Yanek Husianycia, professeur des écoles à lʼécole Etienne-Dolet dʼAlfortville (94), sensibilise ses élèves de CP-CE1 au film dʼanimation, puis met en œuvre avec eux un projet de création dans lequel ils apprennent le travail en autonomie et développent de multiples compétences transversales ou disciplinaires.

Cʼest lors dʼun pique-nique de fin dʼannée avec les enfants et parents de ma classe que le film dʼanimation est apparu dans une discussion. Jʼétais totalement incompétent dans la réalisation de tels films, mais lʼidée me plaisait et, pensais-je, elle plairait sûrement aux enfants. Jʼai eu la chance de rencontrer une personne compétente qui est intervenue une année durant dans ma classe. Jʼai appris avec les enfants. Depuis, je suis autonome sur presque toutes les étapes de réalisation, comme les enfants. Les projets sont longs, sur un trimestre voire une année.
En début dʼannée, je forme les enfants à la théorie de lʼanimation ainsi quʼà certaines techniques. Jʼessaie de leur donner une culture du film dʼanimation par de nombreuses projections en classe et des sorties cinéma. Je les forme ensuite à lʼutilisation du matériel au travers dʼessais ou de projets de classe, puis la classe ou un groupe dʼenfants établit le scénario dʼun court métrage. Enfin, cʼest à eux de le réaliser en quasi autonomie sur des plages horaires dégagées pour cela sur lʼannée.
Nous empruntons un ordinateur portable équipé du logiciel iStopMotion au CRDP. Nous avons acheté le câble FireWire et un pied photo et des parents nous ont donné leur vieille caméra numérique. Pour le reste, cʼest du bricolage, de lʼart plastique et beaucoup dʼimagination.
Les enfants sont amenés à manipuler, brancher, allumer la caméra et lʼordinateur. Lʼutilisation aisée et rapide du logiciel donne rapidement des résultats qui leur apportent une grande motivation et qui permettent un apprentissage rapide par essais et erreurs.
La structuration dʼune histoire simple et courte est un apprentissage qui prend du temps. Il est fortement accéléré dans ces projets. Lors de lʼécriture du scénario, les compétences grammaticales et lexicales sont inévitablement travaillées. Pour ce qui est des compétences informatiques du B2i, les élèves sont amenés à allumer et éteindre lʼordinateur, à localiser un fichier sur lʼordinateur, à lʼouvrir, à le modifier et à le sauvegarder. Il leur faut aussi comprendre que pour réaliser une seconde de film, il faut 12 images. Par exemple, la question se pose de savoir quelle sera la durée du film si nous utilisons 36 ou 120 images. Enfin, le fait de travailler en double niveau permet une transmission des compétences et favorise lʼentraide.
Yanek Husianycia
Texte repris du site national de l'Agence des usages TICE
Date de publication : 17/01/2012
