
Entretien réalisé par Brigitte Catoire, documentaliste au collège Paul Verlaine à Paris, en mai 2005.
François Beiger, est explorateur et ethnologue du Grand Nord. Il élève des chiens polaires et a vécu pendant plus de quinze ans avec les peuples Inuit et Amérindiens du Grand Nord canadien. Il développe plusieurs collections aux Éditions Belin.
BC : François Beiger, parmi vos multiples centres d’intérêt, vous êtes explorateur, comment est née cette passion pour le grand nord ?
Cette passion m’est venue, dans un premier temps, en 1953 à l’âge de 8 ans. Mon voisin de banc de classe me racontait les explorations de son père comme glaciologue dans l’équipe de Paul-Émile Victor. Puis j'ai assisté à une conférence la même année et je savais qu’un jour je partirasi chez les Inuit avec mes propres chiens polaires. J’ai aussi toujours aimé le froid, les températures extrêmes, la neige...
BC : De quelle manière les Inuit vous ont-ils accueilli et comment vous êtes-vous intégré à leur vie quotidienne ?
Les Inuit m’ont accueilli avec beaucoup de simplicité et de chaleur. Ils ont été impressionnés par mes expériences avec mes chiens polaires. Par la suite, j’ai appris avec eux toute leur culture que j’ai partagée. Construction de l’igloo, parcourir la banquise, la toundra, la pêche, apprendre la survie dans la toundra...
BC : Vos romans sont-ils toujours basés sur des faits réels que vous avez vécus ?
Oui. Tous mes ouvrages sont basés sur du vécu.
BC : Depuis quand écrivez-vous ?
Très jeune, j’écrivais pour moi-même, sans penser ni chercher à être édité. Puis un jour, un éditeur m’a contacté.
BC : Quels « messages » souhaitez-vous transmettre à vos lecteurs ?
Respecter les peuples, la culture et les coutumes des autres. J'ai aussi le goût de transmettre mes expériences, faire part de ma philosophie de la vie après avoir moi-même parcouru un chemin atypique, plein d’embûches avec des hauts et des bas. Il faut toujours être positif. C’est dans les problèmes que l’on trouve la force de « positiver ».
BC : Faut-il considérer vos ouvrages comme des romans ou des documentaires ?
C’est une écriture documentaire légèrement romancée.
BC : L ’île d’ Akpatok, dans Le mystère de l’île d’Akpatok existe-t-elle vraiment ?
Oui, cette île existe. J’ai vécu dans les environs pendant trois ans.
BC : Comment êtes-vous devenu directeur de collection et en quoi consiste cette fonction ?
Après avoir quitté un éditeur chez qui je dirigeais déjà une collection jeunesse, les éditions Belin m’ont proposé de développer deux collections jeunesse. J’ai donc créé ces deux collections. Cela consiste à donner une identité à chaque collection. En plus d’être auteur soit même, il s'agit de trouver d’autres auteurs, illustrateurs puis lire les manuscrits que l’on me propose. Puis, travailler avec le service maquettiste de Belin. Participer à la communication à chaque sortie des livres et albums. C’est un travail de passion, parce que l’on est pas salarié. C’est presque du bénévolat !
BC : Quelle est la philosophie de cette nouvelle collection « Terres insolites » ?
Cette collection est destinée aux jeunes à partir de 9 ans. Ses thèmes veulent être l’évasion et le rêve, à travers une histoire, un voyage, une aventure qui emmène le lecteur à la découverte d’une région du globe à la manière d’une caméra documentaire. L'objectif est de faire découvrir au lecteur les milieux naturels, d’autres peuples, d’autres cultures, des animaux à travers une aventure.
BC : Comment choisissez-vous les auteurs susceptibles de figurer dans cette collection ?
Leur écriture doit correspondre à mes objectifs. Découverte, culture, des personnes jeunes, des aînés, une aventure, une intrigue. L'auteur doit connaître le lieu dans lequel l’histoire se passe.
bibliographie jeunesse de François Beiger
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