans un parcours culturel et citoyen. "Avoir une approche interdisciplinaire et ouverte sur les mémoires portées par d'autres pays" constitue le troisième des quatre objectifs pédagogiques définis par l'inspection générale de l'Education nationale (note de service n°2013-094 du 7-6-2013). Cette démarche peut prendre appui sur les nombreuses ressources disponibles en ligne, dont voici une sélection.

Arts et mémoire

L'étude de l'impact du conflit sur la création de l'époque permet d'une part de contextualiser les œuvres pour mieux les comprendre, enjeu de l'enseignement de l'histoire des arts, mais aussi d'enrichir sa connaissance de la période par l'approche artistique. Les œuvres peuvent en effet être considérées comme des témoignages, des traces du regard porté par des hommes, parfois soldats, sur les événements et sur leur temps mais aussi comme des réactions, les artistes ayant choisi ou, au contraire, refusé de représenter la guerre.

Le documentaire 1914-1918 / La Grande Guerre à travers les arts (réalisé par Adrien Minard, Pierre-Henri Gibert et Cellules) s'attache à rendre compte de l'impact de la Grande Guerre sur la vie et sur les œuvres des artistes dans des domaines variés (cinéma, musique, arts figuratifs, littérature, arts de propagande et arts populaires), à travers cinq grands thèmes.

Le parcours d'accompagnement de l'exposition 1917 (Centre Pompidou) proposé par Réseau Canopé s'intéresse à la création artistique durant cette année d'enlisement dans le conflit (représentations de la guerre par les artistes envoyés au front par le gouvernement, ruptures esthétiques portées par le mouvement d'avant-garde et le mouvement cubiste avec l'exemple du ballet Parade).

Le site de l'exposition La couleur des larmes, proposée en 1998 par le Mémorial de Caen en partenariat avec des musées européens, permet de croiser les regards de peintres de différentes nationalités.

Enfin, Ces chansons qui font l'histoire propose des pistes d'étude pour ancrer quatre chansons dans leur contexte et étudier les liens entre histoire et musique.

Enseigner l'histoire des arts, c'est amener les élèves à faire des liens entre des œuvres de différents domaines artistiques, mais aussi entre des œuvres de différentes époques. Leur faire découvrir des œuvres contemporaines sur la Première Guerre mondiale leur permet d'identifier ce conflit comme un thème d'inspiration toujours présent aujourd'hui, notamment dans la littérature qui leur est dédiée.

Une sélection spéciale "Première Guerre mondiale" enrichit la liste de "Lectures pour les collégiens" publiée sur éduscol, qui apporte un complément aux titres de la littérature patrimoniale des programmes de français.

L'article "La Première Guerre Mondiale à travers la littérature de jeunesse" publié par Philippe Bovyn, professeur des écoles, sur le portail Mission Centenaire 14-18 présente quelques titres de la production littéraire à destination de la jeunesse pour une étude dans le premier degré ou au collège.

Paysage, patrimoine et mémoire

Si la création artistique porte les traces du premier conflit mondial, la mémoire est aussi conservée et transmise à travers le paysage et le patrimoine.

Le Cahier pédagogique spécial Verdun proposé par édugéo permet de travailler sur la cartographie et de faire prendre conscience aux élèves de l'importance de la topographie des lieux dans le déroulement des batailles, mais aussi de repérer les traces laissées par les combats dans le paysage d'aujourd'hui.

En effet, les zones du front ont été profondément marquées par le conflit. Villages détruits, paysages dévastés, territoires anéantis, les combats ont durablement marqué le sol des champs de bataille et ont laissé des stigmates toujours visibles aujourd'hui sur certains sites. Si le reboisement de la zone de la bataille de Verdun est un exemple de conservation des vestiges et de mise en valeur patrimoniale d'un territoire porteur de la mémoire collective, nombre de bouleversements occasionnés par la guerre dans le paysage ont été effacés par la reconstruction, pour être parfois redécouverts bien plus tard. Le site dédié du Ministère de la Culture et de la Communication invite à découvrir l'Archéologie de la Grande Guerre qui revêt une forte dimension mémorielle.

Des traces de la Grande Guerre sont aussi présentes dans la région Ile-de-France. Les ressources proposées par l'ONF sur le site 14-18 : les forêts dans la Grande Guerre mettent en lumière l'enjeu stratégique que représentait la forêt pendant la guerre, notamment à travers le Camp retranché de Paris. Des animations proposées par les forestiers dans les forêts de Montmorency et de Sénart permettent de découvrir les vestiges par une étude sur le terrain. En plus des fiches pédagogiques axées « histoire », celles développées en partenariat avec Canopé académie de Versailles proposent des activités en lien avec différentes disciplines.

D'autre part, les traces laissées volontairement par les soldats, telles que les inscriptions, sculptures et graffitis découverts dans les carrières souterraines de Picardie, constituent de précieux témoignages de leur vie quotidienne. Le site La Grande Guerre - traces, gravures, graffitis, édité par Canopé académie d'Amiens, propose des pistes pédagogiques pour leur étude.

Si de nombreuses traces témoignent de la guerre sur les lieux stratégiques et sur les lieux de batailles (vestiges mais aussi cimetières militaires et mémoriaux), le conflit a aussi eu un impact durable sur le patrimoine et le paysage des villages de la France entière qui portent presque tous la marque du conflit à travers leur monument aux morts. Les lieux et monuments de mémoire (recensés sur le site Chemins de Mémoire) nous renseignent ainsi à la fois sur le déroulement du conflit et sur l'appréhension du devoir de mémoire, différent en fonction de la culture politique et religieuse et des sensibilités locales. Le dispositif "Monuments de mémoire", proposé par Canopé académie de Toulouse, permet aux élèves de découvrir les objets patrimoniaux consacrés à la mémoire combattante de leur environnement proche, par une démarche active d'appropriation et par une mutualisation du travail réalisé par les différentes classes.

Le patrimoine documentaire (lettres, photographies, archives...) est, quant à lui, désormais en partie accessible en ligne grâce aux opérations de numérisation et de collecte lancées par les institutions. Au niveau local, les Archives départementales proposent des expositions et des ateliers à l'occasion du centenaire, ainsi que l'accès à une partie de leurs collections :

Le jeu Gueule d'Ange, proposé par le Conseil général des Yvelines, invite les jeunes à découvrir la recherche dans les archives, à travers la résolution d'énigmes.

Une activité proposée sur le site Les Itinéraires de Citoyenneté permet de d'appréhender L'image de la femme et de l'enfant dans la carte postale de propagande (thème approfondi dans le Document d'accompagnement pédagogique).

Enfin, les quatre années du conflit ont aussi marqué la société par l'apparition de mots nouveaux. C'est ce patrimoine linguistique lié à la Grande Guerre que nous fait découvrir Alain Rey dans le webdocumentaire 14-18, Les traces Auvergne Limousin réalisé par le journal La Montagne (partie « Des notes et des mots »).

La mémoire au-delà des frontières

Inauguré le 11 novembre 2014 par le Président de la République sur le site de la Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, l'"Anneau de la Mémoire" marque la volonté d'inscrire la mémoire de la Grande Guerre, premier conflit à l'échelle mondiale, dans une dimension internationale.

Un premier axe d'étude possible est celui de la participation aux combats des soldats venus des anciennes colonies françaises.

Le dossier Hors-série Première Guerre mondiale proposé par L'Histoire par l'image comporte une partie concernant les troupes coloniales.

Dans une perspective d'étude du patrimoine régional, la découverte du jardin tropical de Paris permet également d'aborder le rôle des colonies dans le conflit.

Cette étude peut être prolongée par un travail sur la participation des soldats des Outre-mer, à travers le documentaire On a retrouvé le soldat Borical de Barcha Bauer qui retrace le parcours d'un soldat guyanais mort pour la France.

Comme le propose le Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux à travers des visites guidées axées sur le point de vue d'un autre pays (allemand, britannique ou russe), d'autres ressources peuvent permettre aux élèves d'élargir leur vision du conflit en découvrant différents types d'engagements.

L'exposition virtuelle Sur les chemins de la Grande Guerre s'intéresse notamment aux travailleurs chinois et à la participation de l'Empire britannique.

Plusieurs jeux interactifs invitent à appréhender la Première Guerre mondiale à travers l'expérience d'une personne d'un autre pays.

Le récit interactif A l'assaut, proposé par le Musée Canadien de la guerre, présente le quotidien d'un soldat canadien sur le front français (à travers un jeu de rôle dans l'esprit des livres "dont je suis le héros", le lecteur étant invité à faire des choix dans le scénario), approche à compléter par l'exposition virtuelle sur le jour du Souvenir.

Le jeu Machine à remonter le temps 14/18, sur le site de l'Historial de la Grande Guerre, (disponible également en version allemande) propose de découvrir la vision du conflit de quatorze personnages français et de quatorze personnages allemands, soldats et civils de tous les âges.

Les trois applications mobiles proposées par Somme tourisme permettent de découvrir la guerre à travers le point de vue de personnages de différentes nationalités.

Afin d'approfondir cette démarche d'ouverture à la mémoire internationale, un travail d'échange peut être envisagé avec des élèves d'un autre pays, notamment grâce au dispositif eTwinning.

Le devoir de mémoire à l'heure du numérique

Le devoir de mémoire prend aujourd'hui en partie appui sur le numérique à travers des initiatives variées : mise en ligne d'archives et de ressources, mutualisation de travaux (on peut à ce titre citer l'exemple du projet de bibliographie collaborative lancé par l'ISFWWS).

Plusieurs institutions culturelles utilisent les médias sociaux pour rendre la mémoire plus vivante et pour valoriser leurs collections en créant des personnages fictifs racontant leur expérience, rédigée à partir de sources documentaires historiques.

Ainsi, le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux a lancé en 2013 le compte Facebook de Léon Vivien, Poilu fictif dont le quotidien a été suivi par des milliers de personnes pendant quatre mois.

Du 15 octobre au 15 décembre 2014, c'est le Grand Palais, réquisitionné et transformé en hôpital durant la Première Guerre mondiale (voir le dossier pédagogique 1914-1918 : l'hôpital militaire du Grand Palaisqui a publié sur un blog la vie de Gabrielle, infirmière bénévole faisant part de son quotidien à travers lettres, cartes postales et extraits de son journal intime.

En définitive, le Centenaire de la Première Guerre mondiale est l'occasion d'aborder le conflit à travers des problématiques variées et d'affirmer l'importance de la transmission de la mémoire qui constitue un enjeu citoyen essentiel dans la construction de la paix.

En complément

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Canopé académie de Créteil