Cette séquence accompagne une animation pédagogique du CRDP :
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Série Garin Trousseboeuf
Évelyne Brisou-Pellen / Nicolas Wintz
Gallimard (Folio Junior)
Les livres de la série
Étude de la série Garin
Synthèse de la lecture-exploration
La série Garin Trousseboeuf
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Présentation de la série
Garin est scribe dans un monde d'analphabètes, c'est là une des idées géniales de l'auteur. Il peut ainsi se déplacer partout, converser avec un peu tout le monde et être au courant de petits secrets déclencheurs de récits. Sa situation lui permet de s'adresser à des nobles ou à des personnages historiques tels que Du Guesclin, d'une autre condition que la sienne. Les histoires se passent toutes dans des lieux différents et les lecteurs en sont les témoins et comprennent ainsi un peu mieux cette période du Moyen âge...
L'objectif de l'activité est de prélever certaines informations dans les livres et en particulier autour de quatre éléments :
- Établir la carte d'identité du personnage principal (informations sur lui, son âge, son aspect physique, sa famille, son métier, son caractère, ses croyances ou superstitions, ses habitudes...)
- Relever les lieux et l'époque du récit
- La mission à accomplir par Garin
- Le métier de Garin
Après lecture, on réunit les renseignements trouvés.
La carte d'identité de Garin Trousseboeuf
Son âge
Garin ignore son âge, il sait qu'il est né au Mans, mais ne connaît pas l'année de sa naissance, sa mère ne s'occupant pas de ce genre de détail. Cependant, il n'avait peut-être pas encore huit ans en 1348, année de la Grande Peste. Les aventures racontées par Evelyne Brisou-Pelen se déroulant autour des années 1354, il aurait donc autour de treize ans... Il surprend ses interlocuteurs lorsqu'il parle en années, une habitude qu'il a prise chez les moines en recopiant les dates sur les documents.
Au Moyen âge, les gens étant analphabètes, désignaient les années passées en leur donnant un nom correspondant à un événement marquant. Par exemple, pour désigner l'année 1348, ils disaient "l'année de la Bosse" ou "l'année de la Grande Maladie" (la peste).
Son identité et ses surnoms
Ne jamais dire son vrai nom, est l'un des jeux de Garin. Cette habitude est devenue avec le temps un principe. Ne jamais rien dire de vrai sur soi, ou le moins possible, sauf en ce qui concerne son métier. Il choisit ses surnoms en fonction des situations vécues afin d'impressionner ses locuteurs. D'ailleurs il pense que son vrai nom fait un peu mesquin...
| Titre du roman | Surnom utilisé |
|---|---|
| L'inconnu du donjon | Garin Trousseanglais, Garin Troussechâteau, Garin Trousseanglais du château |
| L'hiver des loups | Garin Trousseloup, Garin Troussevillageois, Garin Troussepaille |
| Les pèlerins maudits | Garin Troussepoussière |
| Le crâne percé d'un trou | Garin Troussediable |
| Les sorciers de la ville close | Garin Troussefourmi, Garin Troussechemise, Garin Troussemarée |
| L'herbe du diable | Garin Trousseroute, Garin Trousseparchemin : Garin Troussesilence |
| Le chevalier de Haute-Terre | Garin de Troussecotte, Garin Trousseplume, Garin Troussepape, Garin Trousseprière, Garin Trousseblason, Garin Troussenoble |
Sa famille
Garin n'est pas très attaché à sa famille. Sa mère Léonie l'accusait d'être un gouffre sans fond, on ne pouvait jamais le rassasier. Il est le dix-neuvième enfant d'une famille de vingt-quatre enfants. Ses parents les confondaient tous. Il jouait des coudes pour se faire remarquer et a donc appris à lire. Ses frères et soeurs étaient à son départ de la famille encore tous vivants, ce qui est très rare au Moyen - Age.
Garin a quitté la maison familiale à la naissance du vingt-cinquième
enfant, il ignorait s'il y en avait eu d'autres depuis mais le passage de la
peste de 1348 lui laisse à penser qu'il n'en reste pas beaucoup en vie
(il en a croisé un à Nantes lors d'un voyage mais ne lui a rien
dit et le regrette). Il se rappelle qu'un de ses frères avait un tic
nerveux se passant sans arrêt la main sur le visage (il s'était
amusé à lui enduire la main de suie avant l'arrivée la
fiancée de celui-ci).
Dieudonné, son père était paveur, un ivrogne ; dès le matin il était déjà ivre et ne supportait pas les enfants (il n'avait pas le vin heureux) au moindre bruit, il sortait son fouet ou son ceinturon et frappait, ses mains sont calleuses et creusées de gerçures à force de travail.
Son aspect physique
Garin a un visage étroit et bruni par le soleil, des cheveux avec des mèches blondes couleur de blé mur sont définis par l'auteur comme étant « blondasses, hirsutes, ébouriffés » ( il se les coupe à l'aide d'un couteau !), bref, des cheveux pleins de vitalité (il dit que ce sont des résidus de mangeoire à fourrage, de champs de blé en jachère), il a déjà eu des poux mais n'a pas encore de poil au menton.
Son cou est maigre, son nez et sa bouche vite expressive sont définis par l'auteur comme étant « moyens » avec un bouton en bas de la joue gauche.
Ses yeux sont clairs et francs (ils ne se détournent jamais) de couleur gris-vert. Ses oreilles bien dessinées.
A la lecture de ces six récits, on peut affirmer que Garin possède un corps maigre, ne possédant pas de réserve car il grandit trop vite apprend-on au cours de ces récits (il est assez élancé pour espérer avoir un jour une certaine prestance). Peu musclé des épaules, bien qu'un peu creux de poitrine, ses bras sont longs avec des mains maigrichonnes mais nerveuses. Il a cependant de bonnes jambes pour marcher sur les routes médiévales avec des pieds minces et secs qui sont agiles (il arrive à remuer ses orteils indépendamment les uns des autres...). Mais il ne s'est jamais vu dans un miroir et est très surpris de se découvrir lors d'une visite chez Dame Agnès.
Ses habits
Garin s'habille chaudement en enfilant une chemise, une cotte, un surcot usé dans le dos à l'endroit où frotte son écritoire, un gilet rembourré et des chausses à semelles (sortes de grandes chaussettes avec des semelles).
Les jours de pluie il ajoute une cape et apprécie les doublets (gilets sans manche) en peau de mouton.
Son caractère
Sage, perspicace, il a l'esprit d'invention pour les histoires et ne craint pas les chiens. Curieux de tout, Garin peut être également très naïf car il peut se laisser manipuler. Il haït les fourmis, surtout quand elles dérangent son sommeil. Il peut proférer des jurons interdits par l'Église (quand il a dormi dans un fossé et qu'il se réveille complètement mouillé par exemple) mais cela le soulage un peu. Il espère devenir quelqu'un. Il aime mentir et raconte très souvent des récits imaginaires à ses interlocuteurs. L'injustice est la chose qu'il supporte le moins, elle provoque chez lui un état de colère inexplicable. C'est souvent l' élément moteur qui l'entraîne dans une aventure.
Ses croyances et superstitions
Il est superstitieux. Pour se porter bonheur, il fait un signe de protection en se mettant le pouce droit dans l'oreille et l'auriculaire dans la narine quand il a peur, en demandant à Saint Garin de le protéger. Il dit n'avoir jamais peur mais prétend que dans certains endroits, la nuit était peuplée d'êtres maléfiques, tout en affirmant ne pas y croire du tout.
Il ne croit pas en la sorcellerie (le pouvoir d'une jeune fille sur les loups par exemple), ni aux miracles, encore moins aux interventions divines. Il pense que lorsque les oignons mettent « force de pelures » c'est qu'ils se protègent d'un hiver rigoureux à venir.
Par rapport à
la religion catholique :
À l'église qu'il fréquentait étant petit, on ne huilait jamais les gonds de la porte, de manière à ce que ce couinement dénonce ceux qui arrivaient en retard ou partaient en avance ! Devant un mort, il trace sur le corps de celui-ci le signe de croix et fait une courte prière.
Ses habitudes
C'est un homme libre qui vit en errant. Il peut dormir dans un fossé et n'est pas très attaché à sa famille qu'il a ainsi quittée.
Apprendre à chanter à l'école était pour lui une vraie punition tant il chantait mal.
Il appréhende les étendues d'eau car il ne sait pas nager mais souhaite apprendre. Par contre, c'est le roi du ricochet !
Il évite le plus possible les bateaux car il a le mal de mer.
Il a horreur des prisons, de la paille moisie, de la saleté, des odeurs, de l'humidité et la puanteur des culs-de-basse-fosse situés au-dessous du niveau du sol. Il dort profondément , le chant du coq ne le réveille pas, il s'endort facilement à la messe.
Il sait monter à cheval si l'occasion se présente. Agile, sa grande habitude des chemins infestés de loup et de brigands lui a appris comment disparaître en deux temps trois mouvements.
Les lieux des récits (carte de France et de Bretagne à construire pour illustrer)
L'inconnu du donjon : vers la ville de Bescherel ; dans le château de Montmuran
L'hiver des loups : un petit village de Bretagne
Le crâne percé d'un trou : le Mont Saint Michel
Les pèlerins maudits : sur les routes entre Tours et Poitiers
Les sorciers de la ville close : à Conq, ancien nom de la ville de Concarneau
L'herbe du diable : Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon
Le chevalier de Haute-Terre : Vitré, Rennes, Malestroit, Monteneuf, Rochefort en Terre, Largoët (à Elven), Suscinio, Vannes, Saint Gildas de Rhuys, Bécherel près de Dinan, Sarzeau...
On remarque que chaque histoire se situe dans un lieu plus ou moins clos. Avec les élèves, on se rendra à la BCD pour consulter les atlas, les dictionnaires pour créer une carte des lieux des récits.
Ses missions
Les missions de Garin
sont en quelque sorte des enquêtes policières (crime à élucider, recherche d'un personnage...)
Personnages historiques rencontrés :
Bertrand du Guesclin (L'inconnu du donjon) ; Le pape Innocent VI (L'herbe du diable) ; Le duc de Lancastre chef des armées de Montfort (Le chevalier de Haute-Terre).
Son métier : scribe
Un scribe, c'est comme un confesseur, il respecte le secret professionnel. Ne
souhaitant pas aider son père, Garin a appris à lire et à
écrire à l'école cathédrale pour faire enrager ses
parents et se distinguer de ses vingt-trois frères et soeurs.
Il a échappé à la peste en 1348 car, quand il était
à l'école, il avait essayé de subtiliser une écritoire
avec tout le matériel à l'intérieur. Le chantre l'avait
surpris et l'avait envoyé dans un monastère breton, estimant qu'
un séjour au couvent lui ferait plus de bien qu'une geôle pourrie.
Cette punition dans ce couvent l'a miraculeusement épargné de
« la Dame Rouge ». Garin y a appris à parler breton.
Son écritoire est la seule richesse qu'il possède et s'il l'égare
parfois, il le retrouve toujours. Cette boîte est son gagne pain et la
confidente de ses aventures. Son matériel se compose d'un écritoire
contenant des parchemins, des plumes d'oie taillées (les meilleurs viennent
de l'aile gauche de l'oiseau), une corne à encre (l'encre peut geler !),
un scalpel pour gratter les parchemins, et rangés dans un compartiment
de son écritoire, une lame pour tailler les plumes, un pain de cire à
cacheter, un sablier, un poinçon, (voir le dessin page 45 dans Les pèlerins
maudits).
C'est
un professionnel de l'écriture, il déteste le papier. Pour effacer
un écrit, il gratte le parchemin sans le trouer, verse du sable sur son
écrit afin d'accélérer le séchage. Le pain de cire
est rangé parmi ses plumes afin d'être protégé des
chocs. Il sort de sa besace son briquet d'amadou, le bat vigoureusement pour
obtenir une flamme afin de déposer un petit rond rouge au bas du parchemin,
puis pour la signature, il utilise un sceau en or appartenant à un chevalier
ou à un noble qu'il imprime fortement dans la cire. Il est capable d'évaluer
une fortune juste en jetant un coup d'oeil à la pièce principale.
Garin écrit pour ceux qui ne savent pas le faire : des messages,
des reconnaissances de dettes, des lettres d'amour, des menaces de mort, des
missives, des testaments, des ex-voto, des étiquettes destinées
aux pots d'un apothicaire, des demandes de rançon, des fausses nouvelles,
des messages secrets, des copies ou mise à jour de registres de commerçants
ou d'une cathédrale, être le chroniqueur des exploits d'un chevalier,
établir l'inventaire du mobilier d'un château, noter sous la dictée
les mesures d'un arpenteur (qui vérifie la taille des parcs enclos de
murs et la surface des terres cultivées pour l'établissement des
impôts)...
Pour se débarrasser des gêneurs il leur annonce que « Pour
un conseil, c'est deux deniers la phrase » ! Il repart sur les
routes dès qu'il n'a plus de travail.
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Cette lecture-exploration peut se pratiquer en classe en achetant seulement dix livres différents en trois exemplaires. Cela permet, pendant que les bons lecteurs lisent plusieurs livres, d'aider les lecteurs en difficulté de façon plus individuelle.
Lorsque le personnage de Garin est bien compris pour l'ensemble du groupe, l'enseignant peut proposer un autre travail, en guise d'évaluation :
Des extraits de textes des ouvrages de la série sont photocopiés et les noms des personnages qui parlent sont masqués en blanc. Le lecteur doit retrouver, en s'aidant du contexte et en argumentant, qui est, à chaque fois, le personnage qui parle (est-ce Garin ou non ?)
Ce type d'exercice permet d'évaluer le niveau de compréhension des élèves pour poursuivre ou non la lecture de la série.
Proposer à des élèves de mettre en lien des oeuvres entre elles, c'est offrir un éclairage particulier sur l'oeuvre étudiée, c'est marquer son inscription dans le temps et l'espace du champ littéraire.
Les étapes précédentes constituent une mise en réseau collective d'un ensemble de livres. Avec les élèves, ceci prendra au moins le temps d'un intervalle entre deux périodes de vacances.
Les étapes de cette progression sont :
- lecture d'extraits à haute voix par le maître
- lecture des livres en classe, à la maison
- mise en oeuvre d'ateliers
- construction de séquences (travail sur la compréhension d'un personnage principal, la trame d'une histoire, les lieux des histoires...).
À chaque étape, la classe produira un document écrit (par
exemple une carte des lieux). Ce sont les élèves qui doivent trouver
eux-mêmes, par des recherches, les renseignements utiles à la production
de leur document. C'est ainsi que le roman historique se doublera d'une lecture
en écho de documentaires éclairant la période historique
évoquée. Les discussions qui s'instaurent nécessairement
lors des échanges permettent de progresser dans la compréhension
du personnage et de l'histoire. Ces pratiques font vivre et revivre les textes,
les font dialoguer entre eux et avec ses lecteurs.
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Cette séquence accompagne une animation pédagogique du CRDP :
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le compte rendu de l'animation
Compte rendu rédigé et mis en ligne par Chantal Bouguennec le 29/03/2005
