Fiches historiques : 1919 - 1929

 

         
Le traité de Versailles

 
  Glossaire :

Anschluss :
Terme allemand signifiant "réunion". L’Anschluss fait partie des programmes nazis, prônant le rattachement des pays à culture allemande, comme l’Autriche à la mère-patrie allemande.

Diktat :
Mot allemand qui signifie "chose dictée, imposée".

Irrédentisme :
Doctrine des nationalistes italiens qui réclamaient le rattachement de territoires italianophones encore sous domination étrangère.





   

A partir de janvier 1919, se tient à Paris, la conférence de Paix qui aboutira péniblement au traité de Versailles, signé le 28 juin 1919. Cet énorme congrès diplomatique va rassembler durant six mois, 27 nations, 1000 délégués, dans 52 commissions traitant de domaines de tout ordre, mais en réalité, les principales décisions seront prises par le "Conseil des Quatre", formé par Wilson (Etats-Unis), Lloyd George (Royaume-Uni), Clemenceau (France) et Orlando (Italie).
L’objectif indiqué de cette conférence était de réfléchir à la reconstruction de l’Europe et de mettre en place les bases de relations internationales garantissant la paix, mais les discussions vont essentiellement tourner autour de la question des frontières. La tâche est d’autant plus ardue que la Russie bolchevique et les pays vaincus, notamment l’Allemagne en étaient exclus.

 

 
      Les divergences du "conseil des quatre"

 
     

Dés le début des divergences divisent les Alliés.
Wilson
souhaitait une paix durable fondée notamment sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur la réinsertion future des vaincus au sein d’un organisme international, la Société des Nations (SDN), mais il se confronte aux exigences et intransigeances des autres Alliés.
Français et Britanniques affichent au départ des convictions communes : faire payer l’Allemagne, écarter tout risque de revanche de sa part, éloigner la menace bolchevique et renforcer la cohésion de leur empire colonial. Cependant sur les modalités, ils divergent radicalement. Clemenceau exige des mesures territoriales pour que l'Allemagne ne puisse plus menacer la France d'une nouvelle attaque, tandis que Lloyd George estime qu’un traité qui écraserait trop l’Allemagne serait dangereux pour la stabilité de l’Europe.
Quant à Orlando, fidèle à l'
irrédentisme*, il réclame toutes les "terres irrédentes" de la côte adriatique. La conférence ne les accorda pas à l'Italie, afin de ne pas trop diminuer la future Yougoslavie.

 

 
 


   

Le diktat

 
 
   

Le traité de Versailles rend l’Allemagne responsable dans le déclenchement de la guerre. L’Allemagne doit payer de lourdes réparations de guerre. Elle est amputée d’un septième de son territoire et d’un dixième de sa population, et perd toutes ses colonies. Elle est désarmée : toute la rive gauche du Rhin, ainsi qu’une zone de sécurité sur la rive droite sont démilitarisées ; son armée est réduite à 100 mille hommes. Il lui est interdit toute réunion avec l’Autriche (Anschluss*).
L’Allemagne en position de faiblesse ratifie le traité à contre-cœur. Elle n’aura de cesse de remettre en cause pacifiquement ou non, de ce qu’elle dénonce comme un
diktat*.

 

 
       

Le démantèlement de l'Europe centrale

 
 

   

D'autres traités de paix furent ratifiés qui démantelèrent les Empires austro-hongrois et ottoman, remodelèrent en profondeur l'Europe centrale et orientale et donnèrent naissance à de nouveaux Etats.

 

 
        La Société des Nations

 
       

La Société de Nations était voulue par le président des Etats-Unis, Wilson. Il l’annexa aux traités de paix, car il voyait dans ce projet un moyen de résoudre pacifiquement les futures crises.

Installée à Genève, la SDN repose sur trois institutions :
- l’Assemblée générale où chaque pays dispose d’une voix ;
- le Conseil de membres permanents (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Japon) et de membres non permanents, cherchant des solutions à l’occasion de graves crises internationales ;
- un Secrétariat général, pour l’administration courante.

La S.D.N. devait remplacer la diplomatie secrète, héritée du XIXe siècle, mais très vite cet organisme, porteur d’espoir montre ses faiblesses. Les membres fondateurs sont les nations victorieuses et excluent les pays vaincus. Très vite, la SDN souffre de l’absence de l’Allemagne et l’URSS, mais aussi des Etats-Unis, pourtant porteurs du projet mais qui contre toute attente refusent de ratifier le Traité de Versailles. Enfin, la S.D.N. manque de moyens pour faire respecter ses décisions.