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LE BAL DES VAMPIRES [ Collège au cinéma ]

Fiche de stage animé par Virginie Lupo

 
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Le Bal des vampires, Roman Polanski (1966)

Bibliographie Roman par Polanski, Robert Laffont, Paris, 1984 ; Roman Polanski, Dominique Avron, Rivages/Cinéma, Paris, 1987. Roman Polanski, Alexandre Tylski, Collection « Les grands cinéastes », Gremese, Rome, 2006 ;

Des numéraux spéciaux sont sortis en raison de Ghost Writer :
- Le Monde magazine, 27 février 2010 ;
- Les Inrock’, du 3 au 9 mars 2010, N°744 ;
- Télérama, n°3138, du 6 au 12 mars 2010, a titré sur Ghost Writer ;

Les premières lignes de l’autobiographie de Polanski me semblent très belles et très révélatrices : « Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, la frontière entre le réel et l’imaginaire a toujours été désespérément brouillée. Il m’aura fallu presque une vie pour comprendre que c’était là la clef de mon existence même. Cela m’aura valu plus que ma part de chagrins, d’affrontements, de catastrophes et de déceptions. Mais j’ai vu s’ouvrir devant moi des portes qui, sans cela, seraient demeurées fermées à jamais. L’art et la poésie, la fantaisie et l’imaginaire m’ont toujours paru plus réels que les étroites limites du monde au sein duquel j’ai grandi dans la Pologne communiste. Très jeune, j’avais déjà l’impression d’être différent de ceux qui m’entouraient : je vivais dans un monde à part qui n’appartenait qu’à moi parce qu’il était le fruit de mon imagination ».

Genèse du Bal des vampires. « Il y avait longtemps qu’avec Gérard Brach on voulait faire un film sur les vampires, depuis l’époque où nous allions voir tous ces films qui se voulaient horrifiants et qui faisaient hurler de rire des salles entières. On se disait : « Pourquoi ne pas faire un film d’horreur volontairement comique ? » J’avais envie de faire Le Bal des vampires en tant que spectateur. En tant que cinéaste qui cherche à montrer quelque chose de nouveau et d’important, il y a Cul de sac. En tant que spectateur qui veut passer deux heures au cinéma pour se distraire, il y a le Bal des vampires. Et cela, même s’il a y certaines choses, en plus, derrière le pur divertissement ».

Qu’est ce qu’un vampire ?

Croyances concernant les vampires Ce que le professeur Abronsius et Alfred découvrent… Le comte Dracula vient de Transylvanie. L’action se déroule en Transylvanie. L’ail les fait fuir. 5’46 : les deux hommes constatent que l’auberge est envahie par l’ail. Ils n’ont pas de reflets dans le miroir. 9’53 : lecture d’un livre expliquant ce phénomène + scène avec Herbert (45’49)+ scène du bal (1’27). Ils ont peur des crucifix. La sacoche du professeur est remplie de crucifix (19’26)… On les tue en leur plantant un pieu dans le cœur. Et de pieux. Scène où Alfred tente d’enfoncer un pieu dans le cœur du comte (51’16). Ils se nourrissent du sang des humains. Scène de l’enlèvement de Sarah (20’). Ils dorment la journée dans un cercueil. Les deux compères découvrent les cercueils (51’16). Ce sont des morts-vivants. Scène du cimetière (1’21).

On le voit grâce aux éléments relevés dans ce tableau, Polanski respecte le mythe du vampire. Les éléments le caractérisant depuis sa création sont présents. Polanski s’inscrit donc dans la tradition cinématographique du film de vampire. S’il est très éloigné du métaphysique Nosferatu, il lui emprunte toutefois le personnage du jeune homme, Harker chez Murnau, Alfred chez Polanski. Comme Murnau, Polanski accélère également la vitesse de défilement de la pellicule notamment dans la scène où Alfred découvre Koukol en train de dévorer le loup (19’15). Mais, et Polanski n’a cessé de le répéter, ce sont surtout les films de la Hammer qui l’ont inspiré. Cette compagnie avait en effet connu de beaux jours pendant les années 50 en mettant en scène des films de vampires friands du sang de jeunes femmes aux décolletés suggestifs… Donc, dans son film, Polanski ne cherche pas à tourner en dérision le film de vampire. Au contraire, il va se réapproprier totalement les codes désacralisant ainsi le genre grâce à l’humour. Car ce qui est nouveau dans Le Bal des vampires, c’est le fait d’oser mélanger l’épouvante et le comique. Le réalisateur n’hésite pas à forcer les traits humoristiques : ainsi, on a l’aubergiste vampirisé insensible au crucifix parce qu’il est juif, le fils du comte homosexuel, séduit par Alfred et bien entendu, la fameuse scène du bal avec le menuet dansés par nos deux héros, finalement démasqués par leur reflet dans le miroir. On note toutefois que l’enchaînement des gags, relevant du comique de situation, reste assez maîtrisé et le film ne bascule pas dans la grosse farce. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du film, cette ambivalence. On ne sait jamais trop si l’on doit rire ou pleurer. Cf. par exemple le GENERIQUE : on y voit le célèbre lion de la Metro Goldwyn Mayer se changer en un petit monstre verdâtre aux dents longues, laissant échapper une goutte de sang qui sera le fil conducteur de tout le générique. Tout prêterait à sourire, si la musique ne venait accompagner les images d’une certaine angoisse.

Voir générique + promenade dans le traîneau. Voix off.  4’11 C’est vraiment au début des années 60 que le générique connaît une révolution artistique et Polanski va lui aussi lui donner ses lettres de noblesse. Tout au long de sa carrière, Polanski continue d’insister auprès de ses producteurs pour investir dans des génériques pensés et soignés en employant de grands graphistes et techniciens du genre comme par exemple l’illustrateur français André François pour Le Bal des vampires. Polanski a toujours eu conscience que le générique au cinéma méritait du temps, de l’attention, de la précision esthétique et donc des moyens importants permettant leur création. « Le générique fait partie de la composition même d’un film, cela lance le style et annonce le film. Je le comparerai à l’ouverture d’opéra. Et au sens même « d’ouverture ». Comme l’ouverture musicale où le compositeur doit dessiner le contour de sa pièce globale ». Dans ses films, non seulement la musique condense les thèmes musicaux à venir du film, mais le générique en entier stimule l’atmosphère, la résume et l’annonce. « Il y a beaucoup trop de génériques aujourd’hui où l’action du film est conjuguée avec les titres en surimpression, je n’aime pas ça du tout. Selon moi, il faut d’abord faire entrer les spectateurs dans l’atmosphère d’un film. Le générique permet de lancer cette atmosphère très importante pour moi ». Concernant l’ironie inaugurale du Bal des vampires, Polanski dira : « Ce n’était pas une volonté de marquer mon indépendance de créateur ni une idée intellectuelle qui a guidé mon choix pour le détournement de ce logo, c’est beaucoup plus intuitif. J’ai trouvé l’idée de ce jeu de logo de la MGM avec Gérard Brach par pur effet comique afin d’annoncer le ton du film à venir. J’ai eu d’ailleurs beaucoup de difficultés avec la MGM qui refusait catégoriquement cet effet comique, mais j’ai insisté, et insisté encore, et ils ont lâché prise finalement. Ce n’était pas encore une mode à l’époque de jouer avec les logos des grandes compagnies ». La mystérieuse voix off. Qui parle ? Lors de cette ouverture du film, elle nous présente les deux personnages que l’on voit à l’écran. On ne sait pas qui parle, nous n’avons aucun indice. En revanche, cette voix réapparaît à la fin du film : « Cette nuit-là, en fuyant la Transylvanie, le professeur Abronsius ignorait qu’il emmenait avec lui le fléau qu’il avait voulu anéantir. Grâce à lui, ce fléau allait enfin pouvoir envahir tout l’univers ». On a ici un rappel de la première séquence, avec les mêmes personnages dans le traîneau en train d’utiliser le trajet inverse. Qui parle ici ? Il s’agit d’un vampire car il dit « grâce à lui » et sans doute s’agit-il du comte.

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