Critères d'analyse et d'appréciation d'un échantillon d'albums variés dans l'objectif de repérer leur fonctionnement interne et d'en établir une typologie :
Il induit un type de lecture. Format à l'italienne (image panoramique
- Max et les maximonstres), en hauteur (Plouf, le loup et la mésange),
carré, formes figuratives…
Le choix du format (par l'éditeur) n'est jamais anodin. Il sert à
produire un effet.
Analyse du titre (donne une situation, le nom du héros, titre énigmatique,
titre exclamatif).
Soit le titre annonce la situation, soit il indique qui, quand, où…).
Avant d'ouvrir le livre, faire des hypothèses sur le contenu.
Trouver un titre et comparer avec le vrai.
Salade de titres (mélanger les mots des titres et les faire retrouver).
Effectuer un travail comparatif sur les différents genres de titres.
Faire trouver des titres différents pour un même récit.
Cacher le titre et faire formuler des hypothèses sur l'illustration.
Cacher l'illustration et faire formuler des hypothèses sur le titre.
Trouver un titre à partir de l'illustration.
Faire des hypothèses sur le récit en fonction de
la couverture.
Streap-tease de couverture.
Deux types d'illustrations : très ouvertes, qui laissent place à
l'imaginaire (L'image magique), ou plus précises (Loulou).
Prendre en compte la technique, la mise en page, l'utilisation des couleurs,
des plans, des cadrages. Dans un bon album, le sens se construit autant par
l'image que par le texte (sinon, c'est un livre illustré).
Il y a plusieurs façons d'appréhender le texte.
Prendre en compte le niveau de difficulté (beaucoup de texte, écriture
petite, serrée, vocabulaire adapté…).
Considérer les formes de discours (dialogue, style, énonciation).
Prendre en compte la typographie (forme, épaisseur, place, mouvement…-
Les petits héritages).
Tout cela peut constituer des points de départ pour des productions.
Image redondante ou complémentaire au texte. Peut-on comprendre
le récit uniquement par le texte, par l'image seule, les deux sont-elles
nécessaires ?
Y a-t-il deux narrations parallèles ou pas ?
Le type de lecture est-il linéaire ou éclaté ?
Considérer le rapport entre la succession du texte ou de l'image ou l'utilisation
de la double-page.
Dans Max et les maximonstres, plus on entre dans le rêve, plus
l'image prend de la place par rapport au texte. Elle grignote peu à peu
la deuxième page pour arriver à la double-page sans texte. Quand
Max retourne vers le réel, les mots reviennent. Ce livre est un très
bon exemple de complémentarité texte-image.
Elle participe au sens.
Elle peut provoquer ou inciter à tourner la page par des procédés
techniques (Histoire de la petite souris…Ah !).
Elle peut fonctionner sur un principe d'alternance (noir et blanc - rêve
et réalité - ici et ailleurs - présent et passé
- discours enfant et discours adulte… (Moi, ma grand-mère, Un
pays loin d'ici, Ne te mouille pas les pieds Marcelle).
Schéma quinaire :
- situation de départ
- rupture - problème à résoudre
- aventure - quête
- résolution du problème
- retour à une situation équilibrée
Schéma répétitif :
Randonnées, rencontres multiples, accumulation, énumération,
alternance
(Câline-mi, Câline-moi, Le beau ver dodu, La promenade de M.
Gumpy…) Voir la fiche du comité de lecture sur ce thème.
Ce travail d'analyse de la structure du texte est un support de production intéressant.
Histoire racontée par le héros, par un narrateur
externe, dialogues, narration faite par le texte seul, l'image seule, ou par
les deux.
Continuité narrative entre texte et image (parralèles ou complémentaires).
Points de vue exprimés (un ou plusieurs, en alternance). Les points de
vue différents peuvent être matérialisés par un retournement
du livre (Le chat et la souris)
Il était une fois montre le point de vue de l'enfant dans le texte,
celui du lecteur ou d'un autre narrateur dans l'image.
Focalisations, cadrage (Zoom).
Histoire en boucle (La grande panthère noire, Le beau
ver dodu)
Fin heureuse et close
Fin heureuse et ouverte
Fin heureuse et ambiguë (Le géant de Zéralda) : appel
à l'imaginaire, fin où on imagine d'autres choses (Anna et
le gorille)
Fin malheureuse (Kiki Grabouille - exclusion, atténué par
l'humour)
Fin heureuse porteuse d'espoir : message des contes (il s'est passé des
choses horribles mais les héros arrivent toujours à s'en sortir).
C'est différent dans le conte d'avertissement (message de valeur morale).
Un même album peut également proposer plusieurs fins différentes
Certains l'albums recèlent des mines de références ou de clins d'oeil littéraires, cinématographiques, artistiques... (Les tableaux de Marcel, John Chatterton détective). Leur recherche et leur inventaire peut devenir un jeu passionnant.
Des albums forts, porteurs, peuvent aider les enfants à
résoudre leurs conflits internes, à construire leur personnalité
et à grandir.
Certains albums qui s'y prêtent particulièrement par leur polysémie, leur ouverture sur l'imaginaire (Chien bleu, Sur l'île des Zertes, Lili et l'ours)
Faire repérer ses personnages (souvent les mêmes)
Faire repérer les thèmes récurrents
Faire repérer les couleurs souvent utilisées, le graphisme
On peut s'amuser à échanger les personnages, les
faire se rencontrer, créer une histoire avec les thèmes favoris
de l'auteur, ses personnages habituels, ses techniques d'illustration.
On peut lui écrire pour lui poser des questions.
Pose le problème de la censure (La fête des mères
-D.Daenincks).
Notre regard de médiateur doit intervenir mais il ne saurait être
question d'interdire des listes de livres.
Ne pas mettre entre les mains des enfants un livre qui prône des valeurs
inacceptables.
Nous avons un métier de passeurs de livres.
Références biblographiques des livres cités dans la fiche
