CRDP de l'académie de Créteil
Intervenante : Anne Dupin
Introduction
De l'utilisation didactique de l'album de jeunesse à
l'approche culturelle
A propos de Claude Ponti
Propositions d'activités types
Matérialité du livre et contenus
Lecture d'images et relation texte/image
Chronologie
Écriture
Typographie
Dessins
Arts plastiques
Propositions d'activités spécifiques
Sur un ensemble d'albums
Sur certains albums en particulier
Bibliographie classifiée des ouvrages de Claude Ponti
L'album est devenu un lieu où convergent actuellement une forme d'expression artistique courte dans un rapport texte / image signifiant, des enjeux psycho-socio-culturels et des pratiques pédagogiques. Son aspect graphique séduisant et sa relative facilité d'accès textuel l'ont prédisposé rapidement à être abordé par le biais d'activités ludiques, et la valeur éducative et culturelle de cette production à finalité pourtant non didactique s'est trouvée rapidement accréditée par l'école primaire. Mais les excès de scolarisation des albums montrent bien la dérive à laquelle on risque de participer si l'on n'y prend garde.
S'il ne suffit pas de mettre des albums dans les mains des enfants pour qu'ils soient appréhendés comme des instruments de développement personnel, il ne s'agit pas non plus que le rôle de médiateur de l'adulte fasse entrave à une lecture autonome efficace et épanouissante. Certes, faire sens suppose des compétences de lecteur très importantes, que certains adultes sont parfois incapables d'avoir, tant leurs horizons d'attente diffèrent de ce que propose l'album de jeunesse. Dans une démarche de questionnement des récits, le médiateur se doit donc de laisser à l'enfant la possibilité de poser des hypothèses et contre-hypothèses, de laisser la place à des interprétations possibles, et d'aider à la maîtrise des codes du texte narratif. Mais il est également important de garder à l'esprit la spécificité de l'album par rapport aux outils traditionnels d'acquisition du savoir.
L'album fait entrer l'enfant dans le monde de la lecture par la recherche du sens, la créativité, l'envie d'imaginer et le plaisir de la découverte. Il introduit l'enfant à des lectures qui participent pleinement de son individuation parce qu'il engage sa subjectivité dans le processus de signification, tout en l'aidant à maîtriser la différence entre réel et fiction. Mais l'album est aussi et peut-être avant tout, un objet culturel et littéraire. Il semble donc que favoriser la rencontre entre l'imaginaire de l'enfance, par une "pédagogie de l'imaginaire" (cf. Duborgel) et les univers imaginaires d'un auteur par la découverte de l'uvre dans son ensemble, peut faire de l'album le foyer d'une conciliation. Abordés sous cet angle, les albums, préservés d'un détournement trop didactique, ont leur juste place dans les activités scolaires. Une démarche pédagogique qui favorise une véritable interaction entre l'enfant et le livre dans sa diversité de textes, d'images, de mise en page, de formats, voire de matière, ne peut qu'aider à développer un comportement de lecteur qui renvoie avant tout au plaisir de la rencontre avec les récits. Qu'il s'agisse d'entrer dans l'univers d'un auteur qui devient familier, permettre une identification ou établir une complicité avec les personnages, aborder la notion d'uvre, repérer les composantes d'un style, l'important est d'assurer le dynamisme culturel et littéraire des albums de fiction, par médiateurs interposés. Car de cette rencontre naît le travail en profondeur de l'imaginaire qui nous transforme, déniant à toute entreprise pédagogique le pouvoir d'en poser les limites.
La
littérature de jeunesse permet potentiellement de mettre en écho
ce qui est déjà en soi, et certains albums résonnent plus
intimement et plus fortement que d'autres chez les jeunes lecteurs. Claude Ponti
est à mes yeux un auteur incontournable dans l'ensemble de la production
enfantine, dont la foisonnante créativité et la richesse graphique
suscitent l'engouement quasi systématique des enfants. L'univers pontien,
avec ses multiples références culturelles et artistiques, ses
thèmes et son langage propre aux territoires de l'enfance, son originalité
dans les formes, les couleurs, la typographie ou le découpage scénique,
manifeste des propositions narratives qui impliquent fortement l'émotionnel
de l'enfant et coïncident avec son horizon d'attente. Il y trouve aussi
souvent le pouvoir de maîtrise d'une parole ou d'un savoir nouveau qui
permet de peser un peu plus sur son destin. Ponti dit de ses albums : "Mes
histoires sont comme des contes, toujours situées dans le merveilleux,
elles parlent de la vie intérieure et des émotions de l'enfance,
ainsi chaque enfant peut-il mettre ce qu'il veut dans les images : les
personnages et les rêves qui sont les siens."
Claude Ponti, de son vrai nom Claude Ponticelli, est né en 1958 à
Luneville, en Lorraine, a fait des études de lettres et d'archéologie
et a fréquenté l'école des Beaux-Arts. Il a été
peintre et illustrateur pour la presse et a créé son premier livre
pour enfant en 1985, à la naissance de sa fille Adèle. Il a publié
une grande quantité d'ouvrages : quarante-huit albums de tous formats,
un roman pour enfants, deux romans pour adultes et un documentaire. Il a également
illustré sept autres textes de divers auteurs.
Mais l'étude des albums d'un auteur ne peut faire sens dans un champ
culturel ou littéraire que si l'on met ses livres en réseau. Et
pour aller dans le même sens que les propos de Ponti concernant L'album
d'Adèle, j'ai voulu créer des activités qui permettent
aux enfants de découvrir un univers où ils puissent "entrer,
jouer, grandir et rapetisser, découper avec les yeux comme des ciseaux,
mélanger, recomposer et coller avec l'eau des rêves, un univers
où ils puissent aller dans tous les sens de leurs sens."
J'ai donc essayé de proposer des activités de cet ordre-là,
ce qui est bien ambitieux. Dans un premier temps, je présenterai des
activités types, que l'on peut faire à partir de n'importe quel
album de littérature de jeunesse ; dans une seconde partie, on trouvera
des propositions d'activités plus spécifiques autour des albums
de Ponti, tout d'abord sur des ensembles d'albums, puis à partir d'albums
particuliers. La découverte de cette uvre riche et complexe n'est
pas forcément évidente et mérite une immersion progressive,
du plus simple au plus complexe.
Lors d'un premier contact avec les albums, on peut faire procéder à
des tris de livres avant d'entrer peu à peu dans l'univers de l'auteur.
Ces tris vont permettre une première approche des notions d'auteur, d'illustrateur,
d'éditeur, de collection... On met à disposition des enfants des
livres qui vont permettre de faire ressortir certains critères retenus
au préalable. Si l'on veut faire ressortir la notion d'auteur, on va
proposer des livres écrits par Claude Ponti et d'autres dont il n'est
pas l'auteur. Ce type de travail s'adresse surtout à des enfants lecteurs
puisqu'il s'agit de repérer des éléments textuels de la
couverture. On abordera au passage les notions de titres, illustration, première
et quatrième de couverture...
Claude Ponti a publié en tant qu'auteur-illustrateur et en tant qu'illustrateur seulement. On peut faire repérer toutes les combinaisons possibles dans les collaborations auteur-illustrateur. Dans Paris, dont il a réalisé les illustrations, il est co-auteur avec Geneviève Brisac. Dans La guerre des mots, Daniel Depland est auteur et Ponti est uniquement illustrateur. De même pour Quitounette, d'Annick Lacroix. La lune, la grenouille et le noir a été illustré par Claude Ponti mais mis en couleur par Monique Ponti.
Encore par des tris de livres, on peut faire ressortir la notion d'éditeur. La majorité des livres de Ponti a été éditée par L'école des loisirs, quelques uns chez Gallimard, les romans pour adultes aux Éditions de l'Olivier, un ouvrage chez Hatier et un au Centurion ("J'aime Lire").
Toujours à partir d'albums sélectionnés, on peut faire observer l'existence de différentes publications : un même album peut avoir été édité avec une couverture cartonnée ou une couverture souple (Le chien invisible), dans des formats et sous des présentations différentes (Pochée) et il peut être intéressant de faire réfléchir sur les raisons supposées de ces choix éditoriaux (coût, maniabilité, édition plus luxueuse…). Les romans et albums de Claude Ponti montrent également un éventail de collections (Mouche, Mouche de poche, Lutin poche...).
Avec
les jeunes enfants, il est préférable d'aborder l'uvre de
Ponti à partir des séries, plus facilement repérables.
Les séries permettent d'allier forme et fond. Elles sont identifiables
par leur format : très grands formats à l'italienne (série
des Adèle), à la française (Ma vallée,
Georges Lebanc, Blaise et le château d'Anne Hiversère),
albums carrés de différentes tailles (Le chien invisible, La
tempête, Parci et Parla), très petits formats à l'italienne
ou à la française (Tromboline et Foulbazar, Monsieur Monsieur
et Mademoiselle Moiselle), albums découpés (Dans le gant,
Dans le loup, Derrière la poussette...). Il est rare de trouver chez
un même auteur autant de formats différents.
Les séries sont identifiables également grâce aux personnages
héros :
Tromboline et Foulbazar, ou Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle. Ces
séries sont d'ailleurs affichées comme telles sur la couverture,
ce qui aide à la lecture. Après avoir identifié toutes
ces séries, on peut prendre un album que les enfants ne connaissent pas
encore et leur demander de l'incorporer à une série. Cette activité
sera d'autant plus facile à réaliser que les personnages héros
sont présents sur la couverture.
Le travail sur la différenciation fiction documentaire est assez limité en ce qui concerne Ponti puisqu'il n'a publié qu'un seul documentaire : Paris. Cet ouvrage peut être mis en relation avec Georges Lebanc, album de fiction dont la couverture présente aussi un monument de Paris. Mais on voit d'emblée que l'on a affaire à un univers imaginaire, ce qui se trouve confirmé au fur et à mesure que l'on entre dans les illustrations et le texte, très différents du réalisme descriptif de Paris.
La différenciation albums-romans ne pose en général pas trop de problèmes, puisque les romans pour adultes ne sont pas illustrés. La seule subtilité réside dans le fait que parmi les deux romans pour enfants, Pochée et Zénobie, l'un possède des illustrations et l'autre non.
En ce qui concerne la relation texte / image, on peut procéder par collectes d'images qu'on photocopie, ce qui plait aux enfants et permet d'entrer un peu plus dans l'uvre, de s'imprégner des héros, des thèmes et des composantes de l'univers de Ponti. On peut les organiser selon deux stratégies : soit rechercher un thème précis dans tous les albums, soit tous les thèmes d'un seul album. On peut lancer des séries de collectes d'images : les héros, les lieux, les objets, les créatures fantastiques, les monstres. On peut également effectuer des collectes plus complexes, par exemple les différents modes de déplacement des personnages dans les histoires. Chez Ponti, en effet, on se déplace rarement de façon classique ; à pied, on peut passer sur un pont de cheveux ; sur l'eau, on peut se déplacer sur un lit bateau ; dans les airs, on s'envole accroché à un enfant-lune, on traverse des chemises de nuit, on vole sur des fenêtres volantes...
Pour compléter ces collectes, on peut lancer des recherches plus particulières
qui vont consolider la familiarisation avec ces albums : 
- rechercher les personnages secondaires récurrents ; par exemple
dans la série des Blaise, il y a toujours, hormis Blaise le poussin
masqué, le poussin qui dort tout le temps, le poussin qui porte un tuba,
le poussin qui essaie de voler et qui retombe toujours...
- rechercher les objets inattendus ; la fusée de Tintin.
- rechercher les auto-références ; certains personnages ont
le même masque que Blaise le poussin masqué.
- rechercher des personnages des contes traditionnels ; le Petit Chaperon
rouge et le loup, le Petit Poucet.
Titres et premières de couverture :
Cacher le titre et le faire retrouver par observation de l'image, ou inversement
retrouver l'image correspondant au titre donné. Pour cette lecture d'image,
il faut bien choisir les albums car certaines illustrations de première
de couverture ne sont pas "parlantes" au regard du titre. S'il est
facile de reconnaître Le Doudou méchant, l'interprétation
et la reconnaissance du titre Sur l'île des Zertes est beaucoup
moins évidente.
Premières de couverture et accroches de quatrièmes :
Peu d'albums de Ponti possèdent un texte en quatrième de couverture.
Il s'agit de la série des Adèle, des romans, de La colère
de Monsieur Dubois et de La guerre des mots. Pour les enfants lecteurs,
il est relativement aisé de faire associer cette accroche et l'illustration
de couverture. On peut, pour augmenter la difficulté, cacher les références
directes au titre contenues dans ces textes. On peut profiter de l'occasion
pour insister sur le rôle du texte accroche et son utilité.
Couvertures et pages de garde : 
Les pages de garde sont particulièrement parlantes chez Ponti, car elles
reprennent souvent un élément de la première de couverture.
Par exemple dans la série des Blaise, on va retrouver une multitude
de poussins sur la page de garde ; dans Pétronille et ses 120
petits, on retrouve 240 petits (120 multiplié par deux, en symétrique
sur les deux pages). Certains traitements de ces pages font référence
au texte ou au titre directement (Les chaussures neuves de Monsieur Monsieur).
Dans cette collection, toutes les pages de garde proposent des dessins au trait,
blancs, qui évoquent des éléments de l'histoire.
Parfois ces références sont plus emblématiques : dans
Tromboline et Foulbazar, les personnages sont évoqués par
les petites plumes. Les pages de garde peuvent donc être une aide pour
repérer les séries. On peut alors demander de retrouver la bonne
page de garde d'un album d'une série, ou ce qu'on aurait pu mettre comme
motif pour un album qui ne possède pas de page de garde.
Noms et illustrations :
Là encore, il est important de bien choisir ses personnages puisque certains
noms sont très évocateurs et d'autres pas (la Loupiotte, le bateau
sèche-larmes, Martin réveil, l'Écoute-aux-Portes, Adèle,
la fourrette, Monsieur Sable...). On peut également faire associer des
noms de lieux aux illustrations (la prairie chatouilleuse, la planète
aux miroirs...), ou encore des personnages par couples ; c'est alors le
type de construction des noms qui va permettre l'association (Oum Popotte avec
Oum Platichotte, Parci avec Parla…). On peut enfin associer les personnages
aux lieux qu'ils habitent (les Moiselles-d'égypte et leur palais, Pétronille
et sa maison, Hypollène et l'arbre sans fin...).
Extraits de textes et images :
On peut partir de plusieurs illustrations et faire associer un seul extrait
de texte, ou à l'inverse partir de plusieurs extraits de texte et faire
associer une seule illustration, ou encore faire retrouver un extrait de texte
qui correspond à une illustration.
On peut aussi organiser un mélange d'illustrations et de textes (d'un
ou de plusieurs albums) et faire retrouver les correspondances.
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PRISONNIERS |
Pour cet exemple extrait de Pétronille et ses 120 petits, on propose de compléter le texte en y replaçant les mots de la colonne de droite, à partir de la lecture d'image.
Dans Georges Lebanc, p.31, le mot "fromages" est extrait du texte pour être collé dans l'image. Les enfants pourront s'amuser à déplacer d'autres mots sur le même principe.
Il est intéressant de faire ressortir dans la relation texte / image
ce qui est de l'ordre des redondances, des différences, des ellipses.
L'image peut dire la même chose que le texte, en dire plus ou moins que
le texte, et inversement. Dans Schmélele par exemple, le texte
parle des scarabillons qu'on ne voit jamais : il en dit donc plus que l'image.
On peut inciter à modifier un texte qui correspond à une illustration.
Dans Parci et Parla, sur la première image de la chambre des enfants,
le texte dit : "Ce matin, comme tous les matins, Parci et Parla se
réveillent dans leur chambre". On peut attirer l'attention sur le
fait que la lune se couche et le soleil se lève, que la chambre est très
en désordre, que certains personnages sont en activité... ce qui
peut permettre de développer le texte et d'en dire plus que l'image.
On peut aussi en dire moins : "Ce matin, comme tous les matins, Parci
se réveille dans sa chambre". Ou essayer de dire la même chose
(ce qui s'avère impossible dans l'absolu).
Remise en ordre des illustrations :
Dans La colère de Monsieur Dubois, la remise en ordre est aisée dans la première partie de l'album car le personnage se décompose au fur et à mesure qu'on avance dans les pages (le texte exprime lui aussi la décomposition). Mais c'est plus difficile sur la totalité de l'album, car il y a un retour à l'ordre progressif après le chaos.
Remise en ordre du texte :
Il faut essayer de prendre des récits qui ont des causes et des conséquences. Le Bébé bonbon fonctionne très bien pour cette activité, car on ne peut pas se tromper sur l'ordre.
Les intrus :
Dans les petits albums des séries Tromboline et Foulbazar ou Monsieur Monsieur, il est facile de faire repérer des pages intruses puisque les pages de ces albums comportent toujours les mêmes personnages. On peut augmenter la difficulté en abordant l'activité avec les autres albums, plus complexes, ou en intercalant une page sur deux.
On peut repérer les procédés d'analepses dont Ponti s'est rendu spécialiste : à un moment donné du récit, le texte incite le lecteur à revenir en arrière. Dans Okilélé (p.26) : "Okilélé eut très peur. Il éternua tout son rhume noir d'un seul coup. Il avait toujours eu un petit rhume noir. Il n'y faisait même plus attention et voilà qu'il sortait complètement de lui et qu'il tuait le monstre." On peut donc inciter à vérifier l'existence de ce petit rhume noir, peu remarquable au premier abord, en se reportant à la première page.
C'est
un procédé cher à Ponti, qu'on peut demander de retrouver
dans plusieurs albums. Dans Le Tournemire (p.7 et 9) : "Ce soir là,
alors qu'ils reviennent de leur promenade, Mose et Azilise ne remarquent rien
du tout." On invite à chercher ce qu'il y avait à remarquer.
"Quand ils se disent bonne nuit chacun devant sa maison, personne n'a toujours
rien remarqué". Ce n'est qu'à la page de l'arrivée
du Schniarck qu'on peut découvrir qu'Azilise fait pousser des petites
fleurs sur son passage, et vérifier que c'était en fait visible
dès la première page et sur les suivantes.
Dans Le doudou méchant : "…avec le doudou
et sa doudoue qu'il a rencontrée page 41". En effectuant un retour
en arrière, on découvre les deux doudous dans les décombres.
Dans Georges Lebanc, Ponti explique que les K'sar Bolog' viennent dans
le square régulièrement, qu'ils y laissent toujours unK'sar Bolog' et un vaisseau
et repartent avec un autre. On demande donc aux enfants de partir en quête
des K'sar Bolog', et ils se rendent compte qu'il y en a en fait un à
découvrir sur chacune des pages de l'album. Il faut donc tout relire
pour les retrouver.
Toujours dans le même album, on peut faire rechercher Ysaline Troisamours,
qui ne mesure qu'un millimètre ! : " …Ysaline,
à son balcon le matin, et l'après-midi, appuyée à
son petit mur (juste au-dessus du sixième mât en partant de la
droite page 13)."
C'est le procédé littéraire inverse : cette fois, l'auteur nous prévient d'un événement à venir.
Dans Georges Lebanc, il nous dit : "Trois poissons seront tout secoués à 00h00. Trois poissons qui dormiront au fond du lac. Un invisible. Tout s'explique page 34." On fait donc rechercher l'explication page 34 : "L'étroit poisson est si étroit qu'on ne l'aperçoit jamais, on ne voit que son plouf et quelques gouttes d'eau".
On retrouve le même procédé dans Pétronille, Blaise et le château d'Anne Hiversère...
Les albums en général en suggèrent de nombreuses, des
plus simples aux plus complexes. L'activité classique est de proposer
une image ou une suite d'images et d'inventer un texte narratif qui lui correspond,
en effectuant ensuite un retour à l'abum pour comparer sa production
avec celle de l'auteur.
Dans Pétronille et ses 120 petits, on peut faire écrire
le récit que Tartarin fait à sa mère, correspondant aux
bulles d'images, avant de lire le texte réel donné par le narrateur.
Dans Okilélé, on pourra faire prolonger en texte ou en images le récit de Martin Réveil
qui raconte l'histoire de sa vie.
Après avoir répertorié dans les albums de Ponti tous les
personnages "méchants" et "gentils", justifier les
raisons de leur classement dans ces catégories. Pour certains personnages,
il est difficile, voire impossible de choisir, ce qui peut susciter une argumentation
intéressante. C'est parfois explicite : dans Georges Lebanc,
"Le grand Minouit n'est ni gentil, ni méchant, il ne fait jamais
de mal, jamais de bien, il va, il vient". L'intérêt est de jouer avec les enfants sur cette argumentation.
Dans La colère de Monsieur Dubois, le texte explique pourquoi
celui-ci est en colère. On peut donc faire trouver d'autres arguments
humoristiques à la liste.
On
peut créer des définitions de personnages "méchants"
ou "gentils". Dans L'arbre sans fin (p19), on peut lire une description
d'Ortic, "le monstre dévoreur d'enfants perdus ; ses racines
sont nues et ses dents pointues glacent le sang." L'intérêt
est de les décrire physiquement, d'inventer où ils habitent, de
montrer leurs habitudes de vie. À partir de la description des Zertes
de L'île des Zertes, on peut faire créer un personnage qui
habite sur une autre île : l'île du Pas Cifique, l'île
de Pas Queue…
La revanche de Lili Prune propose aussi une belle description de monstre, facile à enrichir :
"Une Araknasse Corbillasse énorme et terrifique apparut au-dessus
du village. Elle avait trois paires de pattes, deux paires de pinces coupantes,
deux paires de pinces déchiquetantes, une bouche vorace, entourée
de piques, de crocs à venin, de poils, et pleine de dents tranchantes,
avec une trompe articulée pour défoncer les fenêtres, aspirer
les gens et les mâchouiller tout crus sans sel ni moutarde".
Faire réécrire un récit comme si l'on était un
des personnages, en changeant le point de vue. Les petits albums s'y prêtent
bien ; dans Le cauchemar, on peut faire parler Adémar Touseul
et essayer de montrer ses intentions, ses frayeurs, ce qu'il imagine qui lui
fait si peur...
De la même manière, Dans la voiture se prête bien
à une transformation du récit, pour exprimer la colère
du point de vue d'un autre personnage. Ce titre permet aussi de transformer
un récit en dialogue.
Ponti présente beaucoup d'astuces typographiques. Il est intéressant
de montrer qu'il ne s'agit jamais d'une utilisation gratuite, mais porteuse
de sens. Dans Adèle et la pelle, on peut amener à comprendre
que si le gros "MIAM" a des dents, c'est que les personnages
vont se faire avaler par la grosse bête des sables, et que même
l'onomatopée est vorace.
Dans Okilélé, on peut faire trouver pourquoi dans un cas
on a des petits "MOI" dans des bulles éclatées, puis
dans un autre cas, les typo sont enchaînées les unes aux autres
: le premier est dans l'expulsion du moi, sa période de libération ;
le suivant est dans le fil de ses pensées et l'obsession du personnage
se traduit pas un procédé typographique.
Plus loin, lors de la présentation de Gradusse, le discours intégré
dans l'image permet de donner une explication supplémentaire sans alourdir
le discours du narrateur.
Dans Pétronille et ses 120 petits, on a une succession de bulles
qui contiennent en elles-mêmes un récit en images. Le texte en
droit est celui du narrateur et le texte en italique correspond au récit
que Tartarin fait à sa mère. De même dans Pochée,
les petits messages écrits sont en italique par rapport au reste du texte.
On peut amener à faire comprendre que l'utilisation de l'italique correspond
à des écrits plus intimes.
Pétronille,
encore, dans son chaudron, hurle NON dans toutes les langues, et on peut amener
à "déchiffrer" les différentes façons
graphiques utilisées selon les langues. On peut aussi s'amuser à
écrire OUI dans ces mêmes langues, et en langues imaginaires.
Dans
Le A, Tromboline et Foulbazar, suivant les recommandations de la maîtresse,
font subir les pires sévices à un A. Les réactions et les
sentiments du A (étonnement, rigolade, peur, plaisir, frayeur...) sont
traduites par des typographies différentes. Il s'agit donc d'essayer
de retrouver quelle typo correspond à quel sentiment.
Dans Parci et Parla, les enfants racontent leur terrible journée
en parlant en même temps et leurs deux discours se mélangent. Il
faut essayer de reconstruire le récit de chacun en s'appuyant sur l'astuce
typographique, en inventant la partie indéchiffrable.
Dans La revanche de Lili Prune (p.46-47), Ponti joue avec la typographie à l'intérieur du texte lui-même : "Et dans un grand pschitttttttttttttttttt....", pour traduire l'onomatopée.
Montrer que ces utilisations de la typographie ne sont pas gratuites et qu'elles ont toujours un sens.
Illustrations
de pages de garde :
Il y a quelques albums qui n'ont pas d'illustrations de page de garde ou
qui n'ont qu'un fond de couleur. On peut les utiliser pour faire créer
aux enfants une illustration de page de garde, en réfléchissant
aux motifs qu'il serait cohérent d'utiliser.
Illustrations de textes :
On peut bien sûr illustrer tous les textes qui ont été inventés
par les enfants. Là encore, on peut s'attacher à faire dire à
l'image plus ou moins que le texte. L'illustration du Couv-Touïour de L'île
des Zertes raconte bien plus que le texte. On peut proposer aux enfants
de la refaire pour qu'elle en dise moins, ou qu'elle dise la même chose.
Les matériaux des collectes et des recherches (photocopies, dessins,...) ainsi que les histoires inventées peuvent être rassemblés sous différentes formes : réaliser un grand imagier thématique sur Ponti (lieux, objets), des albums photos des personnages avec des légendes, des affiches, des catalogues, des petits livres (livres des histoires inventées), des dictionnaires (dictionnaire collectif avec les définitions des gentils et des méchants et leurs illustrations).
On peut aussi fabriquer des jeux divers inspirés des jeux traditionnels
:
Jeu de sept familles (familles de Tromboline et Foulbazar, de Monsieur,
Monsieur, d'Okilélé, du chien invisible, de Pétronille...).
Jeu de l'oie avec des personnages dont on aura repris les lieux, les
objets, les moyens de déplacements et les épreuves qu'ils ont
à surmonter.
Jeux de memory pour mettre en évidence toutes les associations
par couple : Oum Popotte/Oum Platichotte ; Parci/Parla ; Monsieur
Monsieur/Mademoiselle Moiselle ; Mose/Azilise ; Jules/Diouc ;
Pétronille/Everest... On peut associer également les personnages
avec leur lieu d'habitation ou leurs objets, les parents et leurs enfants, les
héros avec les monstres qu'ils affrontent...
Jeux de loto à partir des motifs récurrents ou des petits
objets qu'on retrouve régulièrement : robinets, petits poussins,
souris, champignons...
À
partir des petits albums qui ont une structure narrative très évidente,
on peut facilement faire ressortir les personnages, les actions, les objets,
les étapes importantes du récit (situation initiale, perturbation,
quête, résolution finale) et faire réécrire ces histoires
en détournant certains objets. Dans La voiture, on peut choisir
un autre jouet comme objet de discorde, ce qui va entraîner d'autres actions
et d'autres réactions des personnages. Même principe pour Le
bébé bonbon, (pour lequel on peut choisir une autre friandise
et faire inventer une autre provenance à la fin), Les masques
(on peut changer de déguisement), La boîte (on peut faire
réécrire l'histoire en imaginant une boîte pleine :
de biscuits à grignoter, de clous pour fabriquer…).
Création de néologismes :
Ponti est un grand spécialiste du néologisme. On fait rechercher
dans L'arbre sans fin des noms de personnages qui évoquent un
sens particulier, tels que Brindillonnête-L'Apamarante, et rechercher
tous les mots que l'on peut construire à partir de ces noms (brindille,
honnête, la pas marrante, amarante, appât marrant,…). On peut
faire trouver une quantité de noms évocateurs dans cet album :
Front-D'Éson-des-Ramées-L'Écarte Pluie, la Mère-Vieille-du-Monde,
Pessiole-d'Ussoir-la-vagabonde, Séquoi-yaparla-la questionnante, Graine-Doubli-la-dormodorante...
Ces
néologismes sont très utiles pour travailler la segmentation des
mots.
Il existe d'autres types de constructions à faire repérer dans
d'autres albums :
- des constructions verbe-verbe : Bâffrebouffe (baffrer-bouffer dans
Pétronille), parlophoner (parler-téléphoner dans
Okilélé)…
- des constructions nom-nom : Crapouille (crapaud-grenouille dans Le
Nakakoué), Sagoinfre (sagoin-goinfre dans Pétronille)...
- des constructions verbe-nom : Piqueille (abeille qui pique), Guérisson
(hérisson qui guérit dans Parci et Parla)...
- des nominalisations : Madame Ledestope et ses enfants Ciffe, Javelle
et Clairafon, Grimporidot, Couparat (dans Le chien invisible), l'île
de Katreure (dans Adèle et la pelle)…
- des segmentations décalées : L'île des Zertes, Okilélé…
- des associations phonétiques : Okilélé
- des rajouts de syllabes et remplacements des voyelles : birchicridi
et autres jours d'Une semaine de Monsieur Monsieur.
- des verbalisations : zertillonner…
Il en existe bien d'autres à collecter dans l'uvre de Claude Ponti
et on peut en faire inventer de nouvelles : donner des noms aux monstres,
créer des noms de lieux, des noms de nourriture, des verbes d'actions,
des jours...
Les expressions enfantines :
On fait repérer dans les albums, au niveau de l'écriture, les expressions enfantines très fréquentes chez Ponti ("il y a très beaucoup", "la plus vraie bonne", "plus bien que tout"...). On peut mettre en place un partenariat entre petits et grands : faire lister les expressions utilisées par les petits et retrouver la bonne formulation.
Créations d'expressions poétiques et imaginaires :
Ponti parsème ses albums d'expressions poétiques imagées
: "avoir un trou dans son amour", "être un oeil qui
écoute, un pied qui sourit, une main qui voit loin"... Les repérer,
trouver comment elles sont construites, en inventer d'autres...
Les
nourritures imaginaires font beaucoup rire les enfants (le lait de fraise d'automne,
la tarte à la gadoue séchée tartinée de crottes
de pigeons grillées, la confiture de crème de gruyère au
chocolat, les bateaux-tartines...). On peut faire écrire ainsi toute
une liste d'aliments imaginaires et compléter certains repas dans les
albums :
- dans Okilélé (p.43), le repas "dure 7 heures et comprend
14 desserts ordinaires et 28 extraordinaires". En faire la liste !
- dans Le Tournemire (p.42), on peut proposer d'élaborer le menu du festin
final organisé par tout le village.
- dans Adèle et la pelle, faire repérer ce qu'il y a sur
"l'Île de quatre heures", puis décrire l'arrivée
sur l'Île de huit heures....
- dans La tempête (p.23), on peut inciter à imaginer le contenu
du "grand goûter de nuit" que fait Clarisse avec ses parents
et la petite cochonne. Lorsqu'on reviendra à l'album, on se rendra compte
qu'il est en fait très modeste.
- Blaise et l e château d'Anne Hiversère est entièrement
consacré au thème de la gourmandise avec la collecte de tous les
ingrédients qui vont servir à fabriquer ce merveilleux "château".
On trouve aussi beaucoup de noms de danses très imagées dans les
albums, qu'on peut faire lister (le Souine-Gopatt-Fol ...). Il peut être
amusant d'inventer des pas pour les danses nommées dans les albums puis
d'inventer d'autres noms de danses associées à d'autres pas.
Il
semble que Ponti soit le seul à avoir utilisé ce procédé,
qui n'est pas systématique. Ces codes barres ont souvent un sens dans
les albums. Parfois ils sont incorporés simplement à l'intérieur
d'un personnage (dans les petits albums découpés). D'autres fois,
ils servent de cadre (Georges Lebanc). Mais dans la plupart des albums,
le code barre est vraiment un élément constitutif de l'illustration
et il est alors toujours relié à un élément de l'histoire :
- dans Parci et Parla, Blaise shoote dans le code barre ;
- dans L'Écoute-aux-Portes, le code barre fait l'objet de discussion ;
- dans Shmélele et l'Eugénie des larmes, les petites plantes
carnivores dévoreraient bien le code barre ;
- dans Le Tournemire, un petit personnage s'enfuit avec tous les codes
barres sous le bras ;
- dans L'arbre sans fin, il est glissé sous le lit du petit cloporte ;
- dans La tempête, Clarisse s'envole avec son code barre ;
- dans Le doudou méchant, les codes barres deviennent les barreaux
d'une prison ;
- le Martabaf de L'île des Zertes ne peut pas s'empêcher
de cogner sur le code barre ;
- dans Ma Vallée, le code barre tombe du ciel en référence
à deux personnages de l'histoire qui tombent aussi ;
- le Petit prince Pouf est monté sur un code barre ressort ;
- dans Adèle, les poussins commencent à couper le code
barre et les personnages jouent à cache-cache dans les herbes du code
barre.
On peut aussi faire des jeux de déductions avec les codes barres. À
partir des quatrièmes de couverture de deux des albums de la série
des Monsieur Monsieur, sur lesquels les personnages ont des positions
différentes sur les codes barres, on peut faire déduire leur position
sur le troisième album. Le même type d'activité peut se
faire à partir de la série des quatre albums Dans la voiture,
Sur la branche, Au fond du jardin et Sur l'île des Zertes,
sur lesquels quatre éléments peuvent être positionnés
de quatre façons différentes par déduction logique.
Dans la série des quatre Blaise, le poussin masqué se
déchaîne toujours en coupant le code barre avec différents
instruments (une faux, des ciseaux, une tondeuse, une hache). On peut proposer
d'inventer d'autres façons de couper les codes barres et faire nommer
ces codes en fonction de leur représentation (le code barre shooté,
le code barre poilu...). Un travail de correspondance entre nom et illustration
peut alors être mis en place.
Le
jeu et le décalage entre le sens propre et le sens figuré dans
les expressions et les illustrations est un procédé très
fréquemment utilisé par Ponti.
- dans Une semaine de Monsieur, Monsieur, lorsqu'il "apprend à jouer aux
cartes" ce sont "les cartes qui apprennent à jouer" ;
- dans L'île des Zertes, les personnages sont "cloués
au sol", à la fin ils regardent "la course des étoiles
dans le ciel" tandis que les étoiles font véritablement la
course ;
- dans Le Tournemire, on a "des parents en or" représentés
tout dorés ;
- dans Le Chien invisible, les personnages "se tordent de rire"
et restent ainsi pliés ;
- dans Pétronille, il s'agit de "prendre un escalier",
"prendre un mauvais chemin", "pleurer comme une madeleine",
"un rideau de pluie" ;
- dans Blaise et le robinet, le "robinet qui fuit " s'enfuit
à toutes jambes ;
- dans Adèle et la pelle, la population doit "tenir le pavé".
On peut faire remarquer le procédé et le décliner : on
donne l'expression et les enfants créent l'image ou on montre l'image
et les enfants retrouvent l'expression ; puis on compare avec ce qu'avait
fait l'auteur. L'objectif est de faire ressortir l'expression première,
ce qu'elle signifie dans l'histoire et dans le langage courant.
De
nombreuses références et citations concernent Lewis Caroll.
On peut présenter des extraits de ses uvres et inciter à
retrouver les références à Alice au pays des merveilles
et à chercher le personnage d'Alice dans les albums :
- dans Pétronille, Alice nageant dans la mare de larmes est une
représentation basée sur l'original de Ténniel (p. 27) ;
- dans Pétronille encore, la traversée du rideau de pluie
fait également référence à la traversée d'Alice :
"Pétronille va voir de l'autre côté" ;
- dans Schmélele, on trouve une maison de larmes ;
- dans Le Tournemire, les enfants grandissent ou rapetissent à
l'intérieur de la maison ;
- dans L'arbre sans fin, on trouve une référence à
L'autre côté du miroir de Lewis Caroll, avec la planète
aux miroirs.
On peut faire rechercher tous les livres de la vitrine de la quincaillerie
d'Adèle et la pelle (on peut y reconnaître Max et les
maximonstres et Little Némo, des livres d'Ungerer, Lewis Caroll,
Nicole Claveloux, Gripari, Hergé, Swift, des livres de peinture…).
On peut repérer dans L'album d'Adèle une référence
à la fable Le Lièvre et la tortue.
On trouve aussi des références à des comptines traditionnelles
(Une poule sur un mur, La souris verte... dans Pétronille).
Dans Ma vallée, on peut trouver une référence explicite au compositeur Olivier Messiaen (O'Messi-Messian, le roi des arbres).
Dans Parci et Parla, on reconnaît La sonate au clair de lune sur la partition du morceau joué au piano par la maman.
On peut faire repérer les auto-citations (Adèle…),
procédé assez rare dans la littérature de jeunesse, et
faire retrouver les détournements de titres.
Il sera intéressant de faire repérer les personnages qui reviennent
de façon récurrente au cours des albums (Blaise et les poussins),
mais aussi les clins d'il ponctuels : les oiseaux bleux du Doudou
méchant se retrouvent dans Georges Lebanc, on retrouve un
k'sar bolog' dans Schmélele (p 33), Zénobie et Adèle
dans Georges Lebanc, l'oreiller raconteur dans Le chien invisible
et dans Ma vallée, Bâffrebouffe dans Pétronille
et Adèle et la pelle, reprises et échanges de personnages
dans Le chapeau à secret et Un thé d'été...
Dans Georges Lebanc, le nom de Ranelote est sans doute une référence
à Arnold Lobel (Ranelot et Buffolet). Une double page du même
ouvrage réunit de nombreux personnages de l'ensemble des albums de Ponti,
repris exactement dans leurs postures respectives, excepté Monsieur Monsieur
et Mademoiselle Moiselle qui sont inversés.
On peut aussi faire rechercher, au fil des albums, le personnage de la fourmi
(Au fond du jardin, Le cauchemar, Le bébé bonbon, La revanche
de Lili Prune...)
D'autres
références concernent les contes populaires revisités
:
- Ponti fait souvent référence aussi au Petit Chaperon rouge (dans Adèle s'en mêle, l'Écoute-aux-Portes, Parci et Parla). Dans Adèle s'en mêle, on peut suivre les péripéties du loup qui voulait suivre le Petit Chaperon rouge et réécrire son histoire.
- dans Okilélé, la rencontre avec la sorcière déguisée
en vieille femme près d'un puits (forme récurrente dans les contes)
donne l'occasion à l'auteur d'énumérer une série
d'épreuves insurmontables qui rappellent Les trois pommes d'orange,
L'ogre de la forêt noire ou Les douze travaux d'Hercule.
- Okilélé reprend également la thématique du "vilain pas beau" (Riquet à la houppe, Le vilain petit canard...)
- dans La fenêtre, on trouve une illustration du Petit Poucet ;
- dans Le Nakakoué (p.22), on trouve une inversion du conte La princesse
Grenouille.
Certaines références sont des clins d'il à la mythologie
(L'Écoute-aux-portes) ou à la bande dessinée
(dans Okilélé), d'autres à l'art nouveau (dans
Le Tournemire, ou dans Schmélele, on peut reconnaître
un bâtiment de Barcelone construit par Gaudi). Dans Ma Vallée,
les différents traitements de l'image en fonction des saisons représentées
évoquent l'art japonais. Les montres molles font référence
aux tableaux de Dali.
On peut faire ressortir toutes ces références, faire rechercher
les originaux et comparer les représentations.
Fabrication de masques :
À partir de certains albums (Okilélé, Les masques, Le
jour du Mange Poussin), on peut se lancer dans un atelier de fabrication
de masques thématiques : masque de Très-grande-colère comme
dans Ma vallée, ou de Très-grand-bonheur, de Très-grande-richesse
(avec des pierres et des dorures…).
Illustrations en coupe :
Ponti propose souvent des illustrations de maison en coupe (Ma Vallée,
Schmélele, Adèle et la pelle, Le Tournemire …). À partir de Pochée
et de la description de sa cabane, on peut en imaginer l'illustration en coupe.
| Sur la branche | - Le texte permet de repérer exactement en lecture d'image où sont positionnés les personnages sur la branche. |
|
Ma Vallée |
- Repérer les cimetières et les jardins énumérés
dans le texte. - Repérer le pays qui est derrière et le faire dessiner. - Dire son secret à l'arbre aux secrets. - Jouer au jeu du téléphone arabe : le vent transforme une histoire racontée successivement par plusieurs personnages. Poursuivre la transformation de la première phrase selon le même principe. - Inventer le grand livre d'O'Messi-Messian, le roi des arbres. - Décrire les habitants des îles que les Touim's rencontrent au cours de leurs voyages (Île Baignoire, Île Dodo-Dodu, Île Molle, Île Toufu-toufu, Île Surprise...), inventer d'autres îles et donner le mode de vie de leurs habitants. Énumérer tout ce que les Touim's ont rapporté de ces îles. - Comparer les représentations du même paysage en différentes saisons. - Réaliser une illustration d'un paysage, le reproduire plusieurs fois et le traiter différemment sur le plan graphique selon les saisons. - Travail sur les cartes : repérer les trajets décrits dans le texte. - Inventer la liste de ce que doivent apprendre les papas pour apprendre à être papa, les mamans pour apprendre à être maman. |
|
Georges Lebanc
|
- Dans les images, repérer les différents monuments
qui se dressent à chaque nouvelle page derrière le square.
Retrouver dans des documentaires de quel monument il s'agit. - Jeux de mots sur la généalogie des personnages : "Ranelotte, mère de Gibelotte, mère de Matelotte, mère de Murmurotte, mère de Plissotte et leurs mille tétards..."on peut continuer la liste des noms en "otte" ; idem à partir de la généalogie des pères : paires de Jummel, de pantal, de lunett… - Texte à trous Dans le texte qui concerne les souris archivistes et leurs collectes, il manque un mot ( fromages") que l'on peut retrouver sur une étiquette dans l'illustration. On peut reprendre l'idée en enlevant certains mots de la liste des drôles de choses que les souris ont trouvé dans le square, en les écrivant sur des étiquettes à part et en les faisant retrouver par les enfants. - Après avoir abordé l'ensemble de l'uvre de Claude Ponti, on peut rechercher qui est Zénobie, à laquelle il est fait référence ("qui rêve éveillée au milieu des poissons sauteurs"). - Faire remarquer que les oiseaux bleus se retrouvent dans Le Doudou méchant. - On peut construire le vaisseau des Ksar'bolog'h : demander aux enfants d'apporter toutes sortes de jouets inutilisés, puis les assembler, les coller en les transformant pour fabriquer un énorme vaisseau spatial. - "Il pleut des larmes, de très grosses larmes, avec le malheur dedans...". Lister ce que contiennent les larmes du malheur, les faire retrouver dans l'image, puis écrire le contenu de ses propres larmes du malheur, ou encore ses larmes de joie. - À la fin du livre, en une grande image synthèse, Ponti fait sortir d'entre les pages "les personnages un peu bizarres de certains livres". Ces personnages sont tous issus de ses albums, dans la même position, et c'est l'occasion de les faire retrouver et reconnaître. Repérer que seuls Monsieur Monsieur et Mademoiselle ont été inversés. |
| Dans la voiture | - Créer un petit texte selon la même structure,
très simple, en changeant de situations : "Dans la voiture,
c'est comme ça quand… j'emmène mes copains au foot, en
pique nique, à la mer...". - Donner le dessin de la voiture au trait et faire le faire remplir pour illustrer le texte créé. |
|
Sur l'île des Zertes |
- Créer un autre personnage qu'un Zerte, le décrire
avec son mode de vie et inventer une nouvelle histoire et des illustrations. - Repérer les jeux sur la typographie dans le texte d'origine, les utiliser dans les textes créés et en inventer d'autres. |
| Blaise dompteur de taches | - Faire une tache symétrique en déposant de
l'encre ou de la gouache à la pliure d'une feuille. - Transformer la tache apparue en un nouveau monstre, à la façon des test de Rorschach, et inventer l'histoire de ce monstre, ainsi qu'un nouveau moyen de la vaincre. |
Pétronille et ses 120 petits |
- Choisir d'autres comptines que celles de la "Poule sur un mur"
et de "La souris verte" et imaginer les péripéties
que ce changement va enclencher, tout en restant cohérent par rapport
à l'histoire. Mettre en illustration ces comptines. |
| Le chapeau à secret | - Sur le principe des objets qui poussent dans des pots,
chaque enfant peut ajouter son pot de fleur avec son personnage ou objet
qui y pousse. On refait ainsi l'album du Chapeau à secret de la classe.
- Imaginer et écrire le secret final que se révèlent Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle, que l'album ne dévoile pas. |
| Une semaine de Monsieur Monsieur |
- Ajouter des jours avec des noms inventés selon le même principe. |
| Les chaussures neuves | - Ajouter des bêtises à la liste de celles faites par les chaussures de Monsieur Monsieur quand elles quittent ses pieds. |
Les masques |
- La dernière image représente les deux masques qui se font mutuellement peur : on peut écrire la suite de l'histoire en imaginant ce qui va se passer entre eux. |
| Le chien invisible | - À la fin de l'histoire, on devine enfin la forme du chien, recouvert de farine ; imaginer et écrire d'autres aventures avec le chien devenu visible. |
| L'album d'Adèle | - Transformer cet imagier sans texte en imagier parlant. - Repérer que peu à peu, l'univers bien structuré du début laisse la place à un univers de plus en plus délirant, à la limite du fantastique. - Rechercher les paires, les lettres. - Suivre dans l'image les histoires de chaque personnage (histoire d'Adèle, histoire de l'ours et de la poupée... ) et les écrire. |
| Les épinards | - Inventer des rimes à partir de la première phrase : "Ce soir, Tromboline et Foulbazar mangent des épinards" ; on peut continuer le texte pour les autres repas (à midi, à quatre heures, le matin...) en utilisant les rimes qui conviennent. |
|
Le A |
- Choisir une autre voyelle et lui faire subir les sévices
imaginés par Tromboline et Foulbazar. Trouver l'onomatopée
appropriée qui va permettre de nommer, puis de traduire un sentiment
ou une sensation (étonnement, joie, frayeur, soulagement, douleur... ).
Jouer sur toutes les voyelles et les associer à un sentiment. - Utiliser le jeu des typographies pour dessiner les voyelles et les onomatopées et illustrer les différents sévices. |
| La colère de Monsieur Dubois | - Réaliser un livre flip-flap selon le même
principe, mais avec des éléments plus simples (par exemple
faire devenir visible progressivement le chien invisible, ou pousser la
marguerite Woualazili Doudou). - Inventer une page d'insultes particulières semblables à celles employées par le chien de Monsieur Dubois ("tête de yaourt, freins à disques, tête à queue, tête d'épingle...") - Imaginer, à la manière de Ponti, les raisons de la colère de Monsieur Dubois ("parce qu'il a un bruit dans sa chaussure gauche, parce qu'une cigogne a faire son nid dans son lit et qu'elle ronfle la nuit.."). |
| Le Nakakoué | - Écrire ses propres vux ou ses petits secrets, comme ceux qui sont jetés dans le puits . |
| Parci et Parla |
- Écrire en changeant de point de vue : ils racontent
leur journée à leurs parents ; continuer le récit. - Écrire les paroles de la chanson jouée au piano par la mère des enfants. - Faire remarquer qu'il s'agit de La sonate au clair de lune de Beethoven et faire écouter le morceau. - À partir des pages secrètes du livre, faire retrouver les personnages de l'histoire dans la même posture, réaliser un grand album photo des images et faire écrire aux enfants les légendes qui reprennent des épisodes précédents ou suivants. |
Au fond du jardin |
- Comprendre que l'histoire est dans la lecture d'image uniquement :
dès la première image, on peut tenter de repérer les différents personnages
(la souris, la fourmi, la citrouille, les deux papillons), plus ou moins
dissimulés. Tout se joue au moment de l'arrivée de l'oiseau, qui déclenche
la mise en mouvement des personnages. - Réécrire une histoire similaire avec d'autres personnages. |
| Le bébé bonbon | - Imaginer un endroit, une source d'où peuvent venir les bonbons. |
| Dans le gant | - Jeu de transformation des doigts à maquiller en vue d'un spectacle de guignol, déclencheur de récits. |
| Pochée | - À l'instar de l'héroïne qui s'envoie des petits
messages pour faire son deuil, demander aux enfants d'imaginer des petits
mots qu'ils auraient aimé recevoir. - Faire une liste des collections, les apporter, les exposer. - Dessiner le plan de la cabane de Pochée. |
Blaise et la tempêteuse bouchée |
- Fabriquer un pantin comme Onésime : faire un plan de fabrication puis construire un pantin. |
| Broutille | - Écrire le grand livre du monde. - Écrire l'histoire du livre qui a envie de se faire lire (p.16 à 20). - Écrire un livre Braillard (p.29). |
| Petit Prince Pouf | - Confectionner des boudins en pâte à modeler ou en pâte à sel et à l'aide de ces boudins, fabriquer des chiffres. |
|
La revanche de Lili Prune |
- Répertorier les inventions de Lili. - Fabriquer une machine à tuer l'Araknasse Corbillasse. - Expérimenter les différents états de la matière (eau, glaçon... bougie). - Énumérer les termes pour parler du zizi. - Rechercher les mots-valises. - Travailler les notions de topologie à partir des différentes directions du jet d'eau (p15) - Reprendre des objets traditionnels et leur inventer d'autres noms, en construire avec des matériaux inattendus. - Travailler en expression théâtrale les différents sentiments (pp32,33). - Étudier la relativité des tailles de différents éléments. - Repérer l'analepse du petit mari (pp37, 33). - Trouver la mini araignée (pp 50,51). - Repérer et travailler les références à Newton (p.18), Léonard de Vinci, Groucho Marx (p.9)... - Repérer les oiseaux de Sur la branche. |
Okilélé![]() |
- Retrouver les motifs et références des contes et des histoires traditionnelles (Riquet à la houppe, Le vilain petit canard, Blanche-Neige, Jacques et le haricot magique, Le petit Prince...). - Retrouver les personnages de cinéma (La guerre des étoiles, Superman, Éléphant Man...). - Inventer d'autres épreuves que celles données par Pofise-Forêt. - Inventer un conte étiologique qui expliquera pourquoi le soleil s'est endormi et trouver le remède. - Remettre en ordre chronologique les images de l'arbre et de la montagne qui pousse. - Analyser la première de couverture et rechercher les personnages à l'intérieur de l'album. Repérer les queqlues personnages qui manquent. De la même façon, rechercher les jouets. - Jouer au jeu des erreurs à partir des images de la maison (p.17, 40, 43). - Rechercher tous les personnages à trompe (Okilélé, le robinet, Gradusse, le petit moi, le dragon, l'oiseau, la princesse endormie...) - Noter les endroits de décalage entre le texte et l'image (p.23). - Trouver d'autres mots-valise sur le même principe que Pitrouille (pitié-trouille). - Transformer le texte du narrateur en dialogue entre Okilélé et le soleil, Okilélé et la sorcière... - Illustrer l'histoire de Martin Réveil. - Inventer le langage des arbres et le langage des oiseaux. - Inventer l'histoire de Okilébo, de Okipu, d'Okipète... |
Blaise et le château d'Anne Hiversaire |
C'est un album construit sur l'intertextualité qui se prête intégralement à des activités de recherches de références, de citations.
|
Cette séance propose une exploration de pistes pédagogiques
à partir de l'uvre de Claude Ponti. Des activités autour
des albums de Claude Ponti sont présentées selon une démarche pédagogique
spécifique, dans le numéro 31 de la revue Argos, par Catherine
Martzloff.
Une autre séance, complémentaire, est consacrée à
une analyse de l'album Okilélé, qui permet de donner un sens supplémentaire
en abordant différents niveaux de lecture. Cette analyse fait découvrir
des procédés et des références qui n'apparaissent
pas en première lecture.
Analyse
de l'album Okilélé
Les numéros 31(février 2003) et 32 (mai 2003) de la revue Argos
reprennent cette analyse.
Argos
L'école des loisirs publie un livret diffusé gratuitement :
Ponti Foulbazar
Ce portrait de Claude Ponti et de son oeuvre a été rédigé par Lucie Cauwe, journaliste au "Soir", grand quotidien de Bruxelles.
Vous y trouverez tout ce que vous avez toujours voulu trouver sur le père d'Okilélé, de Lili Prune, de Schmélele, de Georges Lebanc, des Touim's... et bien sûr de Blaise, le poussin masqué.
De précieux instruments d'analyse et de réflexion, en complément à cette animation :
Claude Ponti
Sophie Van der Linden
Collection "Boîtazoutils"
Éditions Être, 2000
Cet ouvrage est malheureusement épuisé, mais vous pouvez encore l'emprunter dans certaines bibliothèques.
Lire Claude Ponti encore et encore 
Yvanne Chenouf
Éditions Être, 2006
Bibliographie classifiée des ouvrages de Claude Ponti
Compte rendu de l'animation de Anne Dupin, adapté et mis en ligne par Chantal Bouguennec en novembre 2004
