
« Le Peuple allemand accuse. Appel à la conscience du monde », Éditions du Carrefour, 1938
coll. Musée de la Résistance nationale, Champigny
Les camps de concentration ouverts par les nazis dès 1933 sont destinés à briser moralement et physiquement les opposants politiques allemands qui y sont enfermés. Les détenus sont soumis à lʼarbitraire et à la brutalité des gardiens SA puis SS. Des décès sont enregistrés dès les premiers mois. Dans ces conditions, résister est particulièrement difficile, dʼautant que les nazis mêlent dans les camps des condamnés de droit commun aux détenus politiques et donnent aux premiers le pouvoir de sʼimposer sur les seconds. Des informations sur les camps de concentration sont cependant transmises par les détenus libérés et diffusées en Allemagne et à lʼétranger afin de contrer la propagande nazie qui voudraient les présenter comme des simples instruments de rééducation des individus déviants, socialement et politiquement indésirables.
Sélection de ressources pour le premier axe de travail

Dessin de Boris Taslitzky réalisé au camp de Buchenwald, 1944
coll. Musée de la Résistance nationale, Champigny
La conquête dʼune grande partie de lʼEurope entraîne une extension du système concentrationnaire et une internationalisation de sa population par des déportations massives. La prolongation de la guerre et la mobilisation de la population masculine en âge de combattre entraînent une pénurie de main-dʼœuvre. Lʼengagement de la Guerre totale à partir de 1942 se traduit par la mise au travail des concentrationnaires sans que la brutalité ni lʼarbitraire ne cessent. Dans ce contexte nouveau, les déportés tentent de faire face. La priorité est de contester la toute-puissance des SS et des droit commun qui ont accepté de relayer leurs ordres. Les détenus essaient de se regrouper par nationalité et dʼaccéder aux fonctions de responsabilité du camp. La solidarité vise à atténuer autant que possible la dureté de lʼunivers concentrationnaire et à accentuer les possibilités de survie. Individuellement et collectivement, les déportés sʼefforcent de rester en vie et de conserver la dignité dʼhomme dont les SS cherchent à les déposséder. Quand les circonstances le permettent, certains parviennent à saboter, le plus souvent modestement, la machine de guerre quʼils sont censés servir. A partir de 1943, des organisations internationales commencent à se structurer dans certains camps de concentration. Dès lʼété 1944, elles envisagent de participer à leur propre libération, ce qui nʼest possible que dans de très rares cas au printemps 1945.
Sélection de ressources pour le deuxième axe de travail

Photographie prise le 2 août 1943, auteur inconnu
Coll. Institut historique juif, Varsovie
Lʼextermination des juifs dʼEurope commence à lʼété 1941 par les massacres perpétrés par les groupes mobiles de tuerie (Einsatzgruppen) en Europe de lʼEst. Lʼouverture des centres de mise à mort en Pologne vise à rendre plus efficaces les exécutions de masse. La quasi-totalité des déportés vers les camps dʼextermination sont voués à la mort immédiate, seule une minorité sont maintenus en vie pour assurer le fonctionnement des installations de mise à mort. Dans quatre camps dʼextermination, les membres des Sonderkommandos se soulèvent avant leur élimination et contribuent à accélérer lʼarrêt des opérations de gazage. A Auschwitz, cette résistance peut sʼappuyer sur les détenus sélectionnés pour le travail dont la durée de vie reste aléatoire. Les juifs qui ont échappé à lʼextermination dans les camps sʼefforcent de tenir jusquʼà la libération, parfois avec lʼaide des organisations de résistance qui se constituées dans les camps de concentration où ils ont été évacués.
Sélection de ressources pour le troisième axe de travail

Dessin de Fernand Léger
coll. Fondation pour la mémoire de la Déportation (FMD)
Après leur retour, les déportés français ont constitué des organisations afin de défendre le souvenir de leurs camarades disparus et les intérêts de leurs familles et de faciliter lʼentraide entre les survivants. Ces organisations nʼont cessé de faire vivre la mémoire de la Déportation et dʼen appeler à la vigilance contre toute forme de résurgence du nazisme. Par leurs témoignages écrits ou picturaux, les déportés ont rendu compte les formes de résistance individuelle et collective dans les camps et des possibilités de résister qui pouvaient exister malgré la volonté de les avilir et de les détruire. Ils se sont mobilisés pour que les commémorations et les lieux de mémoire de la Déportation nʼoublient pas la dimension résistante, soit par lʼengagement avant le transfert vers les camps nazis, soit par les luttes entreprises au cœur du système concentrationnaire jusquʼà la libération. Les déportés français ont voulu que le souvenir de leurs luttes, de leurs souffrances et du sacrifice de leurs camarades disparus soient porteurs pour aujourdʼhui des valeurs de liberté, dʼégalité et de fraternité, bafouées dans les camps nazis.