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Le grand ministère

 
     
   

Le gouvernement Blum.
 

Le gouvernement Blum

Le 4 juin 1936, Léon Blum nomme Jean Zay ministre de l' Education nationale et des Beaux-arts du premier gouvernement de Front Populaire.
A trente et un ans, il est le plus jeune ministre de toute la Troisième République. La nomination de Jean Zay est pleine d'audace et d'intelligence : un pari sur la jeunesse et sur la compétence politique, que Blum oppose volontiers à la spécialité technicienne.

Le ministère de Jean Zay va être décisif dans l'histoire des politiques éducatives et culturelles. Il bat, avec trente neuf mois consécutifs, sous cinq gouvernements, le record absolu à ce poste sous la troisième République. Il s'entoure d'une équipe très à gauche, jeune ... et souvent orléanaise !

Outre ce qui saute aux yeux : la reconnaissance des capacités et des options politiques de Jean Zay, le choix de Léon Blum s'explique aussi par sa jeunesse et son appartenance au courant radical de gauche qui se veut "l'âme de la République", d'une République fondée sur l'école.

 

 
   

La France du Centre, du 6 juin 1936.
 

Un grand ministère de la vie culturelle

Nommé à un ministère de l'Education Nationale et des Beaux-arts encore classique, très scolaire, bien que déjà doté du tout nouveau sous-secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique, Jean Zay récupère en janvier 1938, en les unifiant, les deux sous-secrétariats d'Etat à l'Education Physique et aux Loisirs et Sports. Il pousse à son terme la réflexion sur un projet de grand "ministère de la vie culturelle", dont il dessine lui-même le schéma précis, comportant un second secrétariat d'Etat très nouveau, le secrétariat d'Etat à l'Expression Nationale.

Jean Zay sait s'entourer d'hommes compétents. Son directeur de cabinet, Marcel Abraham, ancien professeur au Lycée d'Orléans, a déjà occupé ces fonctions auprès d'Anatole de Monzie, au même ministère, de juin 1932 à janvier 1934, et connaît parfaitement les dossiers.

Jean Cassou, historien d'art, romancier, poète, et membre précoce du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, est chargé de mission pour les dossiers artistiques.

Georges Huisman, directeur des Beaux-arts depuis 1934, donne une impulsion volontariste et moderniste à la politique artistique de l'Etat.