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Ateliers - formations en documentation

  • Concernant BCDI : cinq ateliers thématiques par an sont proposés aux documentalistes, dans une salle informatique du CDDP de Val-de-Marne, animés par Martine Brémont. Le nombre de places est limité à 14 afin de travailler sur des postes.
    Vous pouvez vous y inscrire en ligne ici.
  • En documentation : d'autres animations sont proposées en documentation, vous pouvez les consulter et vous inscrire en ligne sur le calendrier des animations du CRDP.

 

Une journée académique

la veille, de la collecte à la diffusion de l'information : synthèse de la journée du 21 mai 2009. 

L'activité de veille permet, par le biais de stratégies spécifiques, de surveiller un domaine de manière active et efficace : après avoir défini les thèmes sur lesquels va porter la veille et choisi les sources à utiliser, la récolte des informations à proprement parler s'effectue en utilisant les outils de recherche documentaire, afin de récupérer les informations. L'étape d'analyse des données permet d'écarter les données non fiables, non pertinentes, ou au contraire de collecter, classer les informations utiles pour, in fine, en préparer la diffusion.

C'est l'ensemble de la chaine de l'information qui a été présentée au cours de cette journée, sous un aspect à la fois théorique et pratique (présentation d'outils).

L'ouverture de la journée initialement prévue par Jean-Louis Durpaire, Inspecteur Général Etablissement et Vie Scolaire sur le thème : « Documentation et réussite des élèves » a été effectuée par Jean-Yves Langanay, IPR-EVS et directeur du CRDP de l'académie de Créteil et par Philippe Ampilhac, IPR-EVS de l'académie de Créteil.

Veilleur et documentation : un même et unique métier ?

Intervention de Marie-France Blanquet, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'IUT Bordeaux III : « Veilleur et documentaliste: un même (ou un unique) métier? »La veille et les veilles (technologiques, commerciales, sociétales...), approche synthétique. quelle(s) complémentarité(s); quelle(s) spécificités par rapport à la documentation? Ce que les normes en disent, les exemples célèbres, l'évolution du concept et les impacts dus au réseau internet.

Introduction : la fortune du mot

La veille est un concept qui appartient depuis longtemps déjà au vocabulaire des professionnels de l'information. Pourtant ce concept change complètement de sens au cours des années. Il est passé d'un sens très spécifique où les termes de concurrence, d'alerte, de menace, de compétitivité économique de l'entreprise lui sont associés, à un sens plus générique, au point de devenir presque athématique, pour désigner l'action de se tenir au courant de ce qui arrive dans son environnement professionnel. Le terme en se banalisant a perdu sa force et, pour la plupart d'entre nous, il désigne désormais l'actualisation en temps réel, grâce à des outils divers activés (tels les systèmes d'alerte) des informations concernant sa profession. Il devient synonyme ou presque de l'expression : s'informer, c'est-à-dire collecter et traiter de l'information.

Au fil des ans, en effet, ce terme a trouvé fortune auprès de nombreux spécialistes ou pas de l'information, en particulier des documentalistes, et ceci pour des raisons diverses. Cela a fait de la veille :

Un concept flou et multiforme. Car sa désignation sous plusieurs intitulés, employée dans de nombreux documents et au cours de nombreux colloques, par de très nombreux prestataires de services, a fait perdre de vue par les utilisateurs de ce concept ce qui en fait la spécificité. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Beaucoup ne font pas de veille sans le savoir et disent pourtant qu'ils en font ! Tout ce qui est présenté sous l'étiquette de veille n'en est par forcément : argument commercial, argument professionnel oblige... Par contre, cette imprécision sémantique a entraîné des confusions avec d'autres termes tels que ceux d'espionnage, de renseignement ou d'intelligence économique !

Un concept à la mode dont beaucoup s'emparent sans toujours mesurer son étendue sémantique et ce qu'il conditionne. Donnons le témoignage de nombreux candidats, qui à l'oral du capes de documentation, prétendent avoir mis en place une veille pour leur préparation et qui, ne savent répondre à la question : « en quoi cela a-t-il consisté » ? Ce comportement peut s'expliquer parce que la veille est :

Un concept plein de prestige. La reconnaissance de la profession de documentaliste a toujours été un problème ; celui de veilleur, non. La veille devient une sorte de super documentation, constate D. Frochot dans les Infostratèges (1). Dans les années 90, la documentation d'entreprise a connu un grave problème d'image. Certains se sont emparés du terme de veille pour rompre avec le côté un peu vieillot (ou du moins vécu comme vieillot par certains) du documentaliste. Cette séparation s'est concrétisée dans la naissance d'association telle l'AF2I (Association française des intermédiaires en information) et l'apparition de nouveaux métiers tels que ceux de veilleur ou de courtier. Nombreux sont ceux qui présentent la veille comme le dernier recours d'une profession en péril. En est-il de même pour l'enseignant documentaliste ?

Veille et documentation : vraie ou fausse synonymie ?

Il entre dans la mission des documentalistes de diffuser l'information dont les utilisateurs ont besoin. Voilà pourquoi, peu à peu, le terme de veille est de plus en plus utilisé pour souligner une des missions essentielles du documentaliste, appelé à « veiller » pour ses usagers et à leur distribuer, selon leur profil d'intérêt, dans une Diffusion Sélective de l'Information ou avec une technique de « push », les informations qui leur seront utiles. Cette mission impliquant les fonctions documentaires classiques de collecte, de traitement et de diffusion de l'information a fini par être confondue avec celle de veille.

Pourtant ces deux activités informationnelles, ces deux approches de l'information peuvent-elles être réellement confondues ? Les métiers de veilleur et de documentaliste sont-ils interchangeables ? La veille n'est-elle qu'une facette de la documentation ou a-t-elle une originalité propre et laquelle ?

Pour le savoir, nous allons tenter, à partir de quelques définitions données à la veille, d'extraire les idées clés qui la caractérisent et créer son nuage de « tags ». Il paraît opportun d'avoir également une approche historique de ce concept. L'examen ensuite des activités de veille permettra de comprendre en quoi veille et documentation sont synonymes ou sémantiquement écartés. Nous conclurons sur les problématiques liées à la formation et à l'emploi.

Première partie : Quel sens pour la veille ?

Les Infostratèges (1), dans le dossier documentaire consacré à la veille, rassemblent les définitions suivantes :

La veille, c'est : « L'observation et l'analyse de l'environnement scientifique, technique, technologique, et économique de l'entreprise pour en détecter les menaces et saisir les opportunités de développement ».

« La veille stratégique est un système d'aide à la décision qui observe et analyse l'environnement scientifique, technique, technologique et les impacts économiques présents et futurs pour en déduire les menaces et les opportunités de développement. Elle s'appuie essentiellement sur les informations ayant un caractère stratégique ou des décisions imp.ortantes lui associant le terme de veille stratégique »

« La veille stratégique est le processus informationnel volontariste par lequel l'entreprise recherche des informations à caractère anticipatif concernant l'évolution de son environnement socio-économique dans le but de se créer des opportunités et de réduire ses risques liés à l'incertitude. Parmi ces informations figurent des signaux d'alerte précoce

« La veille est un processus régulier de recherche, d'analyse et de sélection pertinente d'informations pouvant apporter de avantages compétitifs à une entreprise »

Enfin la norme expérimentale établie en 1998 sur les prestations de veille et prestations de mise en place d'un système de veille (2) présente la veille comme une « activité continue et en grande partie itérative visant à une surveillance active de l'environnement technologique, commercial... pour en anticiper les évolutions.

Nous pouvons établir une définition synthétique : la veille, c'est la surveillance de l'environnement de l'entreprise pour en détecter menaces ou opportunités pour agir. Ceci par la collecte, le traitement et l'utilisation d'informations stratégiques et anticipatives, parmi lesquels les signaux d'alerte jouent un rôle déterminant.

Il est indispensable, en effet, à une entreprise qui veut être présente sur le marché de connaître les risques qu'elle peut rencontrer par rapport à son domaine d'activité. La veille établit un lien clair entre risque et prévention. Elle doit permettre de saisir des opportunités de développement en créant de nouveaux produits ou de nouveaux service, en devenant plus compétitive. La veille, c'est d'abord le contraire du sommeil, ce que les psychologues désignent sous le terme d'état de veille. Elle doit donc être pris dans son sens immédiat comme du « non-sommeil » avec un plus : celui de la perception et de l'attention volontaire, alertées par un signal souvent faible, à l'environnement avec l'objectif d'y trouver des signes. La notion de veille recouvre cette idée d'attention qui se traduit dans l'écoute et le regard. Elle signifie attention impliquant un accroissement de l'activité intellectuelle dirigée sur un objet ou un ensemble d'objets qui, en l'absence de phénomène, seraient absents du champ de la conscience. Les formateurs donnent souvent l'exemple de l'époux ou de l'épouse trompé qui, alerté par un petit détail, met en place une veille pour confirmer ou pas son malheur. Mais veiller, c'est aussi savoir interpréter et mettre en lien les signaux perçus. Il faut donner, savoir donner du sens aux informations collectées, cachées ou pas dans l'environnement surveillé. Nous verrons tout à l'heure le rôle essentiel des signaux dits faibles. Cela veut dire les voir -cette vue n'est pas spontanée, mais apprise-, mais surtout leur donner du sens pour permettre à l'entreprise d'anticiper, de ne pas se laisser surprendre par les turbulences qui agitent son environnement.

Cela implique des compétences spécifiques du veilleur (sentinelle appelée aussi vigie), des savoirs et des savoir-faire spécifiques. Parmi les mots clés de la veille figure en bonne place celui d'alerte. C'est le rôle de la sentinelle : donner l'alerte à temps et de façon opportune. On ne s'improvise donc pas veilleur.

La conduite de récit de la sentinelle

Dans L'évolution de la mémoire, Janet expose une conception de cette faculté selon laquelle la motivation fondamentale de l'enregistrement mnésique est la nécessité d'un récit à faire ou d'un compte rendu à donner. Il prend l'exemple de la sentinelle qui, dans une tribu primitive, enregistre fidèlement tout ce qu'elle perçoit pour le rapporter à son chef ou alerter la tribu sur un danger imminent. La mémoire du vigile est fondamentale puisqu'elle est la condition de vie ou de survie pour ceux dont l'existence dépend de la fidélité de l'enregistrement et de son récit. Cette conduite du récit, historiquement à l'origine du fait mnémonique est-elle celle qui correspond aux besoins de nos sociétés ? On serait tenté de répondre par l'affirmative. Car on retrouve aujourd'hui sous la plume de ceux qui se préoccupent de veille technologique, la description en des termes quasi identiques à ceux de Janet, du rôle du veilleur. Celui-ci est chargé par l'organisme qui l'emploie de surveiller son environnement global, essentiellement industriel, scientifique et technique afin de pouvoir dire l'information utile et pertinente ou critique (Jakobiak entend par information critique celle qui est utile et pertinente maintenant) (3), d'alerter sur des menaces possibles ou des opportunités à saisir, condition de vie ou de survie de ce dernier. L'efficacité du récit du veilleur comme celle de la sentinelle de Janet, dépend d'un ensemble de paramètres : la complexité du paysage à mémoriser, devenu mondial aujourd'hui, la quantité (surinformation) et la qualité des informations mémorisées (nécessité d'une écologie de l'information), la qualité de l'oubli des souvenirs ou des faits inutiles, c'est-à-dire le passage par l'évaluation de l'information à retenir ou, au contraire, à éliminer. Filtrer l'information est un temps fort de la veille. Trouver l'information, est en effet, de moins en moins problématique. Par contre, identifier, repérer et trier l'information pertinente reste une réelle difficulté.

Le nuage de tags de notre première rencontre avec la veille peut s'exprimer dans les mots clés suivants : « environnement de l'entreprise, menace, opportunité, compétitivité économique, information stratégique, signal faible, concurrence... ». Ces termes deviennent de plus en plus familiers au documentaliste d'entreprise. Le sont-ils pour l'enseignant documentaliste qui confond peut-être le suivi documentaire avec la veille stratégique qui implique impérativement la notion de concurrence et de compétitivité ?

Pour répondre à ces questionnements, il peut être intéressant de considérer l'histoire du concept de veille pour comprendre, comment dans le temps, la veille, terme d'abord au singulier, est devenue plurielle et, dans ces veilles, s'est confondue avec la documentation.

Deuxième partie: Histoire d'un concept

Les premiers pas : le management stratégique

La notion de surveillance de l'environnement s'est développée historiquement à partir de deux axes d'analyse en management qui se sont développés successivement. Elle a d'abord fait son apparition dans les années 50-60 dans le contexte du management stratégique, développé essentiellement aux EU. Le management stratégique sort l'entreprise d'un mode habituel de gestion. En effet, le management traditionnel centrait ses leviers d'action sur les éléments intérieurs de l'entreprise. Le développement de la stratégie d'entreprise, c'est-à-dire du management stratégique et de son approche planificatrice, entraîne l'intégration de la notion d'environnement à l'approche conceptuelle de l'entreprise. Désormais, l'entreprise doit faire le lien entre l'organisation et son fonctionnement interne et l'environnement dans lequel elle évolue. La stratégie représente la façon dont l'entreprise décide de se comporter par rapport à un environnement donné. Les chercheurs alors différencient la notion « d'information opérationnelle » qui permet d'assurer le fonctionnement quotidien de l'entreprise et « d'information stratégique » liée à l'environnement propre à l'entreprise concernée, tournée vers l'extérieur et le futur, donnant à l'entreprise une capacité à prévoir les changements suffisamment à l'avance. L'entreprise doit coupler ces deux systèmes d'information et réduire au maximum l'incertitude générée par les turbulences de l'environnement.

Première étape : surveillance de l'environnement et de ses turbulences

L'histoire continue, dans la décade 60/70, avec la notion de surveillance de l'environnement. Les Japonais en sont les leaders qui définissent cette surveillance comme la mise en place formalisée et organisée dans l'entreprise, d'un système d'information visant la collecte, le traitement et la diffusion de l'information concernant l'environnement de l'entreprise, ceci de façon continue et dynamique. Tous les textes de cette période soulignent le rôle du Miti, ministère de l'industrie japonais et saluent les Japonais comme leaders dans toutes les problématiques liées à la concurrence et à la compétitivité.

Les premiers travaux rendant compte de cette surveillance utilise alors le terme de « scanning », car le système mis en place est alors désigné par l'expression Strategic Information Scanning System. Plus tard, d'autres auteurs proposent le terme de « monitoring » et propose un modèle appelé MAP désignant les trois étapes de toute veille : Monitor, Analyze and Predict, du processus mais aussi permettant de dresser une carte (map) de l'environnement de l'entreprise.

Enfin d'autres auteurs utilisent le terme de « business intelligence », marquant par là que la veille est un chapitre de l'économie de l'information et a un objectif lié à la rentabilité et à la productivité de l'entreprise si elle correctement « managée »..

A ce niveau là, il est peut-être temps de s'interroger sur la notion d'environnement. Que recouvre ce dernier, susceptible de connaître des turbulences plus ou moins dangereuses ?

L'environnement de l'entreprise : il comprend tous les acteurs susceptibles d'exercer une influence sur l'entreprise. C'est une influence directe qui concerne tous les partenaires immédiats ou des acteurs plus lointains. Ainsi, on admet généralement deux strates : l'environnement lointain qu'on appelle souvent l'environnement sociétal ou général et l'environnement proche, concurrentiel ou fonctionnel

L'environnement sociétal est constitué de toutes les composantes de la société et de l'économie dans laquelle évolue l'entreprise et qui vont influer plus ou moins directement sur son activité et sur son comportement. A l'intérieur, on peut distinguer le secteur entrepreneurial qui désigne toutes les tendances ou évènements concernant les marchés et produits, le secteur administratif, concerne, quant à lui, les tendances ou les événements influant sur la détermination des rôles et des relations dans l'entreprise. Le secteur ingénieur intègre les facteurs intervenant sur la rationalisation de la production et de la distribution. Enfin, le secteur régulation englobe l'ensemble des réglementations, sanctions, taxes...imposées à l'entreprise.

L'environnement fonctionnel est constitué par tous les acteurs en relation directe avec l'entreprise dans le cadre de son activité tels les clients, les fournisseurs, les pouvoirs publics. Ce son aussi les acteurs venant du marche commercial : clients et concurrents. Les fournisseurs, conseils, organisations professionnelles viennent du marché des biens et des services. Et puis, il y a ceux qui viennent du marché des capitaux : banques, actionnaires, ou du marché du travail avec les syndicats, les juridictions sociales ou les associations.

C'est là que la notion de signaux faibles prend tout son sens. Ansoff, inventeur de ce concept en 1975, désigne ainsi les éléments annonciateurs de modification du contexte environnemental qui doivent être décelés le plus tôt possible. Un des objectifs de la surveillance de l'environnement est ainsi de se constituer un système fiable de détection de ces signaux faibles. Ceci afin d'éviter les surprises stratégiques, c'est-à-dire l'inadaptation soudaine de la stratégie d'une entreprise face à un environnement brutalement modifié (apparition d'une nouvelle technologie ou technologie de substitution)

Dans cette première étape, l'entreprise est invitée à surveiller la totalité de son environnement. Dans l'étape suivante, elle est invitée à focaliser son regard sur les techniques. Dans l'environnement, la technologie joue désormais le premier rôle et la veille devient veille technologique

Deuxième étape : La veille technologique et les turbulences technologiques 

Le terme est très médiatisé dans les années 80. La veille technologique devient un des enjeux forts des entreprises à cause de la place que prennent les technologies dans nos sociétés contemporaines. « La veille technologique, dit Jakobiak,...est la veille que l'entreprise consacre essentiellement au développement des technologies avec tout ce que cela comporte en termes de découvertes scientifiques issues de la recherche fondamentale ou appliquée, d'innovation de produits et de services, d'évolution des procédés de fabrication, d'apparition de nouveaux matériaux ou concepts, de constitution de filières ou de sophistication de systèmes d'information » (3).Les dimensions technologiques passent sur le devant de la scène. La technologie, et surtout sa maîtrise dans l'entreprise, s'est dégagée en tant que levier d'action fondamental pour la compétitivité des entreprises.

Le diagnostic généralement admis est que nous vivons actuellement une période de bouleversement technologique, une troisième révolution industrielle, à laquelle participe le développement de l'informatique. Cette turbulence technologique modifie profondément les règles du jeu. Le changement de système technologique et les processus qu'il entraîne, de destruction, de substitution, de régénération technologiques, font aujourd'hui l'environnement permanent de l'entreprise. Pour J. Morin, un des précurseurs du management de la technologie, les caractéristiques des innovations technologiques contemporaines sont telles que jamais sans doute le progrès n'avait eu une portée aussi universelle (4). Elles sont, en effet, transversales, c'est-à-dire qu'elles intéressent plusieurs métiers, combinatoires, parce qu'elles s'associent étroitement avec d'autres technologies, enfin contagieuses, c'est-à-dire qu'elles modifient et amplifient les possibilités des autres technologies. Dans ce contexte, une entreprise ne peut jamais être certaine que la technologie qu'elle maîtrise actuellement sera toujours compétitive d'où la nécessité de suivre attentivement les évolutions de son environnement technologique. Il s'agit de suivre ces évolutions pour les technologies spécifiques de l'entreprise mais aussi et surtout les évolutions de la technologie devenue universelle : l'informatique

Le cabinet de conseil en management Arthur D.Little propose de les classer en trois catégories  :

  • les technologies de base très présentes dans la réalisation d'une activité et bien maîtrisées
  • les technologies clés qui donnent à l'entreprise un avantage concurrentiel (produit sans concurrence par rapport aux autres entreprises)
  • les technologies émergentes qui peuvent tout changer. Elles sont encore en développement souvent coûteuses mais susceptibles de modifier complètement le paysage technique de l'entreprise. Cela implique donc une surveillance permanente, pro-active et ciblée de l'environnement pour y déceler dès que possible les technologies émergentes et les activités à forte valeur ajoutée qui seront peut-être prépondérantes demain. L'entreprise doit mettre en place une méthode ou une stratégie pour surveiller son environnement pour savoir en permanence comment évolue la technologie, dans le monde en général et chez ses concurrents en particulier, afin de protéger son avenir et s'adapter à tout transfert de technologie à venir.

La veille technologique lie définitivement la veille au monde de l'industrie laissant ainsi de coté toutes les potentialités de cette approche intellectuelle. Toutes les études qui paraissent alors sur la veille convergent vers une même idée : ne pas mourir par manque de surveillance de l'environnement technologique. Les exemples se multiplient pour montrer les conséquences désastreuses, par faillite de l'entreprise non surveillante...

Dans cet esprit, Lesca démontre la nécessité d'une veille méthodique en donnant trois arguments (6) :

- ne pas se laisser supplanter par un concurrent actuel, potentiel, légal ou illégal. Cela évite la menace que représente le concurrent

- prendre une avance décisive dans un domaine où il n'y a pas encore de concurrence en se mettant ainsi à l'abri des 'ruptures technologiques' et devançant ses concurrents

- ne pas gaspiller des ressources en vue de ne pas réinventer la roue. Les exemples sont aussi nombreux qui montrent des entreprises s'épuisant dans la recherche de produits ou de processus découverts depuis longtemps déjà.

Dans cette veille, les documents : brevet, rapport d'innovation ou d'invention, les marques, dessins ou modèles jouent les premiers rôles, types de documents associés aux comportements de recherche documentaire motivés par la peur de la concurrence et le désir de devenir de plus en plus compétitifs. Des serveurs, tel Questel-Orbit, se spécialisent dans des banques de données dédiées à ce type de documents. Car, l'histoire des techniques est remplie d'histoires d'inventeurs qui ont mis au point des techniques ou procédés auxquels personne n'a cru. Ainsi, en 1714, Henry Nill crée la machine à écire. William Surt en 1829 dépose le brevet de la première machine et fait fortune, suivi par Remington en 1874...

C'est justement parce que la veille technologique permet d'être compétitif que le concept de veille glisse vers un autre type de veille : la veille concurrentielle.

Troisième étape : la veille concurrentielle et les turbulences des marchés

Les marchés ont leur propre dynamique et les entreprises sont de plus en plus des variables dépendantes. Si la veille technologique met l'accent sur les machines, la veille concurrentielle met l'accent sur les personnes physiques et morales via le concept de concurrence. La veille désormais inclut donc la notion de concurrence, de surveillance des proches qui poursuivent les mêmes objectifs. Il s'agit de comprendre ce que sont les forces qui commandent la concurrence au sein d'un secteur.

Le terme connaît, à son tour, un très grand succès mais entraîne vers une première déviation suggérée par les termes clés d'espionnage et de renseignement désormais associés à la veille. Faut-il préciser que les enseignants documentalistes ne se reconnaissent - et ne peuvent se reconnaître- absolument pas dans ces termes ? Cela coïncide avec l'apparition du concept d'infoguerre, particulièrement analysé par Christian Harbulot et Loup Francart au sein de l'Ecole de guerre économique (7). Cette veille concurrentielle rappelle la phrase de Tofler remarquant que l'ordinateur est le fusil de cette troisième guerre économique dans laquelle le monde est entré.

.Les sept questions clés de cette veille permet de concrétiser son esprit : Qui sont nos concurrents ; Quels sont les métiers de nos concurrents ; Atteignent-ils aujourd'hui leurs objectifs ; De quoi seront-ils capables dans le futur ; Qu'est-ce qu'ils ne pourront jamais faire ; Comment voient-ils leur futur ; Leur futur et le notre est-il appelé à se croiser ; Cela conduira-t-il à l'évitement, l'entente ou l'affrontement ?

Ces questions permettent de comprendre à quel point les enseignants documentalistes sont loin de ce type de veille. Ils se trouvent à des années-lumière de la mentalité qui l'anime !

Quatrième étape : Les veilles : retour à l'environnement

Le concept de veilles proposées désormais au pluriel, éclate dans les années 90 et s'emploie de plus en plus pour désigner des types de veille mettant l'accent sur des acteurs, des processus ou des outils permettant d'exercer la surveillance d'un environnement précis. La veille retrouve sa première facette en insistant sur la nécessité d'une surveillance de l'environnement sous tous ses aspects économique, juridique, social, culturel, écologique...

C'est l'heure des publications multiples où certains noms dominent tel celui de Lesca avec l'équipe de recherche qu'il dirige à l'IAE de Grenoble. Il publie l'ouvrage de référence : Méthodes et techniques de surveillance de l'environnement extérieur de l'entreprise (1985) (6). Dans le même temps, de nombreuses voix s'élèvent pour dire également l'imp-ortance de la surveillance de l'environnement intérieur de l'entreprise. Les exemples ne manquent pas qui disent les démarches coûteuses pour acquérir une information que l'entreprise possède déjà. Un service ignore ce que fait un autre et une entreprise peut chercher à l'extérieur ce qu'elle possède déjà. C'est donc perte de temps, une perte d'argent et contraire à tout esprit compétitif. Les concepts de records et de knowledge management viennent renforcer cette idée. La veille consiste dès lors à avoir de la part de l'entreprise un regard sur son environnement extérieur mais aussi un regard interne sur son patrimoine afin de se donner les moyens de fonder un système d'information cohérent. Et plus l'entreprise est grande, plus cette veille interne devient imp-ortante.

En 1988, est créé par le ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur un « Comité d'orientation stratégique de l'IST et de la veille technologique » qui aboutira en 1998 à la publication d'une norme sur les prestations de veille (2).

Bruno Martinet et Jean Michel Ribault publient en 1989: La veille technologique, concurrentielle, commerciale (8). Ces auteurs défendent l'idée désormais admise que la veille ne doit pas s'arrêter à la technologie mais s'étendre à l'environnement commercial et concurrentiel de l'entreprise. Ils dressent, dans cette optique, une typologie des veilles et ouvrent la porte sur une multitude de veilles, englobant désormais les sciences sociales et humaines, que l'on peut classer en deux catégories

Les veilles par discipline : politique, juridique, chimique, économique

Les veilles par objectifs précis : sociétale, informative, documentaire (pléonasme puisque toute veille est basée sur la collecte, le traitement et la diffusion de l'information. On peut en dire autant de la veille documentaire : aucune veille ne pouvant se faire sans information ni document) et formative.

Vers le concept de veille globale

Pour réconcilier tous ces types de veille, ces auteurs proposent de parler de « veille globale » pour souligner que la surveillance de l'entreprise doit se faire à tous les niveaux et dans toutes les directions.

Dans cette diversité, le concept de veille trouve peut-être une nouvelle brèche dans ce qui fait sa spécificité. Car toutes les personnes concernées au titre d'une discipline se mettent à croire qu'elles font de la veille et perdent de vue la nécessité de ce regard global, spécificité de la veille, capable d'établir des liens entre tous les indices qu'ils soient politiques, sociaux, scientifiques... La veille est en permanence une activité de synthèse où tous les signaux doivent constamment être mis ensemble. Les segmentations de la veille ne prennent sens que dans leur organisation coordonnée au sein de l'entreprise dans une cellule spécifiquement prévue à cet effet.

Veille ou espionnage ?

Jacques Villain publie en 1990 un ouvrage qui a une grande résonance et dont le titre est très explicite : L'entreprise aux aguets : information, surveillance de l'environnement, propriété et protections industrielles, espionnage et contre espionnage au service de la compétitivité (9). Ce livre marque car il pose clairement la nécessité de poser des lignes de démarcation séparant définitivement des comportements informationnels légaux et illégaux. Cette même année, H. Dou, P. Hassanaly, Quoniam et La Tela publie un article associant pour la première fois la veille et la documentation : Veille technologique et informatique documentaire : de l'usage de la bibliométrie dans les services de documentation.(10) Il faut toutefois remarquer que la documentation est citée via une de ses spécificités : la bibliométrie, partie mathématiques de la documentation qui fournit des indicateurs pour agir. Notons également qu'un an auparavant, ces chercheurs ont créé la première formation. Il s'agit d'un DEA en « information stratégique et technique, veille scientifique et technique » à Aix marseille. (Notons qu'aujourd'hui , il existe de très nombreuses formations en veille ou intelligence compétitive : DESS ou licences professionnelles).

Surveillance ou veille ?

Enfin, en 1991 Philippe Baumard publie: Stratégie et surveillance des environnements concurrentiels où le concept de surveillance, de voir sans être vu est mis en évidence. Mais surveiller est un terme à valeur négative. On surveille un prisonnier, une cours de récréation. On est au dessus des « sur-veillés ». Les praticiens préfèrent alors parler de veille qui se rattache à des connotations fortement positives tel le parent qui veille sur son enfant pour que rien de grave ne lui arrive. Surveiller ou veiller se réconcilient dans la désignation de ces actes d'information qui permettent à l'entreprise de s'adapter à son environnement pour innover. Les mots clés en sont « tactique et offensive » dans lesquels, une fois de plus, l'enseignant documentaliste ne se reconnaît pas.

Avant Dernière étape : la veille stratégique ou retour au management de l'information. La rencontre de deux méconnaissances

Le terme le plus courant que l'on doit aux initiateurs de cette nouvelle voie est la veille stratégique. La veille change, une fois de plus, de registre en repassant dans le jardin du management et de la gestion. Ce passage lui fait rencontrer alors un imp-ortant succès de la part de deux professions : les gestionnaires et les professionnels de l'information. Mais, la méconnaissance des spécificités et des modalités concrètes de traitement de l'information par les gestionnaires rencontre la méconnaissance des sciences économiques et organisationnelles des documentalistes. Ces méconnaissances offrent une explication aux difficultés rencontrées sur le terrain où cette double compétence est rarement présente. Les professionnels de l'information, en particulier, s'interrogent alors sur la pertinence des techniques et des services qu'ils offrent. Ne faut-il pas passer d'une logique technique centrée sur l'information et son traitement à une logique de service centrée sur la valeur d'usage appropriable et mobilisable par l'usager, domaine du manager ?

Désormais, on parle d'information stratégique utilisée pour la planification car son utilisation réside dans l'utilisation qu'on en fait. Celle-ci confère à l'entreprise un avantage concurrentiel, elle permet à l'entreprise de modifier sa mission. La valeur des informations est de plus en plus pris en compte dans les milieux industriels et les écoles en gestion commencent à intégrer celle-ci dans leurs modèles et analyse. Appartient-il aux professionnels de l'information d'ouvrir le chapitre de l'économie de l'information ? Pour l'instant peu de travaux vont dans ce sens. Mais des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour dire l'imp-ortance du management de l'information. On peut citer, par exemple, les travaux d'Eric Sutter ou de Jacques Chaumier (11) ou ceux de Jean Michel, à l'origine du concept d'infomanager (12)

Demain, la veille ?

L'irruption d'internet dans nos environnements entraîne forcément de nouvelles questions plus larges et plus stratégiques posées au veilleur technologique du fait de la globalisation et de l'internationalisation des productions et des technologies. La structure des entreprises se modifie, marquée dans de nouveaux modes de travail, tel le travail en réseau ; de nouveaux modes d'organisation du travail telle l'externalisation. On parle d'e-entreprises, de e-activités qui conduisent à mettre en place des moyens de travail collectif, d'accès et de diffusion de l'information liés aux nouvelles technologies. Demain, la veille gardera probablement ses ressorts dans les mots clés de surveillance de l'environnement, de concurrence, de compétitivité. .. Pour les veilleurs, elle gardera son sens spécifique qui ne coïncide qu'en partie avec celui de documentation.

Troisième partie : veille et documentation : quel degré de familiarité ?

Il est temps à présent, aux vues des leçons que nous apportent les définitions de la veille ainsi que son histoire, de poser très clairement ce que n'est pas la veille, son rattachement à l'intelligence économique, mais surtout d'analyser ce que la veille partage avec la documentation et en quoi elle s'en distingue.

Comme la documentation, la veille se décompose en trois parties principales qui sont la surveillance de l'environnement (terme que n'utilise toutefois pas le documentaliste), le traitement et l'exploitation des informations fournies afin de les diffuser aux personnes intéressées. Mais dans ces trois phases, nous trouvons des différences plus ou moins significatives qui spécifient ces deux approches de l'information. Nous pouvons d'ores et déjà dire ce qu'elle n'est pas (espionnage) mais aussi à quel chapitre de la connaissance, la veille se rattache (intelligence économique).

 La surveillance de l'environnement et les sources d'information:

La première étape permet de découvrir les couleurs de l'information, permettant ainsi de préciser sans ambiguïté ce que n'est pas la veille. Car une première distinction séparent les informations légales et les informations illégales, matières premières de trois professions bien distinctes : documentaliste, veilleur et espion (tableau no 01 (13).

Les couleurs de l'information : information légale et information illégale

L'information, et les documents qui la concerne, est classées en trois couleurs : .

L'information blanche, publiée par les canaux classiques de l'édition, la presse, et l'audiovisuel représente suivant les sources environ 70 à 80% de l'information mondiale

L'information grise est diffusée par des canaux plus discrets mais pas secrets, tels les travaux de recherche universitaire, les rapports de stage, d'expérimentation, de mission... Elle représente environ 15% à 20% de l'information mondiale

L'information noire représente l'information confidentielle, marquée par le sceau du secret. Elle ne peut être consultée, utilisée et diffusée que par les personnes dûment habilitées. Violer l'interdit revient alors à faire de l'espionnage.

Ainsi, les informations dont l'entreprise a besoin sont accessibles de façon très clairement légale, déchargeant ainsi veilleurs et documentalistes de préoccupations déontologiques et juridiques graves. Toutefois, il faut noter que les enseignants documentalistes trouvent dans les informations blanches, l'essentiel des informations dont ils ont besoins pour alimenter leurs fonds documentaires à destination des élèves. Par contre, le veilleur ainsi que le documentaliste d'entreprise favorisent largement les informations grises, plus rares, plus difficiles à trouver, souvent plus pertinentes et fiables, prouvant ainsi leur professionnalisme et leur utilité. A l'heure d'internet, ces questions sont largement ravivées par la place monopolistique qu'occupe le moteur de recherche Google. Pourquoi passer par ce moteur, appartenant largement à l'information « blanche » à laquelle tout le monde a accès quand la valeur ajoutée du veilleur comme du documentaliste passe par la connaissance et l'utilisation de moteurs « gris » ? Une des compétences que partagent documentalistes et veilleurs se trouve dans la connaissance a priori de la recherche d'information, des sources à explorer. Cette connaissance est primordiale. On peut considérer que les professionnels de l'information sont des sourciers de l'information (le terme avait d'ailleurs été proposé pour désigner le veilleur). Ils connaissent le paysage, et dans ce paysage les sources ou gisements. Ils ne les découvrent pas au gré des interrogations.

Information formelle et informelle : une spécificité de la veille

Une nouvelle distinction peut faire comprendre une autre spécificité de la veille par rapport à la documentation. Elle concerne les sources ouvertes ou formelles, les sources fermées ou informelles.

Les sources formelles sont composées, quelque soient leurs supports, principalement de la presse, la télévision, la radio, les livres, banques de données, les brevets, les informations légales, les étude publiques réalisée par des prestataires publics ou privés. Elles sont mises en forme et peuvent appartenir à l'information blanche comme à l'information grise. Ce sont les sources de base des documentalistes. Leurs fonds sont composés de documents.

Les sources informelles entraînent l'individu à se déplacer et à « veiller ». On peut les répertorier en deux principales classes : ce sont des sources documentaires (au sens étymologique du terme), comme, par exemple, les catalogues de salons ou d'expositions. Les sources qui ne sons pas forcément inscrites sur un support matériel comme l'exige le document, comme, par exemple, les visites d'entreprise. Ce sont les sources de base des veilleurs. Leurs fonds sont composés d'information.

Ainsi le veilleur ouvre son fonds sur du « non-document ». Il puise les informations dont il a besoin dans des conversations, des échanges avec des personnels, des clients, des fournisseurs. La veille doit intégrer toutes les informations stratégiques qu'elle peut capter. Cela permet de comprendre pourquoi les spécialistes de la veille insistent sur la notion de réseau. La veille doit, en effet, entraîner l'adhésion de tout le personnel de l'entreprise concerné. Les rapports d'étonnement que ces personnels sont invités à remplir à la suite d'un voyage d'études ou pas, représentent un des matériaux de base sur lequel travaille le veilleur. Par essence, la veille est un travail d'équipe. Tous les spécialistes de la veille s'accordent à dire que la première condition du succès d'une veille, c'est que son objectif doit être connu et accepté de tous. On peut remarquer que c'est ce que traduit la notion de politique documentaire ou d'infopolis introduite par Jean-Louis Durpaire et Jean Michel.

Ecologie de l'information : surinformation et désinformation

Toutes les professions de l'information sont confrontées à la surinformation. Quatre vingt à 90% d'information nécessaire est disponible. Face à cette abondance, une des compétences majeure de ces professions réside dans le traitement pertinent de l'information où le tri occupe une place de plus en plus prépondérante. C'est la masse de l'information qui la rend difficilement retrouvable et gérable. Et quand elle est trouvée, il devient impératif de l'évaluer, de la vérifier, de tester sa fiabilité. C'est la raison pour laquelle, on a besoin de documentaliste et de veilleur. Cependant, les problématiques soulevées par la surinformation se doublent de celles liées à la désinformation. Documentaliste et veilleur se rejoignent sur la nécessité de vérifier l'information trouvée, de la confronter à d'autres sources, de mettre en place des outils ou des méthodes permettant de tester la fiabilité des informations. Les deux sont confrontées à la montée d'une société informationnelle marquée notamment par le contexte économique de crise et donc d'urgence mais aussi par l'ampleur et la diversité des informations disponibles et de sa gestion, dans et par l'entreprise. Cette nouvelle prise en compte est rendue possible ou facilitée par la sophistication des outils de communication et de traitement de l'information

Cependant, la nécessité de vérifier la fiabilité de l'information trouvée paraît plus impérative pour le veilleur placé dans une situation que ne connaît pas l'enseignant documentaliste : le veilleur est toujours confronté à un concurrent, à un adversaire. Pour cette raison, plus que le documentaliste, le veilleur doit reconnaître les utilisations détournées de l'information comme la rumeur, la propagande, la désinformation car il est appelé à traiter ces informations pour en tirer des conclusions. En ce sens documentation d'entreprise et veille sont très proches. Les exemples ne manquent, dans ces domaines, d'entreprises qui émettent volontairement de faux signaux pour éliminer l'adversaire. On sait, par exemple, que les Japonais émettent volontairement de faux brevets pour tromper le concurrent mais aussi lui faire perdre du temps dans la vérification des informations ainsi émises. Cette situation qui place le veilleur ou le documentaliste d'entreprise dans un contexte de concurrence et de compétitivité est complètement étrangère -heureusement ! -dans le monde des enseignants documentalistes. Mais elle permet de mettre à sa place la veille comme chapitre de l'intelligence économique.

La veille comme chapitre de l'intelligence économique

Le rapport Martre, publié en 94 au titre très explicite : Intelligence et compétitivité des entreprises dit que : « L'IE est l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l'information obtenue légalement, utile aux acteurs économiques en vue de la mise en œuvre de leurs stratégies individuelles et collectives  » (14). La veille relève de la tactique, méthodes d'approche et de recherche d'informations utiles à une préoccupation stratégique propre à l'entreprise ou à l'organisation considérée. Cette préoccupation relève de l'intelligence économique. La veille est utilisée pour la planification. Elle est un outil de détection quand l'intelligence économique a une mission de stratégie d'influence. Le veilleur spécifie quelle donnée sera ou pas exploitable, utile et utilisée par l'entreprise. Elle est donc une partie ou une facette de l'intelligence économique qui doit être placée sous l'autorité de l'état, porteur d'une politique de développement économique. Ainsi, veille ou documentation d'entreprise et documentation scolaire n'ont pas les mêmes autorités de tutelle car ces activités informationnelles ne poursuivent pas du tout les mêmes objectifs. La veille vise la compétitivité économique. La documentation dans les écoles vise la formation.

Fonds documentaire et fonds spécifique de la veille

Par ailleurs, veille et documentation se séparent sur la largeur du champ ou du domaine sur lesquelles elles travaillent. La veille suppose qu'on ait bien délimité un sujet précis qui représente un enjeu stratégique pour l'organisation et sur lequel vont porter tous les efforts d'investigation et de collecte d'informations dans un but donné. Le domaine du veilleur est toujours très étroit. Le domaine du documentaliste est toujours plus large, délimité par une discipline ou, comme dans l'école, par des programmes scolaires portant sur un ensemble de matières. Un documentaliste dans un CDI ne peut matériellement pas assurer une veille sur tous les sujets susceptibles d'intéresser l'ensemble des enseignants. On ne peut imaginer un enseignant documentaliste dédiant son CDI à une seule discipline et dans cette discipline, à une étroite spécialisation.

2 L'exploitation des informations obtenues

Veille et documentation se retrouvent sur le terrain de l'analyse et du traitement des informations retenues. Cependant les objectifs de ces deux approches informationnelles les entraînent à de nouveau se séparer dans les méthodes retenues et les résultats attendus pour répondre au mieux aux besoins de leurs utilisateurs.

Analyse indicative et synthèse informative

Ces derniers expriment deux besoins différents auxquels correspondent les deux types d'abstracts que les documentalistes connaissent bien. Le résumé signalétique ou indicatif se veut être le signalement des catégories abordées dans un texte afin d'être un outil de décision pour l'utilisateur final. Il lui appartient de décider si le texte signalé peut lui être utile dans le travail entrepris. Dans ce cas, il doit lire le texte. On peut dire que l'exploitation des informations obtenues repose sur la qualité de la matrice documentaire élaborée par le documentaliste. Cette qualité conditionne la possibilité d'exploiter l'information par l'utilisateur final.

Le veilleur se trouve confronté à un autre type de besoins qui correspond à celui du décideur qui n'a pas le temps de lire des textes dans leur intégralité. C'est pourquoi le veilleur ou le documentaliste d'entreprise écrit des résumés informatifs et, de plus en plus, des synthèses informatives. Pour l'utilisateur, c'est comme s'il avait lu tous ces textes dont il peut immédiatement exploiter les contenus. Nous retrouvons là, la cnduite de récit dont parle Janet à propose de la sentinelle du village.

Bibliométrie et recoupement des informations.

Les documentalistes et les veilleurs se séparent sur ce point qui permet de souligner une nouvelle spécificité de la veille. Le veilleur est, en effet, appelé à faire des recoupements des informations trouvées afin de faire émerger une information dite secondaire. Le veilleur est un rédacteur appelé à créer une information utile, à élaborer des indicateurs, aides à la décision. Le documentaliste travaille et analyse le document pour l'information qu'il stocke de façon à la retrouver ultérieurement. Son rôle est aussi de suivre régulièrement tous les sujets qui intéressent ses usagers. Le veilleur travaille autour des documents pour faire émerger d'autres types d'information du corpus documentaire collecté, établir des liens que la bibliométrie permet de comprendre. Ces recoupements permettent, par exemple, de mieux cerner ce que les spécialistes nomment le collège invisible. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas de trouver des documents dans une base de données, sur tel ou tel sujet mais de constater que ces documents émanent toujours des mêmes chercheurs, vécus alors comme des experts. Cela lui permet également d'établir des cartindex qui mettent en évidence des sujets largement abordés par les chercheurs ou auteurs ou, au contraire, l'absence totale de développement sur tel ou tel sujet. Le département des statistiques de la Bibliothèque nationale de France permet ainsi de comprendre que des travaux sur la politique ou le droit font l'objet de productions imp-ortantes quand l'ethnologie reste une parente pauvre. Il appartient au décideur de tirer les conclusions de ce constat. Ainsi, le veilleur suit avec intérêt le Web of Knowledge produit par l'Institut for Science Information qui permet de consulter le Journal of Citation Report qui consigne les facteurs d'impacts de 7500 revues scientifiques. (15)

La diffusion

ou la mise à disposition de l'information réunit une fois de plus veille et documentation. L'information, pour ces deux métiers, est faite pour être diffusée. Cependant ces deux professions se séparent de nouveau dans la définition du public destinataire de l'information traitée. Le veilleur limite la diffusion des informations à ceux qui peuvent les utiliser, à l'intérieur de l'entreprise pour laquelle il travaille. Cela implique que l'on sache bien qui fait quoi et donc qui a besoin de telle ou telle information. Mais apparaît la notion de secret ou de non-diffusion aux personnes étrangères. L'enseignant documentaliste ne connaît pas les problématiques liées à la confidentialité. Son fonds documentaire doit être vivant pour tout le monde au contraire du veilleur qui le limite aux personnels de l'entreprise.

Conclusion :

Au terme de ce travail de nombreux développements spécifiques à la veille restent en suspens : Comment mettre en œuvre un système de veille ? Quels outils utiliser pour que ce système soit le plus opérationnel et fonctionnel possible? Comment mettre en place les capteurs sensibles (agenda électronique, lettre d'information, listes de discussion, fil RSS/Atom, alertes de moteur, outils de suivi de site...) ? Toutes ces questions mériteraient de longs développements.

Ce travail a pour premier objectif de démontrer que les enseignants documentalistes confondent souvent veille et suivi documentaire. Il n'est qu'à voir pour conclure comment est décrit le métier de veilleur et la formation à suivre pour le devenir pour s'en convaincre. En effet, le veilleur dans l'entreprise est chargé de la recherche et de l'interprétation systématique de l'information accessible à tous, dans un objectif de connaissances des intentions et des capacités des auteurs. Bien évidemment, le veilleur doit être polyglotte

Le métier exige d'être pratiqué en réseau. Les systèmes de création de connaissance, les plates-formes permettant de partager, reformuler et créer une intelligence corporative deviennent incontournables.

Le métier s'exerce dans un cabinet-conseil spécialisé ou au sein de la cellule de veille mise en place par une administration ou une grande entreprise. « L'activité englobe toutes les opérations de surveillance (et éventuellement d'action) sur l'environnement concurrentiel. Elle amène à flirter avec le renseignement, l'information grise, l'incertitude, la désinformation, les agressions déloyales qu'il faut connaître pour s'en protéger » (16)

Pour exercer ce métier un bac + 5 est demandé avec souvent une double compétence : en science de l'information et dans une discipline donnée. Les compétences exigent de savoir définir et mettre en place un plan de veille et à avoir une forte passion pour la stratégie et une forte réactivité

En fait, documentation et veille sont des activités informationnelles qui se confondent à travers leurs outils, leurs méthodes ou leurs processus ce qui explique la confusion constante entre ces deux activités. Cependant les mentalités qui les animent en font des métiers fort distincts.

S'ils se rejoignent sur un certain nombre de méthodes et de processus, ces deux métiers s'éloignent dans leurs objectifs et principalement dans l'état d'esprit qui les anime. Bruno Delmas délimite les deux en définissant la veille comme la technique du commando par rapport à l'armée régulière (1). La documentation, en effet, défriche systématiquement un terrain qu'elle a pour mission de découvrir. Les fonctions de veille ont pour but d'explorer les possibles, d'anticiper, de repérer de nouveaux domaines à conquérir avec l'idée clé : par rapport à un adversaire : besoin de capter des informations sur ses positions, ses mouvements et intentions. Les moyens d'investigation diffèrent entre ces deux modes d'approche de l'information. Pour la documentation, ces moyens sont systématiques et méthodiques. Pour la veille ils sont plus diversifiés comme nous l'avons vu en analysant les canaux d'information.

Disons que les documentalistes ont, dans la veille et le veilleur, de bons exemples à suivre, tout en gardant leur identité et surtout leur humanisme.

Marie-France Blanquet, Bordeaux, mai 2009

 

 

 

 

Intervention de Jérôme Bertonèche : directeur adjoint du département des Ressources et Technologies du Scérén-CNDP : Les dernières évolutions en ingénierie documentaire au niveau des schémas de métadonnées et des vocabulaires contrôlés.

Présentation d'outils du réseau Scérén : Educasources, Numéribases et Motbis.

Présentation du nouveau site Savoirs CDI

Intervention de Bruno Richardot, ingénieur d'études au CUEEP (Centre Université Economie Education Permanente, Université Lille1) : « Les étapes de la veille (stratégique) : quels outils gratuits pour la collecte de l'information ?  »

Les étapes du processus de la veille (stratégique) sont au nombre de quatre : 1.construire son tableau de veille, 2.collecter l'information, 3.la traiter l'information et 4.la diffuser. Une cinquième étape est l'évaluation du processus lui-même, étape qui, pour être supplémentaire, n'en est pas moins nécessaire, permettant un ajustement toujours plus précis. C'est la seconde étape qui fera l'objet de la présentation de quelques outils gratuits. Il ne s'agit pas d'un catalogue d'outils, mais bien d'une compréhension approfondie du processus permettant de mobiliser les bons outils au bon moment. Comment détecter les nouveautés sur les pages web ? Comment s'abonner judicieusement à des fils d'information ? Comment construire des fils d'information adaptés à nos besoins ? C'est à ce type de questions que nous essayerons d'apporter des réponses.

La veille est conçue ici comme une activité technique, exigeante (compréhension de la stratégie, compétences d'analyse et d'écriture professionnelle) et individuelle (construction d'une boîte à outils personnelle et entretien de ces outils), sachant mobiliser à bon escient les gouttes d'eau de l'océan informationnel qu'alimentent les communautés professionnelles, régionales, nationales et internationales.

Membre actif de l'ADBS (délégation Nord-Picardie), l'intervenant est chargé de la veille stratégique et de la capitalisation auprès de la direction du CUEEP, institut de formation continue de l'Université de Lille 1.

LIEN VERS POWERPOINT ;

Intervention de Richard Peirano : professeur-documentaliste au lycée de Laval. « Un projet : une exposition sur le réalisme magique, veille et construction de connaissance en communauté »

 

Avec les outils du web social (ou web2.0), mener une veille sur le web est accessible à la plupart d'entre nous. C'est notamment le cas aux étapes de collecte des sources, de surveillance et de collecte des informations et à la dernière étape de publication des résultats de veille (moteurs de recherche divers et variés, agrégateurs de flux rss, outils de monitoring, outils de partage de références et bookmarking social, outils de publication). C'est moins le cas quand il s'agit de penser sa veille et d'analyser les données collectées qui restent toujours des processus intellectuels majeurs.

C'est ici que la veille prend toute sa signification quand elle permet aux personnes (décideurs, enseignants, soi...) d'agir et de modifier leur environnement. De ce fait, la veille est toujours un processus de construction de connaissances orienté vers l'action.

Ces mêmes outils sociaux favorisent l'interaction, l'échange et le partage d'informations, mais aussi la collaboration à distance et la construction de connaissances en communautés. De ce fait veiller est un processus essentiellement communautaire.

C'est dans ce cadre qu'a été construit une exposition sur le réalisme magique. Cette présentation a pour objet de présenter les méthodes, outils et interactions communautaires mise en œuvre.

 

LIEN VERS POWER POINT

 

ANNEXES :

bibliographie de Marie-France Blanquet

(1) www.les-infostratèges.com

(2) AFNOR. Prestations de veille et prestations de mise en place d'un système de veille. Norme XP X 50-053, avril 1998. Paris : AFNOR, 1998

(3) JAKOBIAK, François. Pratique de la veille technologique. Paris : Ed. d'Organisation, 1990

(4) MORIN, Jacques. L'excellence technologique. Paris : Jean Picollec, 1996

(5) Arthur D. LITTLE. Créé en 1886, A.D Little se classe parmi les premiers cabinet-conseil en management mondial.

(6) LESCA, Etienne. Méthodes et techniques de surveillance de l'environnement extérieur de l'entreprise. Paris : Cerag, 1985

(7) ECOLE de GUERRE ECONOMIQUE. www.ege.fr

(8) MARINET, Bruno ; RIBAULT, Jean-Michel. La veille technologique, concurrentielle, commerciale. Paris : Ed. d'Organisation, 1989

(9) VILLAIN, Jacques. L'entreprise aux aguets : information, surveillance de l'environnement, propriété et protection industrielles, espionnage et contre espionnage au service la compétitivité. Paris : Masson, 1990

(10) DOU, Henri ; HASSANALY, Parina et alii. Veille technologique et informatique documentaire : de l'usage de la bibliométrie dans les services de documentation. Documentaliste-Sciences de l'information, mai-juin 1990, vol.27, no 03, p. 132-141

(11) CHAUMIER, Jacques ; SUTTER, Eric. Documentalistes ajoutez de la valeur à vos services. Paris : ADBS Editions, 2007

(12) MICHEL, Jean. De la nécessité d'un (re)positionnement stratégique des services info-documentaires. Documentaliste-Sciences de l'information, vol. 45, no 01, p.44-46

(13) VERNA, Gérard. La veille technologique : une « ardente nécessité ». Lé veille technologique ou stratégique (en ligne), Août 1998. (page consultée le 20 mai 09). Accès URL : www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/PUB/veille.html

(14) Intelligence économique et stratégie des entreprises. Rapport du groupe présidé par Henri Martre. Paris : la Documentation française, 1994

(15) ISI. Web of Knowledge. www.isiknowledge.com

(16) STUDYA. Le veilleur stratégique (en ligne) (page consultée le 20 mai 09). www.studya.com/formation_metiers/documentation/veilleur_stratégique.htm

 

Sélection d'articles de périodiques autour de la veille ( Nadia Nelson, mai 2009)

Les Outils de veille scientifique : quel choix pour les chercheurs du Cemagref ? . Documentaliste (Paris), 04/2002, 2002-1-2, p.16-24.

Dans un centre de recherche, les documentalistes doivent assister les chercheurs dans l'accès à un centre de documentation virtuel et leur donner les moyens de parvenir directement aux sources d'informations pertinentes pour eux. Les documentalistes du Cemagref ont mené une enquête afin de préciser les besoins des chercheurs et de déterminer les outils les plus efficaces pour les satisfaire. Ils présentent leur méthode de travail et les résultats de l'enquête.

 

Giraud, Eric. Une discipline pour innover : la veille technologique. Éducation technologique, 02/2004, 23, p. 9-11. Bibliogr.

Le Japon est souvent considéré comme un modèle de veille technologique. La réussite de ce pays est certainement liée à la culture de recherche d'information. Principes et méthodes de la veille technologique.

 

Salitot, Anne / Compant La Fontaine, Marie-Laure. Espace CDI virtuel : pertinence et démarche. Inter CDI (Etampes), 05/2007, 207, p.66-69. Schéma.

Réflexion d'une documentaliste, en 2007, sur l'instauration d'un espace CDI virtuel sur le site Internet d'un lycée : ancrage institutionnel et professionnel des objectifs ; analyse des besoins des élèves par rapport à leurs pratiques face à l'information numérisée ; diagnostic de l'existant et des rubriques possibles. Système d'information planifié et évolutif offert à tout l'établissement, nécessitant un travail collectif ainsi qu'une veille et une formation des élèves par le documentaliste.

 

Pierrat, Brigitte. Votre portail web sur mesure avec Netvibes : le web 2.0 pour la veille documentaire et informationnelle. Médialog, 12/2007, 64, p. 4-9.

Face au flot d'informations déversées quotidiennement par Internet, on ne peut plus se contenter d'une gestion de ses favoris : la prise en compte des flux RSS est indispensable. Des services en ligne tels que Netvibes permettent d'organiser et de personnaliser son portail de ressources en sélectionnant les domaines et les sources d'information correspondant à ses centres d'intérêt personnels et professionnels.

 

Musselin, Christine / Froment, Eric / Ottenwaelter, Marie-Odile. Les rencontres 2007 des professionnels de l'IST : transversalité et travail collaboratif. Documentaliste (Paris), 10/2007, 2007-04-05, p. 312-321.

"Transversalité et travail collaboratif " : thème des rencontres 2007 des Une problématique centrée autour de quatre thèmes : le web 2.0 (web social pour la veille, la recherche, la classification et la diffusion de l'information) - les archives ouvertes en France et en Europe - l'évaluation scientifique et les indicateurs de la recherche - les nouvelles applications de la terminologie.

 

Madinier, Hélène. Quelle veille stratégique pour les PME de Suisse romande ? . Documentaliste (Paris), 10/2007, 2007-04-05, p. 300-310. Bibliogr.

Présentation d'un projet de recherche exploratoire en veille stratégique mené en 2002-2003 auprès de six PME de Suisse Romande, afin de les sensibiliser à la pratique de la veille en ligne et d'évaluer les conditions de réussite de plusieurs expériences de veille stratégique sur les réseaux. Présentation de la démarche et de la méthode adoptées par l'équipe de la Haute Ecole de gestion de Genève. Chaque phase du cycle de renseignement est analysée et ses résultats sont évalués. L'auteur tire les enseignements acquis et en indique les prolongements actuels.

 

Bachollet, Sébastien / Ambry, Odile. Internet, une nouvelle planète à gouverner. Les Dossiers de l'ingénierie éducative (Paris), 01/10/2007, 059, p. 8-11.

Un remodelage de la planète Internet s'installe. Que sont ces nouveaux territoires ? Qui les gouverne ? Il existe des instances de régulation, des volontés, des fournisseurs, des souhaits d'autorégulation, des lois du marché ou des règles nationales. Diverses instances de régulation sont les lieux où se prennent des décisions et où se passent les compromis entre industriels et poids lourds des technologies. Les enjeux sont déterminants ! .