
Cet entretien a été réalisé lors d'une animation
pédagogique sur les nouveautés en littérature de jeunesse,
au CRDP, en novembre 2005.
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le compte rendu de l'animation pédagogique
Cécile Roumiguière a été sélectionnée
pour le 17ème prix des Incorruptibles avec L'école du désert,
dans la catégorie CE1.
L'école du désert
Magnard col. Tipik cadet
2004
Entretien mené par Marianne Viremouneix, du Prix des Incorruptibles.
Qu'est ce qui vous a attirée dans la littérature de jeunesse ?
C.R : J'ai découvert la littérature de jeunesse à
la naissance de mon fils, en 1994, grâce aux albums de Grégoire
Solotareff. J'ai en effet toujours recherché à tisser des liens
image-texte. Mon premier album a été publié en septembre 2005
et j'ai trouvé vraiment magique de travailler avec un illustrateur. C'est
un grand bonheur.
Il me semble aussi que le milieu de la littérature de jeunesse est plus
simple, plus vrai. D'autre part, le rapport à l'enfance, période
où tout est en germe, me touche. J'ai moi-même grandi grâce
à quelques phrases piochées ici et là dans des romans.
Si je peux imaginer aider un jour un seul enfant au monde avec mes textes, je
n'aurai pas perdu mon temps.
Pouvez-vous nous parler de vos livres et de vos projets pour l'avenir ?
C.R :
En septembre 2005 est sorti Le journal d'une crevette, chez le même
éditeur et dans la même collection que L'école du désert.
Il s'agit du journal intime d'une petite fille qui entre en sixième.
Le récit montre l'évolution et les émotions de cette petite
fille dont le corps change, et les questions qu'elle se pose.
L'album illustré par Sacha Poliakova chez Gautier-Languereau, À
l'ombre du tilleul, montre les relations d'une grand-mère avec son
petit-fils. Les illustrations, très belles, évoquent un monde
intérieur fabuleux. Mon texte s'inspire de souvenirs aveyronnais, alors
que l'illustratrice est russe, mais le résultat est une belle rencontre
entre les styles et le monde de chacun.
En ce qui concerne Le journal d'une crevette, le fait de faire un journal
intime me plaisait, mais je me suis rendue compte que c'est très compliqué,
en particulier du point de vue du langage à utiliser. Je me suis donc
heurtée à la construction du personnage et à la façon
de faire passer des sentiments proches des enfants, sans leur langage, dans
une forme de journal... Malgré les difficultés, je suis heureuse
de l'avoir écrit.
Avez-vous l'intention d'écrire une suite aux aventures de Noura ?
C.R : Non, car c'était pour moi une thématique fermée.
Pourquoi avez-vous choisi de situer votre récit au Maroc, un pays d'Afrique du Nord ?
C.R : Au début, je n'avais pas précisé le lieu. Mais l'éditeur m'a demandé de situer plus précisément mon récit pour qu'il soit plus proche du lecteur français. Moi-même, je ne suis jamais allée au Maroc et c'était donc un peu compliqué. J'ai fait appel à l'aide d'une amie marocaine. Nous avons beaucoup discuté et l'histoire s'est finalement située à Ouarzazate. Mais le Maroc n'est pas plus visé que d'autres pays par rapport à la déscolarisation des filles.
Pourquoi ne pas avoir voulu montrer que l'éducation des filles n'était pas bien acceptée par tout le monde ?
C.R : Mon récit ne comportait pas d'objectif didactique. Je voulais juste dire l'émotion que je ressentais par rapport à l'injustice de la non scolarisation des filles. Mais je ne voulais pas entrer dans un grand débat. L'attitude du frère dans mon roman est un peu optimiste. Dans la réalité, il ne soutiendrait sans doute pas sa soeur pour qu'elle aille à l'école.
Compte rendu rédigé et mis en ligne par Chantal Bouguennec le 19/12/2005
Cet entretien a été réalisé lors d'une animation
pédagogique sur les nouveautésen littérature de jeunesse,
au CRDP, en novembre 2005.
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