sur le thème :
« Communiquer pour résister » (1940-1945)
Le Centre régional de documentation pédagogique de lʼacadémie de Créteil et le musée de la Résistance nationale à Champigny mettent en ligne un ensemble documentaire autour du CNRD. Cet ensemble est organisé en quatre axes et chacun propose des pistes de recherche, au travers de quelques documents, issus pour lʼessentiel des collections du musée de la Résistance nationale. Des liens renvoient vers dʼautres ressources en ligne.

Collage d'une affiche par des soldats allemands dans une rue de Paris en 1940
DR
Lʼoccupant allemand, dès son installation sur le territoire français, met en place un ensemble de mesures visant à contrôler toutes les formes de communication (presse, radio, réunions publiques, transports, etc.). À la volonté de maintenir lʼordre dʼune armée dʼoccupation sʼajoute le rejet des libertés individuelles et collectives (dʼopinion, dʼexpression, de réunion, dʼassociation, de circulation, etc.) propre au régime totalitaire quʼest lʼAllemagne nazie. Lʼoccupant italien dans le sud de la France agit de même. Quant au régime de Vichy, son souci dʼimposer sa révolution nationale lʼamène à prendre des décisions comparables, parfois en devançant lʼoccupant. Les autorités allemandes comme françaises ont également recours, souvent en collaboration, à une propagande intense qui vise à promouvoir un ordre nouveau et à dénoncer tous les ennemis, en particulier les « judéo-bolcheviques ». Au fur et à mesure, le message adressé à la population passe dʼune apparente bienveillance à des menaces de plus en plus explicites.
Sélection de ressources pour le premier axe de travail

Photographie prise à la Libération
coll. Musée de la Résistance nationale / Champigny
Pour les premiers résistants, la priorité est donc de dénoncer ce qui est dit et écrit par la propagande officielle et tous les médias sous tutelle qui la relaient. Il sʼagit de faire savoir et de faire réagir. Lʼappel du général de Gaulle en est lʼexemple le plus connu – et rend compte immédiatement de la place essentielle des radios libres face aux radios sous contrôle – mais on peut y ajouter les appels lancés au même moment en France (voir les documents produits pour le CNRD 2010). Les premiers journaux clandestins sont autant dʼaffirmations du refus, reflétées dans les titres que les individus ou les équipes qui les réalisent choisissent. Les tracts jouent un rôle équivalent. Tous ces écrits demandent la mise en place dʼune logistique de plus en plus performante alors quʼen même temps la répression sʼaccentue (voir les documents produits pour le CNRD 2011). La Royal Air Force, de son côté, diffuse en France de nombreuses publications réalisées en Grande-Bretagne. Le refus se matérialise également par la dégradation des moyens de propagande de lʼennemi (notamment des affiches), par la multiplication des graffitis patriotiques, par les prises de parole publiques, particulièrement dangereuses, par la participation à des manifestations annoncées à la radio de Londres et par les organisations de résistants présentes sur le terrain.
Partout, y compris dans les camps dʼinternement et les prisons, il sʼagit de faire entendre une parole libre, qui dénonce les mensonges et veut dire la vérité pour convaincre et rallier la population à la Résistance.
Sélection de ressources pour le deuxième axe de travail
À mesure que la lutte sʼintensifie, communiquer acquiert une nouvelle dimension. Les résistants ont besoin de sʼorganiser pour agir plus efficacement. Il faut relier les individus et les groupes entre eux, assurer les liaisons entre lʼintérieur, sous la domination de lʼennemi, et lʼextérieur libre, mais difficilement accessible du fait de la surveillance permanente des frontières terrestres et des côtes. Des agents de liaison, très souvent des femmes, assurent la mission difficile de porter des messages ou des documents, dʼaccompagner les uns et les autres jusquʼaux points de rendez-vous. Des opérateurs-radios, le plus souvent formés en Grande-Bretagne et parachutés en France, sont chargés dʼassurer la liaison entre les résistants de lʼintérieur et les forces qui combattent à lʼextérieur, françaises ou alliées. Dès que les conditions le permettent, des avions font la navette entre la Grande-Bretagne et la France pour déposer et reprendre hommes et documents, tandis que des parachutages alimentent en matériels les groupes de résistants qui ont la chance de les récupérer.
Sélection de ressources pour le troisième axe de travail

Affiche du Front patriotique de la Jeunesse (FPJ), juin 1944
coll. Musée de la Résistance nationale, Champigny
Dans les derniers mois de lʼOccupation, lʼensemble des moyens de communication est orienté vers un seul objectif : la libération de la France. Le Conseil national de la Résistance (CNR) et les organismes qui en dépendent renforcent lʼunification, non sans discussions, ce qui suppose là encore de multiples liaisons entre les responsables des organisations de Résistance. Jean Moulin et tant dʼautres ont été arrêtés à lʼoccasion de ces rendez-vous devenus indispensables.
En 1944, la Résistance sʼefforce de mobiliser la population tout entière à ses côtés alors que lʼoccupant allemand et lʼÉtat français intensifient encore leur propagande, avec un impact de plus en plus limité. Le débarquement en Normandie est le signal du lancement de lʼinsurrection. Les journaux et les tracts clandestins appellent à la mobilisation générale, dans beaucoup de cas avant même que les forces alliées ne soient encore en mesure dʼapporter leur soutien.
La libération du territoire national sʼaccompagne dʼune campagne en faveur du général de Gaulle et du gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Libérée avec le concours des Alliés, la France doit pouvoir retrouver la plénitude de son indépendance. Cʼest pourquoi, dès leur installation, les autorités issues de la Résistance et du GPRF font savoir à la population que la légalité républicaine est rétablie. En outre, parmi les premières décisions prises figurent la restauration et le renforcement des libertés, notamment celle de la presse, prélude au retour de la démocratie.