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Artiste rencontre territoire scolaire

JAJA : des « cours » pas tout à fait comme les autres...

Le 7 avril 2011, le collège P. Éluard de Vermelles a reçu les artistes en résidence pour une journée d’aventure joyeusement artistique, à la plus grande surprise des élèves...

La vie bien organisée de l’établissement gentiment perturbée le temps d’une journée

Dès la première heure de cours, les artistes se répartissent les cours et investissent les salles de classe pour une dizaine de minutes ou plus. Ils frappent, entrent et deviennent les maîtres des lieux !

Surprises, happenings et autres perturbations

Surprise d’entendre Chirine El Ansary, conteuse, revisiter le répertoire des Mille et Une Nuits, ou Jacques Demarcq, écrivain, reprendre le fil du cours à partir d’une phrase écrite au tableau ou d’un extrait de son œuvre Les Zozios. Au milieu de ces mots-là, s’en égrènent d’autres, ceux-là chantés par Nicolas Lefebvre, alias Lulu, et Tony Melville, révisant alors avec les élèves la géographie des grandes villes françaises à travers une chanson de son album De Bray-Dunes à Menton 2.

Et puis il y a ces collages réalisés ça et là sur les murs par Julien Martinière, illustrateur d’albums pour la jeunesse, suscitant alors l’étonnement des élèves, mais aussi des professeurs !

David Lacomblez, comédien de la compagnie Spoutnik Theater, interrompt brièvement les cours habituels pour donner le sien, se faisant passer pour un professeur stagiaire appliquant une nouvelle réforme selon laquelle il doit être capable de reprendre le fil du cours à tout moment, ou pour un inspecteur quelque peu farfelu...

Une fois la première heure de cours terminée, la surprise, l’étonnement et l’intérêt ont investi l’établissement, toutes les classes sont dans l’attente d’une éventuelle intervention, d’où un vif sentiment de frustration pour ceux qui sont passés entre les mailles du filet ! C’est pour cette raison que les artistes ont également investi la cour de récréation et le self pour partager d’autres moments avec les élèves. Durant l’après-midi, les passages dans les classes de l’ensemble des artistes avaient pour but d’établir des échanges au sujet de l’art, de susciter la curiosité des élèves.

Une démarche différente des traditionnels ateliers de pratique artistique

Il ne s’agit en aucun cas pour l’enseignant de se fixer un objectif à atteindre dans le cadre d’un projet bien ficelé et défini au préalable. La JAJA n’aboutit pas à une production. Il est important de se laisser guider par les artistes pour mieux pénétrer dans leurs univers puisqu’ils interviennent en tant que développeurs d’imaginaires.

Pour ces derniers, il s’agit de s’engager dans une démarche pédagogique donnant à voir et à comprendre la recherche artistique qui les anime ainsi que les processus de création qu’ils mettent en œuvre.

Est-il besoin de préciser que ces « leçons »-là données dans le cadre de la JAJA ont permis de mobiliser l’ensemble de l’établissement et donc de créer une dynamique, de provoquer la curiosité des élèves (et pas forcément ceux qu’on croit...) en leur donnant envie de poursuivre l’aventure ?

Mission réussie !

Anne-Sophie LIÉNARD, professeure certifiée en lettres modernes, chargée de mission de la DAAC pour le CLEA Artois Comm.

À NOTER

La JAJA, Journée d’Aventure Joyeusement Artistique, est un exemple d’intervention parmi d’autres mises en place dans le cadre du CLEA, instauré cette année sur le territoire d’Artois Comm.

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