Les mots sont des amis.
Pour les apprivoiser, il faut les aimer et se les approprier sans peur.
Dès que l'on s'amuse avec, les mots nous font cygnes et nous emporte-plumes
pour un grand vol à main armée et le cœur sur la langue.
Alors, on peut leur faire dire ce qu'ils ont derrière la tête en prenant
des chemins de traverse, les détourner, les retourner, les décrier,
leur ajouter des têtes ou des queues, leur trouver des racines et des
branches et des vers pour partir à la pêche au bout de la ligne.
Il suffit d'y croire car même si les mots sont crus, ils ne sont jamais
creux.
Les mots sont des miroirs qui nous montrent le monde en nous parlant
au coin de l'oreille.
C'est ce que j'ai ressenti tout au long des rencontres avec les élèves
des classes de Fontenay-sous-Bois. Les enfants sont riches de leurs
paroles et ils nous apprennent encore et encore à cultiver notre jardin
d'images et d'idées pour le seul plaisir de la langue. et c'est cela
qui nous rend vivants.
Pépito Matéo