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En géographie

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Lettres du bout du monde (Géographie 6e)

Collège André Cotte, Saint-Vallier (26)
Mylène Lallement, professeur d’histoire-géographie et éducation civique.
Prêt CRDP du 9 janvier au 30 mars 2012

Ressenti général par rapport à l’utilisation de l’iPad

Les tablettes ont été utilisées par les 5 professeurs d’HG de l’établissement et avec tous les niveaux. Mes collègues ont surtout fait des recherches sur le web et utilisé Google Earth. De mon côté, j’ai fait réaliser des cartes heuristiques et un diaporama aux 4e, une lettre aux 6e et un diaporama aux 3e (1 tablette pour 2 élèves). Nous avons aussi utilisé les tablettes dans le cadre de l’atelier DYS (1 tablette par élève).

L’équipe met surtout en avant la facilité de prise en main par les élèves (recherche avec Safari, appli Google Earth, visionnage de vidéo sur Youtube) et la rapidité de mise au travail. Travailler avec Google Earth en géographie est un pur bonheur, la navigation aux doigts est très intuitive, l’image est très belle et il y a une bonne fluidité dans l’affichage. Les élèves de 6e qui ont travaillé sur une île du Pacifique en géo se sont régalés et ont examiné tous les recoins de l’atoll de Rangiroa (découvrant le lagon, les passes, l’aéroport, les bungalows des hôtels de luxe, et même les seules vignes de Polynésie française).
Pour l’utilisation d’application de production (Keynote, Pages, iThoughts), la manipulation demande un peu de pratique et les obstacles sont nombreux lors de la première utilisation (beaucoup de consignes techniques à gérer). Les grandes classes se montrent nettement plus à l’aise que les 6e.

Tous les élèves se sont montrés très motivés par l’utilisation de la tablette, y compris au bout de plusieurs séances d’utilisation. Outre le côté un peu magique de l’outil, les élèves apprécient la tablette parce qu’il leur permet de faire leurs propres recherches, de faire un travail propre et abouti, de travailler à leur rythme, de produire un document personnel.

Applications iTooch de EduPad

L’appli iTooch Français a été utilisée dans le cadre de l’atelier DYS pour travailler les leçons de français. Chaque élève, accompagné de sa tutrice de 3e, dispose d’une tablette : il doit d’abord apprendre sa leçon, puis faire des exercices d’application sur la tablette. La tutrice l’aide dans la mémorisation, puis dans la compréhension des erreurs.
C’est un outil efficace de révision ou de remédiation car les exercices sont très ciblés. Pour les élèves DYS, le fait de n’avoir aucun intermédiaire avec le texte est un plus. La répétition des mêmes consignes permet à l’élève de la mémoriser (et de ne pas avoir à la décoder à chaque fois). Le calcul de la progression (carrés verts) est motivante.

Usages de l’iPad : Lettres du bout du monde (Géo 6e)

1. Titre de la séance / séquence
- Chapitre : Habiter les espaces à fortes contraintes
- Utilisation des tablettes sur les séances 1 à 5 pour l’étude de cas (formalisation du cours en séance 6).

2. Objectifs et compétences ciblées

Objectifs

Faire réaliser une tâche complexe : recherches sur un espace à fortes contraintes, puis restitution sous forme de texte (ici une lettre).

Compétences du socle commun travaillées :

- C1 : rédiger un texte bref, cohérent et ponctué
- C4 : chercher et sélectionner l’information demandée / saisir et mettre en page / écrire, diffuser, publier
- C5 : avoir des connaissances et des repères relevant de l’espace (localiser, caractériser le climat, décrire un paysage, montrer les activités économiques, expliquer les façons d’habiter)
- C7 : être autonome dans son travail / coopérer dans un projet collectif

3. Matériel utilisé (configuration de la salle)
- 1 tablette pour 2 élèves + le livre
- une fiche de recherche à compléter par élève + le cahier pour la carte heuristique faite ensemble en séance 3 + du brouillon pour la lettre

4. Applications iPad utilisées
- Safari et Google Earth pour les recherches
- Photos pour stocker les images
- Pages pour dactylographier la lettre

5. Public visé (nombre d’élèves et niveau)
- 2 classes de 6e de 27 et 28 élèves

6. Durée
5 séances de 55 min

7. Déroulement détaillé de la séance (étapes)

Consignes pour les séances 1 et 2

J’explique l’objectif général à ne pas perdre de vue : écrire une lettre à un ami pour expliquer comment on vit dans un espace à fortes contraintes. « On dit que » la moitié de la classe a déménagé à Rangiroa (un atoll de Polynésie française) et l’autre moitié à Ilulissat (au Groenland).

Les 2 premières séances sont consacrées à la recherche d’informations. Les élèves ont chacun une fiche pour les orienter et noter les réponses. Au fil de leurs recherches, ils doivent récolter 2 ou 3 photos (un paysage et une photo illustrant les activités économiques). Ils doivent utiliser : le dossier de leur livre, Wikipédia et Google Earth.

Le maniement de la tablette est introduit progressivement. Les élèves étaient déjà familiarisés avec Google Earth. J’indique quelques éléments essentiels et j’utilise le tableau blanc (conservé d’un cours à l’autre) comme aide-mémoire pour la classe.

Consignes pour la séance 3 et 4

Je reformule le sujet et les élèves le notent dans leur cahier.
Puis la classe réfléchit au contenu de la lettre. Au tableau, nous établissons une carte heuristique que chacun note également.
Les élèves débutent ensuite l’écriture, chaque groupe selon sa méthode (ensemble, ou d’abord seul et mise en commun ensuite). Je leur demande d’avancer un peu le travail à la maison. En fin de séance 4, ils envoient leur lettre.

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Carte heuristique

J’utilise la même méthode : point sur les consignes, puis point technique (avec récapitulatif au tableau blanc) et mise au travail.

Consignes pour la séance 5

Je présente un premier bilan aux élèves. Un groupe explique qu’il n’a pas trouvé la façon de mettre les accents, un autre que ce sont les signes de ponctuation qui ont posé problème, ou l’insertion de lignes et la mise en page...

Je reprends avec eux les points techniques difficiles. Puis je leur demande de faire une correction à partir de la « check list » que j’ai préparé au tableau blanc.

8. Productions d’élèves.

Plusieurs productions sont en ligne sur le site les pages HG d’André Cotte.

9. Analyse des séances d’utilisation

Pour les séances 1 et 2

L’utilisation de Safari est très facile. Les élèves arrivent à se repérer assez facilement dans les articles de Wikipédia, certains ont utilisé spontanément le sommaire. Le fait de devoir relever des éléments précis les obligent à prendre des notes, il y a peu de copier-coller. Les élèves ont aussi utilisé leur manuel qu’ils trouvent plus accessible.
La question des images est plus délicate. C’est en apparence très simple, mais cela demande d’intégrer un certain nombre de manipulations et d’avoir une vision du fonctionnement de l’iPad. Les élèves s’y font bien, mais cela nécessite un apprentissage.

Pour les séances 3, 4 et 5

Seuls 2 groupes / 28 n’a pas réussi à envoyer leur travail.
A l’issue de la séance 4, tous les groupes ont suivi la consigne de rédaction et les lettres sont informatives. Certaines sont très formelles et toutes sont bourrées de fautes de français... La mise en page est peu élégante. En séance 5, les élèves ont plutôt bien suivi la « check list », malgré tout, de nombreuses erreurs subsistent. Une collègue de français qui s’est jointe à moi pour la séance 5 m’indique que la consigne « corriger les erreurs d’orthographe soulignées » est beaucoup trop ambitieuse en 6e (il vaudrait mieux reprendre et corriger l’une après l’autre les différents types d’erreurs en revoyant le point de grammaire juste avant).

Les légendes des images restent indigentes, ce serait un point où la consigne mériterait d’être retravaillée.

Bilan

L’ensemble de l’équipe a été conquis, la tablette est un bon outil.

Pour son côté pratique :

- Il n’y a eu aucun soucis matériel pendant toute la durée du prêt, la borne se connecte en moins de 2 minutes, les iPads ont été redémarrés 2 fois.
- La plupart des applis sont faciles à prendre en main (Safari, Google Earth, YouTube, iTooch, Louvre, Dictionnaire Larousse). Les applis de production (Pages, Keynote, iThoughts) nécessitent un apprentissage.
- La fonction d’envoi, intégrée dans toutes les applis, est très pratique.
- La mise au travail est rapide (pas de déplacement, pas de code oublié ou mal tapé). Le faible encombrement permet d’utiliser plusieurs outils à la fois (tablette + livre + cahier).

Pour la pédagogie :

- L’utilisation des tablettes motive tous les élèves.
- Les travaux de recherche sont plus riches (les élèves ne sont pas limités aux exemples du livre).
- La tablette permet de faire un travail personnel, soigné et abouti (cartes heuristiques, diaporamas...). L’outil informatique permet des corrections qui seraient plus fastidieuses à la main.
- On peut faire de la pédagogie différenciée : les « bons élèves » peuvent aller loin, creuser, s’exprimer dans une restitution longue ; les élèves plus faibles cherchent, produisent et progressent à leur rythme.
- La tablette instaure une vraie collaboration à deux car chacun peut intervenir sans outil (clavier ou souris).

Sur le plan didactique :

Google Earth est un outil fabuleux en géo, le visionnage de vidéo est très instructif sur les catastrophes, l’appli Le Louvre est bien utile pour l’HDA.

Quelques limites :

- Le fonctionnement du clavier est difficile pour les 6e (accents, sélectionner du texte, insérer son curseur), mais plus facile pour les grands (par habitude des smartphones ?).
- Nous n’avons pas trouvé la possibilité de sécuriser les travaux des élèves (les fichiers sont accessibles à tous). Mais les élèves se sont montrés responsables et aucun effacement de fichier ne fut à déplorer.

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