Tadashi Kawamata, question au baccalauréat Arts-plastiques

A l’occasion de la parution des nouveaux programmes des enseignements artistiques en classe de terminale, le CRDP de l’académie de Nice vous propose un ensemble de ressources pertinentes sur l’œuvre de l’artiste Tadashi Kawamata.

Tadashi Kawamata

Né en 1953 sur l’île d’Hokkaido au Japon, Tadashi Kawamata fait ses études à Tokyo. En 1982, à l’âge de 28 ans, il est choisi pour participer à la Biennale de Venise, en 1987 il participe à la Documenta de Kassel. Réalisant des œuvres in situ à travers le monde entier, il a participé à de nombreuses expositions internationales, il s’est notamment illustré en tant que directeur de la Triennale de Yokohama en 2005. Professeur à l’Université des beaux-arts de Tokyo jusqu’en 2005, il enseigne actuellement à l’ENSBA de Paris.

  • Consulter le site de Tadashi Kawamata .
  • Présentation du travail de l’artiste ( banque d’images et dossiers de presses) sur le site de la Galerie Kamel Mennour .
  • Interview de Kawamata à propos de l’installation Under the Water de 2011, par Pierre-Évariste Douaire sur paris-art.com.
  • Extrait vidéo du film d’Eric Beaufils « Tadashi Kawamata, plasticien », dans la collection Arte « L’art et la manière ».
  • Consulter les extraits vidéo des films et documentaires de Gilles Coudert sur Tadashi Kawamata et sur son travail. Ces films sont disponibles aux éditions de l’A.p.r.e.s.

L’œuvre et son environnement

A l’origine de son travail, Kawamata, s’intéresse à des notions d’urbanisme ; des chantiers de construction ou de démolition, des zones intermédiaires subsistant dans l’espace public, des espaces délaissés et improbables de l’environnement urbain que l’artiste réinvestit. C’est à partir d’une découverte sensible, physique et mentale de l’histoire du lieu (architecture, urbanisme ou paysage) et d’une étude attentive des relations humaines qui les ont définis et des modes de vie qui en découlent que Tadashi Kawamata détermine progressivement la nature de ses projets artistiques. La valeur d’un site est très importante pour lui, les lieux où il accepte d’intervenir possèdent une mémoire, une histoire particulière. Ainsi, à Kassel, c’est une église en ruines, détruite par la seconde guerre mondiale et négligée lors de la reconstruction de la ville, que Tadashi Kawamata restitue aux habitants à l’occasion de la Documenta VIII en 1987.

Adepte des métamorphoses urbaines douces, éphémères et proliférantes, l’artiste modifie les espaces sur lesquels il intervient, en créant des excroissances, comme des nacelles nichées en hauteur, des ponts suspendus, des observatoires, tel le projet Carton Workshop réalisé en 2010 au Centre Pompidou où l’artiste installe des «huts», accrochées sur la facade du musée comme des nids d’hirondelles, questionnant notre regard sur l’environnement qui nous entoure.

  • Présentation de l’exposition « Carton Workshop » (2010) sur le site du Centre Pompidou .
  • Présentation du projet « Le nid  » (2011), pour le Palais de la Porte Dorée à Paris.

L’œuvre in situ

Dans le montage et la réalisation de ses projets, l’artiste travaille toujours in situ. Bien qu’il entame un travail de réflexion se développant au travers de croquis et de maquettes, la création de la structure et de l’installation se fait sur et pour le lieu investi. A Venise, Fukuoka, Sapporo, New York, La Hague, Tokyo, etc., ses constructions se greffent à des architectures existantes, occupent des interstices, des passages ou des zones d’entre-deux. Dans ses œuvres, Tadashi Kawamata respecte toujours le bâtiment investi, ses structures interviennent autour, sans jamais l’entraver physiquement.

Par ses interventions In situ, l’artiste offre une nouvelle structuration de l’espace et de sa perception, inventant de nouveaux rapports entre espace public et espace privé.

  • Présentation du projet « Toronto project » (1989) ( page en anglais) .
  • Consulter le dossier de presse de l’exposition « Kawamata à Gandamaison » .(2008), Centre d’art contemporain La Maréchalerie .

Passages et ponts

Ses installations, ainsi réalisées révèlent une autre identité des espaces et des lieux et créent un dialogue, une passerelle, souvent inattendus entre dehors et dedans, art et architecture, passé et présent, entre richesse patrimoniale et création contemporaine. La notion de passages se révèle fondamentale dans son travail. A Barcelone en 1996, une passerelle et un observatoire mettent en évidence la frontière entre le musée d’art contemporain et le vieux quartier. A Evreux en 2000, les piétons sont invités à circuler sur la place de l’Hôtel de ville par une passerelle surélevée reliant les bâtiments qui subsistent d’après-guerre, offrant une nouvelle vision de la ville. Autant d’exemples et de situations où l’oeuvre invite à un déplacement, à un cheminement.

Le processus de création : Work in progress et art participatif

Un des aspects essentiel de l’œuvre de Tadashi Kawamata repose principalement sur l’importance du processus de création. Son travail ne se résume pas seulement à l’objet fini. C’est le processus de création qui est important :
« Je ne fais pas cela pour le résultat (…). La démarche est plus importante ».
Ses interventions peuvent être perçues comme éléments d’une seule et même œuvre se construisant et se développant à l’infini :
« Mon projet n’est jamais achevé, il se prolonge indéfiniment. C’est de l’action pure »
Les notions de respect et de dialogue qui caractérisent son travail se retrouvent également dans son processus de création. L’artiste les met en pratique avec les personnes dont il s’entoure pour réaliser ses interventions. La création d’une communauté avec laquelle il partage la recherche et l’effort du travail anime et fonde chacun de ses projets. Son travail peut donc être qualifié « d’Art participatif » :
« Je travaille toujours avec beaucoup de gens à cause de l’échelle des projets, et c’est toujours intéressant pour moi de les voir agir pour m’aider à les mener à bien. Ils ont constamment de nouvelles idées pour modifier le projet, et je suis à l’affût précisément de ces moments-là ; je reste ouvert à toutes leurs suggestions : sur la façon de procéder, de coopérer, de construire le projet. Pour moi c’est une méthode très efficace, il m’arrive même de partir de leurs idées pour définir la structure. »

  • Télécharger le dossier de presse du projet « Les sentiers de l’eau » dans le cadre de la manifestation Marseille Provence Capitale de la Culture européenne 2013.

Les matériaux

Ses œuvres sont généralement réalisées en bois, son matériau de prédilection, parfois avec des matériaux de récupération issus de l’environnement immédiat. L’artiste sculpte l’architecture, l’espace urbain, l’environnement, avec des matériaux pauvres et éphémères ; bois de charpente, cartons, journaux, cagettes usagées.
L’artiste choisit un élément (chaise, planche de bois) qui devient le module de base d’une immense construction. A la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière en 1997, le Passage des chaises forme une élévation de chaises et bancs d’église, une spirale qui s’élance vers la coupole de la chapelle.
Ces éléments ainsi multipliés et assemblés, forment des volumes étonnants et surdimensionnés en dialogue avec les lieux investis.

Bibliographie

  • Tadashi Kawamata. Tree Huts. Kamel Mennour, Les Presses du réel, 2010
  • WORKSHOP KAWAMATA (livre / DVD), Co-édition a.p.r.e.s édition/La maréchalerie-centre d’art contemporain, 2008.
  • Tadashi Kawamata, Mémoire en demeure (livre / DVD), a.p.r.e.s éditions, 2007
  • KAWAMATA. Collection WORKS & PROCESS (double DVD). a.p.r.e.s éditions, 2005.

Ressource pour le baccalauréat
Thème inscrit au programme de terminale Arts plastiques (enseignements de spécialité en série littéraire, options facultatives toutes séries) pour l’année scolaire 2012-2013 et pour la session 2013 du baccalauréat.

Article et carte interactive par Gaëlle CARATTI et Jean-Luc SIMEREY, service Arts & Culture du CRDP de l’académie de Nice.

plein écran

Les commentaires sont fermés.

Date de création : 16 jan 2013
Dernière mise à jour : 29 jan 2013
Nombre de visites : 736 Vues (depuis le 27/06/2012)