Textes officiels 
 
École, cycle 3   


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Textes officiels
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Les différents dispositifs successivement mis en place pour fixer les modalités de l'enseignement des langues vivantes à l'école en font un enseignement cadré mais sans conteste axé sur le plaisir d'apprendre.
Premiers textes : le dispositif EPLV
L'apprentissage d'une langue vivante à l'école a fait l'objet, en France, d'une multitude d'expériences ponctuelles jusqu'en 1989. A cette date, au vu des résultats plutôt positifs rassemblés, le ministère de l'Éducation Nationale propose d'officialiser un dispositif, bien cadré par des textes officiels
La circulaire du 6 mars 1989 (pdf, 22 Ko) définit les finalités de ce qui est nommé « expérimentation contrôlée de l'enseignement d'une langue vivante à l'école élémentaire », souvent désigné par le sigle EPLV pour « Enseignement Précoce d'une Langue Vivante ».
Ce dispositif, envisagé au cours moyen, doit essentiellement favoriser l'apprentissage des langues vivantes au collège, et ne se donne pas pour vocation de former des enfants bilingues. Il s'agit, précise le texte, de les préparer sur les plans linguistique, psychologique et culturel. L'enseignement est défini prudemment comme « une initiation au service d'un apprentissage ultérieur », l'accent étant mis sur le travail de la langue orale.

Une seconde circulaire datée du 14 juin 1989 (pdf, 18 Ko) fournit aux enseignants un programme indicatif assorti de recommandations méthodologiques :
« Les activités langagières ne seront ni plaquées, ni stéréotypées mais exigées par des situations vivantes, amusantes, frappantes et faciles à retenir ; l'oreille, la parole, le geste, trouveront à s'y exercer, grâce à des récitations, des dialogues, des sketches à jouer, des imitations, des chants, des jeux, etc. ».
Recadrage : l'EILE, de l'expérimentation à l'enseignement d'initiation
Une nouvelle circulaire paraît au BO le 5 avril 1990 (pdf, 15 Ko) après analyse des premières observations de l'Expérimentation contrôlée. Elle prévoit l'extension du dispositif tout en reprécisant le caractère particulier de cet « enseignement d'initiation » : il ne s'agit pas d'anticiper sur l'enseignement de 6ème mais on demande aux intervenants « d'utiliser des situations pédagogiques variées et simples (dialogues, jeux de rôle...) afin de stimuler la motivation des élèves pour les activités de communication. ».
Toutefois, c'est la circulaire du 6 septembre 1991 (pdf, 29 Ko) qui marque une étape importante, rebaptisant le dispositif « EILE » pour Enseignement d'Initiation d'une Langue Étrangère.
Au terme de deux années d'expérimentation, elle veut apporter de nouveaux éléments de réflexion et de clarification tant au niveau de la finalité que de la méthodologie. La notion d'initiation est réaffirmée en opposition à celle de sensibilisation :
« La notion de sensibilisation exclut ce qui fait l'efficacité de l'apprentissage : sa structuration en fonction d'objectifs terminaux vers lesquels on entend faire progresser les élèves par le biais d'activités convergentes bien réparties dans le temps, c'est-à-dire grâce à une stratégie comportant des étapes et des objectifs intermédiaires ».
L'apprentissage se caractérise par :
  • sa fonction d'appel et de motivation ;
  • l'association intime entre le dire et le faire, entre langage et action à travers une gamme très large d'activités, une séquence de langue vivante faisant « alterner sur un rythme rapide des activités contrastées et complémentaires - activités orales, manuelles, corporelles, écrites - où varient, les canaux d'information (tâches de reconnaissance, phase de réception-reproduction, exécution d'actions), les capacités sollicitées (aptitudes cognitives, sensori-motrices, sensibilité, imagination), les attitudes requises (attention, détente), les rythmes (mouvement, repos...). (...) Dans un apprentissage où entre nécessairement une part de simulation et d'artifice, on veillera en permanence à rechercher des situations qui suscitent des échanges verbaux naturels dans lesquels les élèves puissent se sentir acteurs à part entière de ce qu'ils disent. »
Un enseignement qui va s'étendre au cycle 2
Ces premiers textes de cadrage, s'ils finalisent une initiation sur laquelle s'appuiera l'apprentissage ultérieur du collège, donnent aussi fermement des conseils méthodologiques axés sur le plaisir, la motivation, la stimulation de l'intérêt des enfants, proposant l'utilisation d'activités dont les caractéristiques sont propres au jeu. Le biais de ces situations comme moyen de capter l'attention, faire fonctionner les compétences et imprégner l' enfant des structures langagières, est nettement suggéré, même si les termes «jeu» ou « ludique » ne sont pas affirmés.
Le dispositif d'EILE va s'étendre à partir de1991 aux classes de CM2 puis de CM1 sans toutefois se généraliser au plan national.
De nouveaux textes voient le jour en 1995, dans la circulaire du 3 mai (pdf, 26 Ko) relatifs au volet « langues vivantes » du Nouveau Contrat Pour l'Ecole. On assiste à un changement de stratégie, puisqu'il est maintenant prévu une première sensibilisation au CE1, le cycle 3 étant inscrit clairement dans une démarche d'apprentissage disciplinaire.
Cet apprentissage doit être construit en fonction de compétences à atteindre, et en s'appuyant sur une progression méthodique, mais il conserve ses caractéristiques propres : «  pour garder sa fonction d'ouverture, d'appel, d'éveil au désir et au plaisir de communiquer, il ne faut pas soumettre l'enfant à des exigences de performances très marquées ». L'apprentissage « se caractérise par l'association constante entre le dire et le faire, par l'accomplissement de tâches et d'activités, et non par la manipulation gratuite du langage. [...]
À cet âge, le rôle du corps dans l'assimilation du langage paraît essentiel. Le langage est mis en scène et en action, en même temps qu'il est donné à reconnaître. Il est une prolongation naturelle ou la traduction d'une activité. [...] La première priorité est l'éducation de l'oreille et le développement de l'aptitude à la compréhension orale. Cet entraînement, conduit dans des situations souvent à caractère ludique, suscitant intérêt et activité de la part des élèves [...] ouvre la voie à l'expression orale ».
Cette fois, l'aspect ludique est évoqué pour qualifier des situations d'apprentissage motivantes.
Évolution vers l'enseignement des langues étrangères à l'école primaire
La circulaire suivante, publiée au BO le 2 juillet 1998, annonce la généralisation progressive de l'enseignement d'une langue vivante à l'école dans les classes de CM2 et redéfinit les objectifs d'apprentissage en remplacement de ceux de septembre 1991.
L'EILE devient « enseignement des langues étrangères », et se caractérise par des attentes formulées en terme d'apprentissage. Il doit contribuer à la formation globale de l'enfant : structuration des connaissances et de la pensée, prise de conscience de l'altérité.
Le principe de liberté pédagogique s'applique à cet enseignement, dit la circulaire, le maître « gardant la maîtrise de l'approche méthodologique et du choix des outils, supports et techniques pédagogiques dans le respect des grandes orientations définies ». Il lui est toutefois nettement conseillé de « choisir des situations qui suscitent une dynamique d'apprentissage chez l'élève : essais, expérimentations, hypothèses, reformulations sont encouragés. »
Les activités mises en oeuvre doivent impliquer l'élève, l'invitant à parler de lui-même, de ses goûts, de ses souhaits, mais aussi à questionner l'autre, à échanger des informations ou à exprimer une opinion.
«La mise en situation des activités pourra s'appuyer largement sur la vie quotidienne mais aussi sur l'imaginaire et le jeu : la simulation, le jeu de rôle permettent de diversifier les contextes, d'entretenir chez les élèves le désir, la capacité et l'habitude de communiquer en langue étrangère ».
Une circulaire du 11 mai 1998 annonce la généralisation nationale de l'enseignement des langues étrangères à l'école primaire à la rentrée 98-99 et réaffirme les caractéristiques de l'enseignement d'une langue vivante à l'école :
  • il doit privilégier la communication orale ;
  • il doit viser à développer les capacités de compréhension et entraîner les élèves à écouter, percevoir, reconnaître et reproduire les caractéristiques phonologiques de la langue étudiée ;
  • il doit amener les élèves à s'approprier, pour pouvoir s'exprimer, quelques expressions courantes présentées dans des situations fonctionnelles, diversifiées et motivantes, et à acquérir des réflexes linguistiques ;
  • une précision méthodologique est ajoutée, mais elle reste évasive : « Les personnels qui assurent cet enseignement choisissent les outils pédagogiques les plus adaptés en se souciant de leur variété pour entretenir l'intérêt des élèves ».
Vers la discipline « langue vivante » à l'école
Mais c'est le texte du 4 novembre 1999 (pdf, 288 Ko) qui répond à l'attente des enseignants et des intervenants en matière de contenus à enseigner et d'objectifs langagiers à atteindre.
Déjà esquissé dans une circulaire parue le 17 juin 1999 annonçant la montée en charge du dispositif d'enseignement des langues étrangères à l'école primaire et rappelant les grandes lignes du plan, il dessine une dynamique de l'apprentissage sur deux années (2ème et 3ème années du cycle 3) et propose des référentiels spécifiques à chaque langue vivante.
Il dit s'appuyer sur l'esprit défini dans le texte des programmes de 6ème du collège :
« L'apprentissage est conçu comme un processus continu qui se développe et se perfectionne dans une progression en spirale par un enrichissement progressif et une reprise constante de ce qui a été enseigné, appris et peut-être oublié ».
Mais il dit aussi clairement qu'il faut « préserver les approches ludiques les plus aptes à générer le plaisir de découvrir et d'apprendre à communiquer. La langue vivante est présentée en situation de communication orale (chansons, comptines, courts dialogues, saynètes, contes, courts récits, jeux...). [...] L'enseignant veille à l'alternance des activités et à leur complémentarité, les élèves étant souvent sollicités pour s'exprimer oralement, agir ou réagir par écrit, participer à des jeux... ».
Les nouveaux programmes de 2002
Ces programmes, parus au BO hors série n°4 du 29 août 2002, concernent les cycles 2 et 3 et sont applicables dès la rentrée 2002 dans les classes de Cours Elémentaire 2. En ce qui concerne les autres niveaux, leur date d'entrée en vigueur se fera progressivement : dès la rentrée 2003 pour les cours moyens (avec un programme transitoire) et dès 2005 pour la grande section de maternelle (programme définitif).
Des documents d'accompagnement de ces programmes sont disponibles pour les langues suivantes :
Les objectifs se font plus nets encore, l'exigence de l'acquisition de compétences assurées est affirmée. Il s'agit, d'une façon générale, d'amener les élèves à un usage efficace de la langue vivante dans un nombre limité de situations de communication adaptées à leur âge, de construire des compétences linguistiques précises, d'acquérir des connaissances sur le mode de vie et la culture des pays où la langue étudiée est parlée.
« Première étape d'un parcours linguistique qui doit permettre l'acquisition d'au moins 2 langues étrangères, l'apprentissage reste centré sur les activités ayant du sens (...). On utilise la langue étrangère à l'occasion d'activités ritualisées, dans des activités relevant d'autres disciplines, ou encore dans des activités ludiques, dans et hors du temps scolaire (jeux de société, etc...) ».
Une importance particulière est accordée aux compétences auditives et aux qualités d'expression qui en découlent : reproduction de phonèmes, repérage de schémas intonatifs et accentuation. La construction de sens s'appuie en effet sur la phonologie de la langue étrangère et la reconnaissance d'éléments syntaxiques connus.
Le développement des compétences de compréhension et d'expression (orales comme écrites) « fait l'objet d'un entraînement rigoureux et progressif ».
Par ailleurs, le lexique est étendu et privilégie toujours le monde de l'enfance, vécu ou imaginaire.
De l'intérêt du jeu dans l'enseignement des langues étrangères à l'école primaire
À travers le cheminement des Instructions Officielles, depuis les premiers textes fondant l'enseignement cadré d'une langue vivante à l'école élémentaire, jusqu'aux nouvelles orientations proposées par les futurs programmes, on peut dégager deux observations :
D'une part, les objectifs en terme de compétences ont régulièrement progressé vers un niveau d'exigence, vers une certaine rigueur et des contenus de plus en plus formels, d'autre part la méthodologie est restée constamment basée sur la latitude laissée à l'enseignant pour faire de l'apprentissage d'une langue étrangère un moment de plaisir, une activité attrayante et motivante, les moyens mis en ouvre étant nettement en faveur de l'approche ludique, non comme base mais comme outil préférentiel pour amener les élèves à exercer leur aptitude à parler, et agir dans une autre langue.


© CRDP du Limousin - Thém@doc - Le jeu dans la classe de langue, 2003
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