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Tablettes en IME

Tablettes en IME

Tablettes en IME

Mme. Clément / Mme. Jacquelin-Peters
IME de MEYRIEU-LES-ETANGS (38)
2 classes de 7 à 11 élèves déficients légers avec troubles associés (12-15 ans / 15-17 ans)

Prêt CRDP du 5 mai au 5 juillet 2013

Projet pédagogique

  • Travailler la lecture, surtout dans le cas des dyslexies ;
  • Travailler le B2i ;
  • Travailler les ASSR ;
  • Travailler en recherche et consultation de documents pour la culture humaniste.

Ressenti général par rapport à l’utilisation de la tablette

Dès les premiers jours les élèves ont montré beaucoup d’intérêt. Il y a eu un regain d’appétence dans toute les matières pour des élèves qui généralement sont plutôt inhibés ou enclin à l’ennuie. Mathias par exemple, dans la classe 1, a gérer sa tablette, son niveau de charge, sa propreté, avec l’aide de l’enseignante d’abord, puis rapidement de façon autonome. Il est allé jusqu’à indiquer à d’autres comment faire. Il a pris de l’assurance, a dû tenir compte des remarques, a pris de l’autonomie. Pour cet élève non lecteur, qui dénombre avec difficulté, la classe est devenue un lieu de revalorisation, grâce notamment aux tablettes.

Les tablettes sont en effet intéressantes pour dynamiser les élèves et lutter contre l’inappétence. Dans la classe 3 Fabien a d’abord rejeté cette « chose », ce « truc », ce « machin qui sert à rien ». Au bout d’une semaine de refus, alors que la tablette était posée à côté de son bureau, il a commencé à l’ouvrir. Il a trouvé à l’intérieur des applications qui l’intéressaient : Google earth et les cartes. Son autonomie a pris un peu plus de temps (3 semaines environ) , mais à la fin il était capable d’utiliser plusieurs fonctions, dont Dragon, et Evernote (la fonction « prononcer »). Fabien est un lecteur débutant.
Les élèves restent concentrés plus longtemps sur un travail qui requière l’utilisation des tablettes.

Leur persévérance et leur curiosité sont plus importantes.
Pour la plupart la prise en main s’est faite de façon rapide dans la première semaine. Nous avons pu, début juin, grâce à M. Carrof conseiller pédagogique et à M. Chabbal responsable du projet au CRDP, mettre de nouvelles applications qui ont ouvert notre champ d’action.

Maîtrise du Français

LIRE

Les élèves pour qui la lecture est un frein dans les apprentissages, ont pu utiliser la fonction « prononcer » et avoir ainsi un accès à l’écrit.
Pour les lecteurs : ils appréciaient trouver des textes envoyés auparavant par l’enseignante sur Evernote pour ensuite les lire et en écrire des prolongements.

Parallèlement, pour travailler sur la représentation de l’écrit, nous avons écrit une histoire puis nous l’avons présentée sous forme de roman-photos, grâce à l’application Skitch.

ECRIRE

Les élèves ont envie d’écrire sur les iPads. J’ai été étonnée de la facilité avec laquelle ils utilisaient spontanément le clavier. En fin de période, deux élèves avaient une discussion par iPad interposé ! L’un de ces deux garçons souffre d’un bégaiement très invalidant et cet outil lui a permis d’avoir une discussion plus rapide et complète. L’autre garçon lui répondait aussi sur la tablette, alors qu’il a une diction normale. Cela s’est fait spontanément, de leur propre initiative.

Nous avons travaillé sur les CV : les documents étaient envoyés par email sur les tablettes. Ils devaient les consulter. Puis ils ont dû écrire leur propre CV sur Evernote. Ensuite ils les ont renvoyés par email à l’adresse de la classe.

Pour les lettres de motivation, le travail s’est effectué de la même manière, sauf pour l’utilisation des emails. Pour ce travail, M. Damato, conseiller pédagogique, m’avait installé Evernote sur mon PC. J’ai pu élargir l’utilisation de ce traitement de texte en même temps que l’affiner (les fonctionnalités sur le PC sont plus grandes que sur les tablettes). Le travail sur les lettres de motivation s’en est trouvé facilité, notamment par l’utilisation des couleurs et de la fonction « prononcer ».

Avec la classe 1 nous avons pu inventer des poésies et les faire partager à tous les autres.

B2i

Dans l’école, nous disposons d’une salle informatique obsolète (windows 95) et sans accès internet. La classe 1 dispose d’un PC avec internet, et la classe 3 de deux PC connectés. L’apprentissage des TICE est donc laborieux. Il a été facilité par les tablettes, surtout en ce qui concerne la communication, la recherche, l’utilisation des documents, la loi et la responsabilité. Les élèves ont pu utiliser la boîte mail, envoyer et recevoir du courrier. Nous avons effectué diverses recherches : horaire de train, de ferry, tarif. Ils ont pu faire la différence entre les sites officiels et les sites comparatifs. Ils ont eu accès à « Pôle Emploi ». Un élève a même trouvé un travail pour l’été grâce à notre recherche ! Il a signé le contrat et a commencé depuis.
Ils ont pu ainsi avoir un aperçu de la richesse des possibilités d’internet, en même temps que des risques. Ils ne connaissaient que youtube, facebook, et les jeux... Leur vision s’est élargie.

Transversalité : utilisation des tablettes dans la culture humaniste, la géographie, l’art plastique,etc.

La recherche de documents, en utilisant des mots clefs, a commencé avec l’art plastique.
Nous avons étudié les artistes de la Renaissance, comme Léonard de Vinci, Le Caravage, Michel Ange. Ils n’avaient pas l’habitude de faire des recherches sur la toile. Ce fut tout un apprentissage de choisir les mots clefs. L’art plastique offre des facilités : il suffit de taper le nom de l’artiste. Ils ont pu ainsi consulter des grandes collections d’œuvre. Chacun allait à sa vitesse, s’arrêtait où il le voulait, avant de faire partager et de mettre en commun. Ce qui nous a valu des commentaires très personnels de la part de chacun. Seul face à une œuvre, la parole, le jugement, l’esprit critique pouvaient s’exprimer librement, mais aussi l’étonnement, l’émerveillement, le dégout aussi.
Les séances furent animées.

De la même façon en histoire : ils ont pu voir accès aux documents pour étayer une séance.
Nous avons raconté l’histoire de Jeanne d’Arc. Pour le procès il a fallu déterminer des mots clefs pour le trouver, puis trier dans les sites. Enfin nous avons trouvé les document historiques. Nous avons choisi de lire le passage « 160 », lorsqu’elle est interrogée sur ses visions.

En géographie, nous avons repris le canevas d’un travail proposé dans les bilans de cette expérience sur le site qui les rapportent. Il s’agissait de comparer la vie de deux pays que tout oppose : l’Islande et la Nouvelle-Zélande. Chacun a pu faire un exposé sur un pays choisi. L’enseignant ayant auparavant distribué une liste d’informations à recueillir sur internet, à renseigner sur une feuille puis à exposer aux autres.

Limites du projet

Le temps

D’une part, nous avons travaillé deux mois seulement avec les tablettes. Donc pour chaque groupe classe, cela représente 4 semaines de travail avec les tablettes.

D’autre part, l’utilisation des tablettes avec les élèves demande une prise en main, un travail et une utilisation en amont par l’enseignant : beaucoup de temps qui ne permet pas d’utiliser le potentiel du matériel immédiatement.

La connexion internet

Celle que nous utilisons n’est pas assez performante pour permettre à plusieurs élèves de travailler en même temps avec un débit correct.

Autres applications utilisées

Début juin nous avons pu télécharger quelques applications supplémentaires.

Le travail des ASSR n’a été intéressant que pour certains. Les questionnaires sont aléatoires : chaque élève a un questionnaire qui n’est pas le même que celui de son voisin.
Le travail en commun est donc impossible. Ce travail individuel nécessite en outre d’être lecteur confirmé ou d’avoir recours à l’enseignant. Ensuite, quant il s’agit de consulter l’explication de la réponse, très peu, voir aucun élève ne le fait.

L’application « Ma lecture est magique » : intéressante, ludique. Là encore pourtant un bémol : il faut être dans un cadre silencieux pour l’utiliser. Quand sept élèves lisent à haute voix, le logiciel ne peut reconnaître la voix.

« Fairy Tale » permet de lire un conte et ensuite d’en écrire un soi-même en réutilisant les personnages, les objets… C’est un logiciel très intéressant. Mais je n’ai pu le charger que sur 3 tablettes, car il demande plusieurs heures de connexions avec notre débit. Il faudrait l’utiliser dès le début de l’année, dans un véritable projet d’écriture, sur au moins un trimestre. Il est facile d’utilisation et très ludique.

Conclusion

En bref : après deux mois, nous allons avoir du mal à nous en passer !
Les tablettes font partie intégrante du travail dans ces deux classes. Elles ne remplacent ni le cahier, ni les livres, ni le stylos, mais permettent une adaptation à tous les élèves, une mise en appétence, un élargissement de nos champs d’actions,...

Je pense aussi que leur utilisation conjointe avec un tableau interactif pourrait faciliter, par exemple, le travail en groupe. Pour les ASSR il suffirait alors de sélectionner un seul questionnaire et de le lancer pour l’ensemble de la classe.